Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Le rendez-vous du petit cœur qui bat…

Après une éternité, le 16 décembre est arrivé. Comment vous décrire mon état ? Une boule dans la gorge, les pensées figées, la respiration difficile… Les 30 minutes de voiture pour aller jusqu’au cabinet de Cérès ont été interminables, avec comme une impression d’aller à l’échafaud. C’était la première fois que j’allais à ce rendez-vous sans avoir la certitude que ma grossesse était arrêtée. Ma vie allait-elle basculer ou allais-je m’effondrer une fois encore ?

J’ai croisé Cérès dans l’entrée de cabinet. Et quand ça a été enfin mon tour, elle m’a demandé si ça allait, si je n’avais pas eu de saignements. Je lui ai dit que je n’avais eu aucun signe alarmant. Elle a dit que je lui avais fait peur car en voyant ma tête dans l’entrée, elle avait craint le pire.

Nous sommes tout de suite passés à l’échographie. J’ai vu une tache blanche à l’écran. J’ai eu un doute. Était-ce un embryon ? Ou un bout d’embryon, suite à une fausse couche en cours ? J’ai essayé de voir s’il y avait un clignotant. Je n’ai rien vu. Cérès a ensuite mis le son. J’ai entendu un battement, mais, incroyable mais vrai, j’ai cru que c’était le battement de mes artères utérines qu’elle avait l’habitude de vérifier lors du contrôle de l’endomètre ! Quand on a enfin compris de quoi il s’agissait, que tout allait bien, Cérès s’est gentiment moqué de nous : « Cachez votre joie tous les deux ! » Elle n’avait pas dû voir souvent dans cette situation un couple avec si peu de réactions ! Bien sûr c’est une étape que nous n’avions jamais franchie et donc un immense espoir. Mais comment crier victoire à 5 SG + 5 ? Surtout après quatre fausses couches précoces…

Ensuite Cérès m’a donné des documents concernant les précautions à prendre pour éviter la toxoplasmose, la listériose et le cytomégalovirus. J’ai aussi eu un calendrier de grossesse avec toutes les dates où je devais faire mes échographies. Il y avait aussi écrit : DPA le 06/08/17. De la science-fiction pour moi. J’avais l’impression de vivre dans un monde parallèle.

J’ai demandé à Cérès, en me doutant un peu de la réponse, si je pouvais passer Noël chez mon père à cinq heures de route en voiture. La réponse a été non. Déçue bien sûr, mais rêvant au Noël suivant qui serait peut-être magique…

Cérès nous a proposé de nous revoir une fois pour une écho en attendant la première échographie officielle. Oui, oui !

Alors voilà, je suis sortie du cabinet, un peu sonnée, avec dans le ventre un embryon de 13,8 mm et un petit cœur qui bat à 140 bpm !

J’ai posé sur la table de mon salon le cliché avec notre petit embryon qui ne ressemble à rien et son électrocardiogramme. En attendant le prochain rendez-vous avec Cérès, le 6 janvier, je m’accroche à cette image pleine d’espoir, qui me prouve que je n’ai pas rêvé cette journée.

 

 

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La PMA rend laid

SorcièreAvant, j’étais une gentille fille, pas une sainte bien sûr, mais je me réjouissais du bonheur de mes amis et même de personnes moins proches.

Depuis la PMA, je me sens laide. Quand certaines pmettes affirment pouvoir se réjouir de la grossesse d’une amie ou d’une autre pmette, cela me laisse perplexe car moi j’en suis incapable. Quand je suis confrontée (le mot n’est pas trop fort, hélas) à une annonce de grossesse, mon cerveau me dit que c’est un événement heureux, mais mon cœur est immédiatement empli de la tristesse infinie de ne toujours pas avoir d’enfant.

Je suis incapable de demander à mes collègues des nouvelles de leurs enfants, comme le font toutes les personnes « normales ». Je n’arrive même pas à être polie, je suis laide.

Quand une collègue tombe enceinte, je ne fais pas partie de celles qui s’agglutinent autour d’elle pour savoir comment vont les nausées et l’échographie et le sexe du bébé. Quand le bébé naît, je ne fais pas partie de l’attroupement qui regarde les photos en s’extasiant. Je fuis. Et quand je ne réussis pas à fuir et que je me retrouve coincée au milieu d’une conversation de grossesse-bébé-enfant, je voudrais m’enterrer. Je ne pense qu’à mon chagrin, dont j’ai peur qu’il se lise sur mon visage. Je ne sais plus me comporter en société, je suis laide.

Avant, j’arrivais quand même à me réjouir pour les pmettes qui sortent victorieuses du combat. La tristesse, la peur de ne jamais vivre la même chose étaient contrebalancées par le message d’espoir que ça peut marcher. Mais maintenant, il n’y a plus de messages d’espoir. J’ai trop vu de pmettes tomber enceintes, tandis que j’enchaînais les fausses couches. Dans mon cœur, il y a de l’incompréhension. Pourquoi elles et jamais moi ? J’ai vu tellement de miracles, de cas qui semblaient désespérés et qui sont mamans aujourd’hui. Je sens la laideur s’insinuer en moi.

Il y a quelques temps, une amie m’a annoncé par sms qu’elle était enceinte de… 5 mois. J’ai sangloté. Comme un bébé. Je lui en ai voulu. Pourquoi me faire, à moi, le coup des 3 mois (et même plus) ? Mes amies, par la force des choses, suivent mes essais jour après jour. Et mon rêve à moi était aussi d’avoir trois enfants et là elle me balance une grossesse de 5 mois à la figure alors que je n’ai jamais dépassé le 1er mois ! En réalité, je sais que je suis totalement injuste. Cette amie avait eu la délicatesse de me prévenir qu’elle commençait les essais bébé et je me doutais qu’elle allait tomber enceinte rapidement puisque ses deux aînés ont été conçus en C1. Elle est tombée enceinte peu avant ma fausse couche et n’a sans doute pas su trouver le bon moment pour me l’annoncer, surtout que j’ai appris plus tard que son bébé avait une légère malformation décelée à l’échographie. Seulement voilà, la laideur a envahi mon cœur.

J’ai renoncé au bébé-couette. J’ai renoncé au bébé biologique, mélange fantasmé de nous deux. J’ai renoncé à mes gènes. J’ai renoncé à ses gènes. Toutes ces montagnes, je les ai franchies. Et pourtant, ça n’a pas suffi. Je trouve ça horriblement injuste. La vie me le devait bien. J’ai perdu ma mère à 23 ans. J’ai mis 10 ans à m’en remettre, 10 ans de ma vie volés. J’ai mis 6 ans à trouver mon prince. La vie aurait dû m’accorder un bébé-couette, même à 39 ans. Tant d’autres ont eu ce bonheur ! La vie aurait au moins dû faire en sorte que mon endomètre ne soit pas bousillé, qu’il puisse accueillir un embryon issu du don. Tant d’autres aussi ont eu ce bonheur ! Je suis une petite fille en colère, avec un cœur tout desséché d’avoir tant pleuré. Je me sens si laide !

Laide de chagrin, laide de jalousie, laide de colère, laide de désespoir !

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Contrôle 2 FIV DO 2

ContrôleJ’ai vraiment l’impression de passer un examen, avec le stress d’être à la hauteur de mes ambitions : avoir un bébé.

Mon endomètre n’a pas eu une bonne note. 5 à peu près, je ne me rappelle même plus, tellement ça me désespère.

Il a encore un peu de temps pour pousser, mais je sais déjà qu’il n’y aura pas de miracle. Je ne pulvériserai pas mon record incroyable de 6 mm. Le point positif est qu’il est bien vascularisé et qu’il a un aspect en triple feuillet. Il paraît que c’est bien.

J’ai demandé à Cérès si en plus d’une difficulté à la nidation, il pouvait y avoir un risque supplémentaire de fausse couche. Elle m’a dit que ça dépendait de la raison pour laquelle l’endomètre était fin (ça peut être suite à un cancer par exemple). Croyez-le si vous pouvez, mais en sortant du rendez-vous, j’ai réalisé que je ne lui avais pas demandé si j’étais dans le cas positif ou non ! [Pour celles qui n’ont pas suivi, j’ai fait deux fausses couches en 2011, suivies de deux curetages qui ont abîmé mon endomètre.]

J’y retourne mardi. La seule chose que Cérès a changé dans mon traitement, c’est le provames du soir que je ne prends plus par voie orale, mais vaginale, ô joie.

Au premier contrôle, Cérès nous avait dit qu’elle préférait qu’on transfère un unique embryon. Ça me chagrine pour plusieurs raisons, une avouable et l’autre moins.

La première est que le transfert de deux embryons augmente significativement les chances de tomber enceinte. Et comme j’ai des problèmes de nidation, je ne dis pas non à une petite chance supplémentaire.

La deuxième est plus contestable. Malgré ma peur de ne jamais être maman, de ne jamais réussir à mener une grossesse à terme, je n’ai toujours pas fait le deuil de ma famille idéale : 3 enfants. Alors l’idée de peut-être avoir des jumeaux (même si dans mon cas, le « risque » est très faible) me rapproche de mon rêve de famille idéale. Comment ça je ne suis pas rationnelle ?

Alors je l’ai interrogé : « Pourquoi pas 2, dis, Madame ? ». Je pensais que la réponse allait être en rapport avec ma cicatrice. Pas du tout. J’ai été opérée parce que j’avais un utérus en Y et il se trouve que les utérus en Y (opérés ou non) sont souvent hyper-contractiles. Il y a donc un risque de prématurité augmenté, j’imagine, par une grossesse gémellaire. En conclusion, elle n’a pas dit non pour deux embryons. Tout dépendra de la qualité de l’endomètre (hmm… j’ai une petite idée là-dessus…) et de celle des embryons. Bref, j’aurai un transfert de deux embryons si les conditions sont très défavorables. Tu sens mon enthousiasme ?

Je suis ressortie de ce rendez-vous avec un tout petit moral. Moi qui essaye de me persuader depuis plusieurs semaines que la réussite est possible en mai, je suis redescendue sur terre. Mon endomètre ne veut rien comprendre. Et comme c’est lui l’obstacle principal…

Hier j’ai pleuré en pensant à ma première fausse couche. Pendant cette première grossesse (toute petite, 9 SG seulement), même si j’étais très inquiète, je ne me suis jamais sentie aussi proche de devenir maman. Pour la première fois mes seins avaient gonflé (sans médocs madame !), mon ventre travaillait (petits tiraillements et gonflement). Moi qui avant avais le ventre plat, j’ai depuis gardé mon bidon, plein de graisse cette fois (15 kg depuis le début des essais bébé…). Mon ventre tour à tour me dégoûte ou me donne l’illusion d’être fertile. Quelquefois, en sentant mes rondeurs, j’ai l’impression d’être en gestation depuis plus de trois ans. Et c’est vrai qu’avant 2011, j’avais déjà un désir d’enfant très fort., mais depuis 2011, j’attends un enfant.

Comme une femme enceinte.

Sauf que non.

Et que c’est beaucoup plus long.

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Trois petits tours et puis s’en vont

EnvolJe sais que parmi vous, il y en a qui voient dans le don d’ovocytes un véritable espoir. Et vous avez raison ! Cet échec ne doit pas vous démoraliser. Cet espoir est toujours là pour vous. Et j’essaye de me dire que pour moi aussi. Un essai n’est qu’un essai…

J’ai tardé à vous écrire car j’attendais d’y voir plus clair. Ces derniers jours, je suis passée par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

J5 Transferts de deux beaux blastocystes

J12 Test bandelette négatif. Trop tôt me direz-vous. Mais pour mes deux grossesses de 2011, le test était positif à J12. Je sentais depuis plusieurs jours une chaleur au niveau de l’utérus. Je me disais que peut-être… Mais je ne voulais surtout pas espérer en vain, même quelques jours. C’est pour cette raison que j’ai voulu faire le test. Et comme si mon corps avait attendu pour me lâcher que l’information arrive d’abord au cerveau, une trace rose le soir, puis de fortes douleurs de règles accompagnées de saignements le lendemain matin ont achevé de me convaincre. Même mes seins, toujours douloureux, semblaient moins gonflés malgré les hormones. Car j’ai continué mon traitement, bien sagement, jusqu’au verdict officiel. Je ne voulais pas qu’il y ait le moindre doute, qu’on me dise que le résultat négatif était une conséquence de l’arrêt du traitement.

J17, le 10 octobre, jour de la pds officielle. A 15h la secrétaire de Cérès m’annonce un taux positif de 123. Je n’en crois pas mes oreilles. Je tremble. J’espère, mais je n’oublie pas le sang et les douleurs de dimanche.

J19, nouvelle pds. C’est un samedi, je n’aurai donc les résultats que lundi matin.

J20 Les saignements reprennent.

J21 Le taux de samedi était de 245. Il a doublé. J’espère, mais je n’oublie pas les saignements. Je refais une pds. Je suis angoissée par cette attente. Le résultat tombe : 366. Il n’a pas doublé. Cérès me demande de refaire une pds dans 48h et une écho le plus vite possible. J’essaye d’être positive et de me dire que dans le pire des cas, ce taux signifie qu’il y a une accroche et que c’est donc un espoir pour la suite.

J22 Je fais l’écho. Pas de sac gestationnel dans l’utérus, mais un probable embryon du côté de l’ovaire gauche. Il y a donc pire que le pire des cas. Il y a la grossesse extra-utérine. Rien de positif pour la suite. Mon endomètre est tellement inhospitalier que mes embryons ont préféré soit se faire la malle, soit s’implanter ailleurs. Je vois tout ça sur l’écran de cinéma placé sur le mur en face de moi. Je pense à toutes ces femmes qui ont pleuré de joie en voyant pour la première fois leur futur bébé sur grand écran. Cérès me dit d’aller tout de suite aux urgences gynécologiques.

Aux urgences, nouvelle échographie par une interne, puis une autre par le gynécologue de service, un véritable guignol. Il a commencé par une entrée tonitruante, en lançant un bonjour guilleret comme si nous étions en train de vivre le plus beau jour de notre vie. A l’écho, il voit la même chose que l’échographe de la ville. Mais il ne peut pas affirmer à 100% que la tache sur l’ovaire gauche est un embryon, ni qu’il n’y a pas d’embryon dans l’utérus. Il est trop tôt, je ne suis qu’à 3SG+1. Je sais bien qu’à 3 SG, on est supposé voir un sac gestationnel, mais quand un médecin nous dit qu’il vaut mieux attendre, évidemment nous attendons, même si nous le trouvons tous les deux antipathique avec sa façon de jouer les kékés.

J23 Le taux du jour : 201.

J24 Nous retournons aux urgences. Le taux diminue. La fausse couche est en marche. Je n’aurai probablement pas besoin d’opération, ni de traitement médicamenteux. La tache sur l’ovaire n’a pas diminué. Impossible de sa voir si la grossesse a débuté là, dans l’utérus ou ailleurs. Dommage, un début de grossesse intra-utérine m’aurait donné un tout petit espoir pour la suite. J’y retourne demain pour surveiller.

Je suppose que vous imaginez mon chagrin et surtout la terrifiante angoisse pour la suite.

Mais pourquoi, une fois, une seule fois, une toute petite fois, la chance ne peut-elle pas être de mon côté ? 

Cet échec est plus dur à encaisser. Avant, je pouvais me dire que les embryons n’étaient pas viables. Cette fois-ci, je ne peux m’empêcher de penser que si on avait mis ces deux embryons dans le ventre d’une autre, ils seraient devenus de magnifiques bébés. Bien sûr, on ne peut pas le savoir. Mais me dire que c’est à cause de moi (même si je n’en suis pas responsable) que ces bébés ne verront pas le jour est tout simplement insupportable.

Prochaines étapes :

– Attendre que « ça » passe

– Me reposer

– Rester dans ma bulle

– Ne plus lire vos blogs pendant quelques temps. Je n’arrive plus à encaisser les mauvaises nouvelles, ni à me réjouir pour les bonnes. Et pourtant je vous souhaite à toutes le meilleur, vous le savez.

– Aller à mon rendez-vous dans quelques jours avec un ponte de l’utérus qui me dira soit qu’il n’y a rien à faire pour améliorer la situation (ce qui me déprimera), soit qu’on peut opérer (ce qui me terrifiera)

– Prendre un rendez-vous chez une nutritionniste. Mon chéri a lu je ne sais où qu’une carence en fer affinerait l’endomètre. Alors dans le doute… Fait ! J’y vais lundi.

– Convaincre mon prince de se coucher moins tard. D’après cet article, le sommeil a une influence sur la fertilité masculine.

En attendant…

Qu’on me cache les bébés

Qu’on me cache les enfants

Qu’on me cache les ventres ronds

Qu’on me cache les poussettes

Les doudous et les peluches

Qu’on me cache les mamans épanouies

Et aussi les mères indignes

Les papas et les familles

Qu’on me cache ces publicités pour des couches, des biberons, du lait, des biscottes, des voitures, du chocolat

Qui me vendent un bonheur auquel je n’ai pas droit

Qu’on m’épargne ces séries où il y a toujours une femme enceinte. Pourquoi ?

Qu’on m’épargne ces émissions qui tournent autour du bonheur d’être mère

Mon bébé, ma lumière, ma raison de vivre

Qu’on m’épargne ces émissions qui tournent autour de la difficulté d’être mère

J’ai cinq enfants, je n’en peux plus, je suis débordée

Qu’on fasse taire ces petites filles qui veulent savoir si j’ai un bébé dans le ventre parce que quand on a un amoureux

C’est si évident

Si simple

Si naturel

Qu’on me cache mes neveux

Leurs rires et leurs pleurs

Leurs petits pieds qui courent

Qu’on m’épargne leurs câlins

Si doux et si cruels

Qu’on me cache cette chambre bleue

Si vide

Qu’on me cache mon corps fatigué

Mon ventre rond

Et vide

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Cette inconnue à qui je dois tant

cheveux-blondsNée en 1994

Cheveux blonds

Yeux bleus

 

C’est tout ce que je saurai d’elle. Mais ce peu de choses lui donne une certaine réalité.

Si jeune ! J’espère qu’elle ne regrettera pas son geste, que les tests psychologiques de la clinique sont performants.

1994 : année de la mort de ma maman et aussi année de naissance de celle qui me donnera peut-être aussi la vie.

Ça me fait un drôle d’effet.

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Le blues du petit vélo

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Au secours ! A l’aide ! Rien ne va plus, je panique !

Il y a quelques semaines, c’était un samedi, je me suis levée avec une idée en tête : m’acheter un vélo. Cela faisait au moins un mois que j’y pensais. Une envie de faire un peu de sport pour faire la guerre à mes 15 kilos de PMA (je ne sais pas si la PMA est la seule responsable, mais ça ne m’a pas aidée, c’est sûr !), une envie de profiter du soleil et du fait que j’habite maintenant à la campagne. Quelques jours plus tôt, mon chéri m’avait dit : « On pourra acheter ton vélo ce week-end, si tu veux. »

Donc le samedi, dès mon réveil, je mettais le mot « vélo » dans toutes mes phrases. Mais très vite mon mari a calmé mon bel enthousiasme d’un : « Oui, bon ça va, j’ai compris ! » Ça m’a vexée. J’ai quitté la pièce et je suis allée… faire du repassage, preuve que j’étais vraiment contrariée car je vous prie de croire que le repassage ne fait pas partie du Top ten de mes activités préférées !

Et là, devant ma table à repasser, je me suis sentie plombée, puis emplie d’une tristesse tellement profonde que j’ai bien compris qu’elle allait au-delà de cette histoire de bicyclette. J’ai tout de suite pensé à mon désir d’enfants comme étant la cause de ma tristesse, même si je ne voyais pas le lien avec ce qui venait de se passer.

Puis, nous sommes allés manger à une pizzéria à côté de chez nous. Nous y allons tous les samedi midi. La clientèle y est très familiale. Alors bien sûr j’ai le cœur serré quand je vois toutes ces petites familles, comme chaque fois que je croise une poussette ou une femme enceinte dans la rue. Mais d’habitude je me contrôle.

Sauf que cette fois-ci, quand nous sommes arrivés, moi toujours un peu morose, devant le restaurant, j’ai vu ce petit enfant trotter devant le buffet et mes larmes se sont mises à couler sans que je les aie vues venir. Puis un serveur nous a placés à une table. Juste derrière ma chaise, il y avait une poussette. Mes larmes ont coulé. En face de moi, il y avait un bébé qui s’est mis à crier. Son cri m’a transpercée, comme s’il avait pénétré toutes les cellules de mon corps. Mes larmes ont coulé. Et un peu plus tard, un couple avec une femme enceinte s’est installé à la table d’à côté. Mes larmes ont encore coulé.

Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je ne supporte plus la moindre contrariété. L’autre jour, mon mari a effacé par mégarde le téléfilm que j’avais enregistré car je n’avais pas pu voir la fin. J’en ai fait un drame.

Demain je reprends le travail. C’est la pré-rentrée. Je n’ai aucune raison de stresser. Je suis au même endroit que l’année dernière et ça s’était très bien passé. Et pourtant, j’ai des bouffées d’angoisse. Je panique. J’ai l’impression d’être submergée. Je suis sous la vague, je ne peux plus respirer.

Si je suis dans cet état-là maintenant, avant le transfert, qu’est-ce que ce sera si vers le 15 octobre ma prise de sang est négative ? Et c’est très possible…

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Le choix des mots

MèreAttention, billet positif ! Je me projette !

C’est en discutant avec Lutine, que mes réflexions ont avancé sur le sujet. La question de départ était de savoir comment nommer la donneuse d’ovocytes auprès de notre entourage puis de notre futur enfant. Lutine me disait que je ne serais pas la mère génétique de mon futur enfant, mais que j’en serais la mère biologique. Gros chamboulement dans ma tête ! J’avais jusqu’ici toujours confondu les notions de « mère biologique » et « mère génétique ».

Mais d’abord au fait, c’est quoi une mère ? Je prends mon dictionnaire, Le Petit Robert 2001.

Entre « merdoyer » et « merguez » (et après on s’étonne de galérer !), nous avons :

Mère :

1- Femme qui a mis au monde un ou plusieurs enfants.

3- Femme qui a conçu et porte un enfant.

Mère d’accueil : femme dont l’utérus sert de réceptacle, le temps de la grossesse, à l’ovule fécondé d’une autre femme qui est la mère génétique, biologique. Mère couveuse.

Mère porteuse, mère d’emprunt, mère de substitution : femme inséminée artificiellement qui porte un enfant pour un couple dont la femme est stérile ( abusivement, mère d’accueil ).

Confus, non ? Si je ne m’abuse ce qu’on appelle « mère porteuse » actuellement correspond à la « mère d’accueil » de mon dictionnaire.

Et surtout incomplet. Pas un mot sur la mère adoptive, par exemple !

Voici mon petit dictionnaire perso, à la mode Lily.

Mère génétique : donne à l’enfant son patrimoine génétique.

Mère biologique : donne naissance à l’enfant.

Mère porteuse : mère biologique, non génétique.

Mère légale : mère qui a l’obligation légale de s’occuper de l’enfant. La mère adoptive en est un exemple.

Vraie mère : rayée de mon vocabulaire car cela sous-entend que dans l’histoire il y a une fausse mère. Inexact et insupportable !

Prenons le cas classique, le cas standard, le cas rêvé, le cas fantasmé, le cas qui arrive aux autres et pas à nous, le cas de la femme qui fait l’amour à son mari (ou son amant ;-)) et hop ! neuf mois après un joli bébé dans les bras ! Ça existe ? Supposons que oui. Cette femme est à la fois mère génétique, biologique et légale.

Prenons le cas de l’adoption. Il y a deux mères : celle qui est à la fois la mère génétique et la mère biologique ; et la mère adoptive qui est la mère légale.

Prenons le cas de la GPA. Il y a une mère porteuse et une mère légale-pas-en-France. Si la mère légale-pas-en-France n’est pas la mère génétique, entre en jeu une troisième femme, mère génétique, qui donne ses ovocytes.

Prenons le cas du don d’ovocytes. Il y a la mère biologique qui est aussi la mère légale et il y a la donneuse qui est la mère génétique.

Dans tout ça, il y a un truc qui me chiffonne. Peut-on donner le nom de « mères » à toutes ces femmes ?

Si pour paraphraser Simone, on ne naît pas mère, on le devient, ne devrait-on pas dire « femme porteuse » plutôt que « mère porteuse » ? Loin de moi l’idée de minimiser ce qui peut se passer pendant le temps de la grossesse médicalement (on en parle ici) ou psychologiquement. Bien sûr beaucoup de femmes se sentent déjà mères pendant leur grossesse. Mais le sont-elles réellement ou se projettent-elles en tant que futures mères du futur enfant qu’elles portent ? D’ailleurs moi-même, comme l’indique l’adresse de mon blog, il m’arrive de me sentir mère. Mais je le suis uniquement dans ma tête, pas dans les faits.

Dans le cas de l’adoption, il me semble qu’on peut réellement parler de « mère biologique » sans faire d’abus de langage, dans la mesure où ces femmes ont été dans la majorité des cas des mères aimantes dans les premiers temps de la vie de l’ enfant et que l’adoption doit être vue plus comme un geste d’amour que comme un abandon. Bien sûr il existe des cas beaucoup plus tragiques. Mais comme souvent on est dans l’ignorance de ce qui s’est réellement passé, il me semble que l’expression « mère biologique » est, dans le doute, bien adaptée.

Concernant la donneuse d’ovocytes, peut-on réellement la voir comme une « mère » génétique ? Elle n’a pas désiré avoir cet enfant-là. Elle n’a même jamais entendu parler du futur père. Elle ne verra jamais le bébé et ne s’en occupera jamais.

Quid des pères, me direz-vous ? On relit l’article en remplaçant le « m » par le »p », à ceci près que la gestation masculine n’étant pas d’actualité, on oublie le père porteur. Et celui qu’on appelle communément « père biologique » est en réalité « père génétique ».

Bon, finalement on l’appellera comment cette donneuse d’ovocytes ? Je crois que le mot « donneuse » est celui qui me satisfait le plus. Certaines femmes disent de leur donneuse qu’elle est leur fée et utilisent ce mot pour raconter leur histoire à leur enfant. Cette expression a l’avantage de mettre en évidence la générosité du don. Mais j’ai toujours détesté qu’on raconte des fables aux enfants (le Père Noël, tout ça…) et j’aurais peur que cela crée une confusion dans l’esprit de l’enfant. Il ne s’agit pas de magie, mais de science. La donneuse est une femme réelle, pas un personnage imaginaire.

Alors si la chance me sourit, dans quel cas je risque de sortir mon fusil ? Si on me dit que la donneuse est la mère biologique ou génétique de mon enfant (le mot « mère » ne passant absolument pas) ou pire si on me dit que c’est la « vraie mère » !

Mais j’avoue que j’ai beaucoup de mal avec l’expression « mère biologique » me concernant, car dans le langage courant une mère biologique est supposée être génétique et j’aurais l’impression de mentir par omission en utilisant cette expression.

Je suis impatiente d’avoir vos avis sur cette question un peu complexe !

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Rome, l’unique objet de mon ressentiment

Santa Maria Sopra Minerva - Filippino Lippi

Santa Maria Sopra Minerva – Filippino Lippi

Quel meilleur moyen qu’un joli petit voyage romantique pour déconnecter de la PMA et de mon obsession de bébé ?

Sauf que j’avais le wifi à l’hôtel et que matin et soir j’ai regardé vos blogs et le forum MAIA.

Sauf que j’ai reçu le sms (groupé tant qu’à faire le sms) d’une copine qui m’annonçait qu’elle venait d’accoucher de sa deuxième fille. Je ne savais même pas qu’elle était enceinte !

Sauf que les musées regorgent de Vierges à l’enfant avec leur sourire mystique qui te dit : « Mon bonheur est indicible, tu comprendras quand tu seras mère. »

A ce propos une théorie a jailli dans mon cerveau malade en regardant une Annonciation. Et si Marie était infertile ? Et si l’ange était l’ancêtre de ClearBlue (note que la couleur de l’ange valide ma théorie) qui lui annonçait enfin la bonne nouvelle tant attendue ? Note aussi que l’ange est plus fort que ClearBlue car non seulement il a des ailes, mais en plus il t’annonce un futur bébé et non un début de grossesse.

En tout cas moi, si un jour je suis maman, j’exige qu’un ange vienne me l’annoncer. C’est bien le moins que l’on puisse faire !

Je vous rassure, j’ai passé d’excellentes vacances à Rome, mais j’ai été frappée de constater une fois de plus à quel point toute ma vie est colorée par ce désir d’enfant, quoi que je fasse…

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Entre crainte et espoir

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Je suis restée longtemps silencieuse sur ce blog. J’ai mis du temps à me remettre de mon rendez-vous avec Panoramix. Et la tristesse et l’inquiétude sont toujours là. Je ne voulais pas détruire le moral toujours si fragile de mes amies pmettes, alors j’ai préféré laisser passer un peu de temps.

J’ai commencé mon nouveau traitement pour ma fiv 1 bis, sans y croire, de façon un peu mécanique. Ma psy m’a demandé si j’avais envie d’arrêter la pma. La réponse est non, sans hésitation. Je suis du genre tenace. Je sais que j’irai jusqu’au bout, même si ça fait mal. Mais c’est tellement difficile d’avoir perdu cet espoir qui m’animait jusqu’ici. Et pourtant, si je continue, c’est sûrement qu’il reste un petit espoir au fond de mon cœur, mais que j’essaye de me protéger pour ne pas ressentir cette douleur qui jusqu’ici a toujours succédé à l’espoir. Ma psy m’a dit de continuer les gestes. C’est ce que j’ai fait, en essayant de ne plus me focaliser sur mes émotions.

Je me suis concentrée sur mes piqûres. Decapeptyl + Menopur. J’ai eu des bleus de folie sur le ventre. Les doses étaient plus faibles que pour la première fois. Du coup, j’ai eu ma ponction à j15 au lieu de j11. Ça a permis à mon endomètre d’épaissir. Il était de 7,8 mm à j12, ce qui pour moi est un record. Et je crois que ce n’est pas si mal.

J’ai fait ma ponction aujourd’hui : 7 ovocytes ponctionnés, 7 ovocytes fécondés. J’attends l’appel du labo samedi matin. Panoramix m’avait dit qu’on discuterait ensemble du moment du transfert (j2-3 ou j5). Mais je n’ai pas de nouvelles. Reste aussi à se décider sur le nombre d’embryons (si j’ai de bonnes nouvelles samedi). Au premier rendez-vous, il m’avait parlé de trois.

Comme vous voyez, l’espoir revient, malgré moi…

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L’autruche et la cigogne

Ce matin, j’ai arrêté de faire l’autruche. Ce matin, je suis montée sur ma balance. KO debout,  je suis.

Jusqu’ici, je refusais de me peser. Je ne voulais pas que mon poids soit une obsession. Alors mon poids, je le découvrais chez ma gynécologue. C’est vrai que ces derniers temps, je me prenais 4 kg dans la face à chaque visite. Mais je me disais : « Je ne peux pas faire de régime, ça risque de perturber mes hormones ». Et puis la gynécologue, je ne la vois plus trop depuis que je suis en PMA.
Bien sûr, je ne suis pas aveugle, je sais que j’ai encore grossi. Et mes pantalons sont là pour me le rappeler.

J’ai commencé à grossir quand j’ai rencontré mon mari (parfaitement, c’est de sa faute !), sans doute à cause d’un changement de régime alimentaire.

Et puis j’ai pris d’autres kilos quand je suis tombée enceinte. Je me disais bien que je n’étais pas supposé grossir en tout début de grossesse et je m’étais promis de faire attention. Et puis, il y a eu ma fausse couche à 9 SG. Alors mes kilos, je les ai un peu oubliés. Sauf que eux, pendant ce temps-là, ils se multipliaient.

Après ma deuxième fausse couche quelques mois plus tard, je suis allée voir un ostéopathe, en espérant qu’il m’aide à améliorer l’épaisseur de mon endomètre. Je lui ai dit que j’avais pris une dizaine de kilos depuis ma première grossesse. Il me fait remarquer que c’est à peu près le nombre de kilos qu’on doit prendre au cours d’une grossesse menée jusqu’à son terme. La claque ! J’avais déjà fait le lien, mais de se l’entendre dire, ça fait encore plus réfléchir. Avoir un petit ventre, c’était une façon pour moi de rester artificiellement dans mon état de femme enceinte.

Je parle de cette anecdote à ma psy. Et tout d’un coup, j’éclate en sanglots et je réalise que je n’ai pas fait le deuil de ma première grossesse.

Ai-je pour autant commencé un régime ? Ben non. Toujours la peur de déranger mes hormones.

Deux choses m’ont décidée : un article lu sur le net et un petit raisonnement.
L’article disait qu’un surpoids pouvait perturber l’ovulation, voire la bloquer (ce qui n’est pas mon cas) ou entraîner une ovulation de moins bonne qualité (c’est ce qui m’a fait peur).
Voici mon petit raisonnement. Mes règles sont toujours beaucoup plus légères qu’avant ma première grossesse. Alors, qu’est-ce qui a changé ?

1- j’ai un an de plus –> je n’y peux rien
2- j’ai fait deux fausses couches et deux aspirations – -> je n’y peux rien non plus
3- j’ai grossi – – > ah, là je peux peut-être agir…

Mon IMC me disait que j’étais toujours dans la normalité, mais à la limite du surpoids.
Voilà pourquoi je me suis pesée ce matin. Et naturellement, je me suis pris encore plusieurs kilos dans la face. Eh bien c’est officiel, je suis maintenant en surpoids médical. KO debout.

Dans un souci de transparence et en espérant que cela fasse l’effet « alcooliques anonymes », je vous fais mon coming out.
Bonjour, je m’appelle Lily, 1 m 68 et 74,6 kg.

Dire que pendant des années, je faisais 59 kg et je complexais car je pensais que j’aurais dû en faire 3 de moins. Tu parles ! J’aurais dû arborer fièrement mon poids sur un T-shirt fluo, oui !

C’est formidable, me voilà avec une obsession de plus. Après l’obsession de l’ovulation, de la courbe de températures, de l’arrivée des règles, de leur abondance et j’en passe et des meilleures, voici l’obsession de la perte de poids, youpi !

Franchement, comment c’est possible ? Je ne pensais vraiment pas que je pourrais faire ce poids-là un jour, ou alors en le faisant exprès en me gavant comme une oie. Eh ben non, même pas fait exprès et en quelques mois en plus…

Alors je vous fais un petit calcul : 74,6 – 59 = 15,6 kg : le poids de mon désir d’enfant.

Il est 18 h 35. Quand est-ce qu’on mange ? J’ai un petit creux depuis 15 h, moi !

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