Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Pourquoi ?

Alors pourquoi ? Pourquoi ça a marché cette fois-ci ? Quelle est la recette de la réussite ? C’est la question que toutes les pmettes devenues enfin mamans se posent. Malheureusement, la réponse est loin d’être simple.

Dans mon cas, je ne sais pas s’il y a eu un facteur décisif. Sans doute est-ce la combinaison de plusieurs éléments.

En résumé, je dirais : Patience, Persévérance, Science et Chance

Et plus en détail :

1- Le passage au double don. Quand on a un endomètre qui ne facilite pas l’accroche, la qualité des embryons est plus que capitale.

2- Le traitement de l’adénomyose par les piqûres d’Enantone, la qualité de l’endomètre étant sans doute encore plus importante que son épaisseur.

3- La protection des patchs de Vivelledot avec un film, pour éviter qu’ils ne se décollent. J’ai déduit de mon transfert annulé que mon endomètre était très sensible à la fluctuation hormonale.

4- Évidemment, l’expertise de Cérès, même si elle a mis 3 ans à aboutir.

5- Avoir été en arrêt de travail pendant toute ma grossesse. Là encore, impossible de savoir si cela a joué dans le fait de ne pas faire de fausse couche précoce ou tardive, mais cela a au moins eu le mérite de me rassurer.

6- Ou alors surtout de la chance qui a permis d’avoir en même temps un magnifique embryon qui s’est accroché au bon endroit sur un endomètre moins pourri que d’habitude.

 

Ce qui m’a fait tenir pendant toutes ces années, c’est de me dire que la plupart de pmettes devenues mamans avaient été incapables de deviner quel serait l’essai qui ferait basculer leur vie vers la lumière. Alors quand je désespérais, quand je me disais qu’il n’y avait pas de raison que cet essai fonctionne plus que les précédents, je tentais de me rassurer en me disant que ces pmettes devenues mamans pensaient la même chose juste avant leur essai miracle.

Des pensées à toutes les pmettes, devenues mamans ou pas. Une pensée particulière à Céline et son endomètre fin qui, je l’espère, accueillera bientôt un petit têtu comme mon lilyputien.

 

Bientôt, un article sur LA rencontre !

 

 

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Petits blops

Depuis la fin du premier trimestre, surtout depuis le rendez-vous avec le Pr Diabolo, je guette les moindres sensations dans mon ventre qui pourraient me donner la preuve que ma grossesse est toujours évolutive.

Le moindre gargouillis me fait tressaillir, puis je redescends sur terre en me disant qu’il s’agit plus sûrement et moins glamoureusement de gargouillis digestifs.

La seule chose nouvelle, que je ne m’explique pas trop, est que je sens mon ventre vivant, comme si je percevais les flux sanguins.

Et puis, le 22 février 2017, à 19 SA + 3, je sens un blop, comme une bulle qui éclate, mais une sensation différente de tout ce que j’ai connu. Alors, peut-être… Le lendemain, je vois ma sage-femme et un nouveau blop éclate alors qu’elle a une main sur mon ventre et elle me confirme qu’il s’agit bien de mon petit lilyputien ( loLo 😉 ) !

Une toute petite sensation, mais un très grand effet !

C’est ce qui m’a le plus rassurée pendant cette longue période d’angoisse, tous ces mouvements de plus en plus fréquents et de plus en plus forts. C’est quelquefois très bizarre de sentir cette petite chose vivante dans son ventre, mais c’est surtout très émouvant. Combien de fois me suis-je dit que je ne connaîtrais peut-être jamais cette sensation ? Depuis ce jour, j’essaye de profiter de chaque moment, malgré mes angoisses. Ces moments-là seront toujours gravés en moi, personne ne me les enlèvera.

 

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Grossesse à risque

Grâce à un désistement, nous avons heureusement réussi à avoir un rendez-vous rapidement avec le Pr Diabolo, spécialiste des grossesses à risque.

Nous sommes le 21 janvier 2017, je suis à 12 SA + 6.

Le Pr Diabolo ne ressemble pas du tout à ce qu’on imagine d’un grand professeur. Il est rigolard et utilise un registre de langage très familier. C’est déroutant.

Le Pr Diabolo estime que je n’ai pas besoin d’être cerclée dans l’immédiat (ouf !), mais que Droopy devra surveiller mon col tous les 15 jours. Ça veut dire que je vais peut-être avoir une petite échographie tous les 15 jours. Pour la flippée que je suis, c’est presque une bonne nouvelle, ça !

Le soulagement fut de très courte durée puisque le Pr Diabolo nous dit qu’il ne croit pas que je mènerai ma grossesse à terme, qu’il serait content si j’arrivais à 32 SA. Je suis sous le choc. Même si un accouchement prématuré est toujours une possibilité, c’est autre chose de se dire que c’est une quasi-certitude. Je lui demande si, comme on me l’a dit, j’ai un risque accru de pré-éclampsie parce que j’ai bénéficié d’un double don. Il répond : « On s’en fout. Si on doit vous déclencher à 32 SA, c’est super ha ! ha ! ha ! vous voyez ce que je veux dire ? » Et comme si je n’étais déjà pas suffisamment décomposée, il m’explique ensuite que les utérus en Y (même opérés) sont susceptibles d’avoir un problème d’élasticité. Au bout d’un moment, l’utérus s’arrête de grossir et suivant le moment où ça arrive, c’est la fausse couche tardive ou l’accouchement prématuré, tout ça dit avec un large sourire. Je me dis que c’est bizarre car personne pendant toutes ces années de pma ne m’a parlé de ce problème d’élasticité. Par ailleurs, si j’ai fait cette hystéroplastie d’agrandissement, c’était justement pour éviter une fausse couche tardive.

Je suis ressortie assommée avec un gros nuage noir au-dessus de la tête. A partir de ce jour-là, j’ai arrêté de me projeter. Finies les bouffées d’émotion en m’imaginant bientôt maman…

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Première échographie officielle, le Graal… ou pas

Nous sommes le 17 janvier 2017, je suis à 12 SA + 2 et c’est le jour de la première échographie officielle.

J’ai passé cette attente en alternant les périodes d’angoisse (et si tout était fini sans que je m’en sois rendu compte ? Je regardais 20 fois par jour le fond de ma culotte pour voir s’il n’y avait pas une trace de sang…) et les moments d’émotion avec les larmes aux yeux en pensant que j’étais peut-être en train de devenir maman.

Je pensais naïvement que si cette échographie se passait bien, j’allais pouvoir respirer et être allégée de la plus grosse partie de mes angoisses. Pendant toutes ces années, l’écho T1 représentait le Graal, un objectif qui me paraissait inaccessible, mais qui, si je l’atteignais, m’autoriserait à me réjouir et à annoncer la bonne nouvelle à tout mon entourage.

Sauf que voilà…

Quand je me suis allongée sur la table d’échographie, mon cœur battait tellement fort que j’avais l’impression que tout le monde pouvait l’entendre. Et puis j’ai entendu le petit cœur et un énorme poids s’est envolé de mes épaules. Il était toujours là ! Le reste de l’échographie s’est bien passé, toutes les mesures étaient dans les normes. C’est alors que Droopy, mon nouveau gynécologue supposé me suivre pendant ma grossesse, a pris la parole, d’un air très grave : « On vous l’a dit que c’était une grossesse à risque, n’est-ce pas ?«  Gros blanc. « Ben heu… non, pas vraiment… » J’avais justement demandé à Cérès si j’avais des risques particuliers à cause de mon utérus après le premier trimestre. Elle m’avait répondu que mon utérus opéré n’était pas plus problématique que celui d’une femme ayant eu une césarienne. Donc, je ne m’attendais pas du tout à cette question qui a bien plombé l’ambiance.

Il me demande d’aller voir un spécialiste des grossesses à risque (gloups) pour savoir si je dois avoir un cerclage. Comme je connais les risques de fausse couche associés à la pose d’un cerclage, je commence à verdir. Je lui demande pourquoi il pense que j’ai besoin d’être cerclée. Il me répond que c’est à cause de mes 4 fausses couches (pourtant précoces) et de mon utérus en Y (pourtant opéré). Je dois aussi consulter une endocrinologue car ma glycémie à jeun est un peu haute (1,03), mais ça, ça m’est bien égal.

Alors voilà, l’échographie s’est médicalement bien passée, j’ai ma déclaration de grossesse en poche et pourtant, l’angoisse est toujours là, peut-être même un peu plus forte.

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Les annonces… par les autres

J’ai aussitôt annoncé à mon père et ma sœur que je ne pourrai pas passer Noël avec eux cette année. Ils savaient déjà que j’étais enceinte (j’ai le droit d’utiliser ce mot-là ?) car ils ont suivi tous nos voyages depuis le début. Ma sœur veut tout de suite savoir ce qu’elle doit dire à ses enfants, si elle doit leur dire pourquoi je ne serai pas là à Noël. Bien sûr que non, tu ne vas pas leur dire que je suis enceinte (heu… j’ai le droit ?), c’est beaucoup trop tôt ! ! ! Sauf que…

Avant qu’elle ait le temps d’en parler à son mari, mon beau-frère avait déjà pris l’initiative WTF d’expliquer à sa fille de même pas 9 ans et à son fils de même pas 6 ans que Tata ne passerait pas Noël avec eux car elle avait un bébé dans son ventre. Haaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Sérieusement ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?  à même pas 6 SG ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

Je me suis sentie trahie. J’avais fait le choix de les tenir informés de mes voyages (à vrai dire, j’avais hésité à en parler pour le dernier transfert) car je pensais pouvoir leur faire confiance. Je pensais qu’ils avaient pris la mesure de notre souffrance pendant toutes ces années. Comment ont-ils fait pour « oublier » mes 4 fausses couches précoces ? ? ?

Jusqu’ici, mon neveu et ma nièce ne m’ont posé aucune question sur le fait que nous n’avons pas d’enfant et c’était un réel soulagement. Comment je vais faire pour affronter leurs petits regards tristes et pleins d’incompréhension si jamais ça tourne mal une fois de plus ?

Et puis, si jamais cette sixième grossesse était celle dont je rêve depuis si longtemps, ça veut dire qu’on vient de me voler l’annonce dont je me faisais une telle joie. J’imaginais une annonce avec beaucoup d’émotion quelles qu’auraient été leurs réactions. Je pensais avoir droit à ce moment magique. Il faut croire que non.

Cerise sur le gâteau, j’ai appris un peu plus tard que mon père, à qui j’avais pourtant expliqué à quel point j’étais déçue (et le mot est très faible) de la « boulette » de mon beau-frère, a cru bon d’annoncer quelques jours plus tard ma grossesse à ma tante et à une amie proche. Quand j’en ai parlé avec lui, il m’a répondu : « Mais tu ne dis rien aussi ! » Heu… c’était fait exprès. Si la plupart des personnes attendent la fin du premier trimestre pour en parler, c’est qu’il y a une raison. Et justement, cette raison, je l’ai déjà vécue 5 fois… Et encore une fois, je ne comprends pas ce nouveau concept de faire ce genre d’annonce à la place du couple concerné !

Qu’est-ce qui ne va pas dans ma famille ?

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Le rendez-vous du petit cœur qui bat…

Après une éternité, le 16 décembre est arrivé. Comment vous décrire mon état ? Une boule dans la gorge, les pensées figées, la respiration difficile… Les 30 minutes de voiture pour aller jusqu’au cabinet de Cérès ont été interminables, avec comme une impression d’aller à l’échafaud. C’était la première fois que j’allais à ce rendez-vous sans avoir la certitude que ma grossesse était arrêtée. Ma vie allait-elle basculer ou allais-je m’effondrer une fois encore ?

J’ai croisé Cérès dans l’entrée de cabinet. Et quand ça a été enfin mon tour, elle m’a demandé si ça allait, si je n’avais pas eu de saignements. Je lui ai dit que je n’avais eu aucun signe alarmant. Elle a dit que je lui avais fait peur car en voyant ma tête dans l’entrée, elle avait craint le pire.

Nous sommes tout de suite passés à l’échographie. J’ai vu une tache blanche à l’écran. J’ai eu un doute. Était-ce un embryon ? Ou un bout d’embryon, suite à une fausse couche en cours ? J’ai essayé de voir s’il y avait un clignotant. Je n’ai rien vu. Cérès a ensuite mis le son. J’ai entendu un battement, mais, incroyable mais vrai, j’ai cru que c’était le battement de mes artères utérines qu’elle avait l’habitude de vérifier lors du contrôle de l’endomètre ! Quand on a enfin compris de quoi il s’agissait, que tout allait bien, Cérès s’est gentiment moqué de nous : « Cachez votre joie tous les deux ! » Elle n’avait pas dû voir souvent dans cette situation un couple avec si peu de réactions ! Bien sûr c’est une étape que nous n’avions jamais franchie et donc un immense espoir. Mais comment crier victoire à 5 SG + 5 ? Surtout après quatre fausses couches précoces…

Ensuite Cérès m’a donné des documents concernant les précautions à prendre pour éviter la toxoplasmose, la listériose et le cytomégalovirus. J’ai aussi eu un calendrier de grossesse avec toutes les dates où je devais faire mes échographies. Il y avait aussi écrit : DPA le 06/08/17. De la science-fiction pour moi. J’avais l’impression de vivre dans un monde parallèle.

J’ai demandé à Cérès, en me doutant un peu de la réponse, si je pouvais passer Noël chez mon père à cinq heures de route en voiture. La réponse a été non. Déçue bien sûr, mais rêvant au Noël suivant qui serait peut-être magique…

Cérès nous a proposé de nous revoir une fois pour une écho en attendant la première échographie officielle. Oui, oui !

Alors voilà, je suis sortie du cabinet, un peu sonnée, avec dans le ventre un embryon de 13,8 mm et un petit cœur qui bat à 140 bpm !

J’ai posé sur la table de mon salon le cliché avec notre petit embryon qui ne ressemble à rien et son électrocardiogramme. En attendant le prochain rendez-vous avec Cérès, le 6 janvier, je m’accroche à cette image pleine d’espoir, qui me prouve que je n’ai pas rêvé cette journée.

 

 

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Sixième voyage

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Comment croire que l’issue sera différente quand c’est la sixième fois ?

Petite nouveauté, comme les billets n’ont pu être pris qu’au dernier moment, nous avons dû faire une escale à Düsseldorf. Le voyage a duré 12 h entre le moment où on est sorti de chez nous et celui où on est arrivé à Brno. Sinon, même voyage en train, mêmes hôtels, mêmes restaurants…

Juste après le transfert, le 11 novembre 2016, le médecin m’a fait pleurer en me disant que j’avais l’air triste. Je lui ai rappelé qu’il s’agissait de mon sixième transfert. C’est sûr que j’ai perdu ma fraîcheur et que mes yeux ne brillent plus d’espoir comme les premières fois… Il me dit qu’il faut que cette fois-ci soit la bonne. S’il suffisait de le vouloir…

Que ce voyage est difficile. J’ai peur que ce soit le dernier car je sais que mon chéri veut arrêter, même si nous n’en avons jamais discuté car il m’a fait part de son ressenti à des moments où j’étais KO, donc le silence a été ma seule réponse possible. J’ai peur qu’il aborde le sujet pendant le voyage, car je me sens incapable d’affronter cette discussion. Mais finalement non. Il a été adorable, alors que pourtant je sais qu’il ne croit pas tellement à cette tentative.

Dans ma tête, ça tourbillonne. Je ne sais plus si j’ai raison de croire au fond de moi que ça peut marcher, que deux essais (avec le même couple de donneurs) en double don, c’est trop peu pour décider de renoncer. Je pense aussi à Cérès qui croit que LE problème est mon endomètre fin. Si c’est réellement le cas, le double don n’arrangera rien. Mon incapacité à me projeter sans enfant me brouille peut-être l’esprit. Je ramène toujours un petit souvenir de Prague, ville que j’adore, sauf cette fois-ci. J’ai la pensée fugitive que c’est peut-être parce que je ramènerai un bébé de ce sixième voyage. Juste après, je me fais pitié d’avoir eu cette pensée.

Nous sommes le 12 novembre 2016 et une nouvelle attente commence…

 

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Transfert annulé

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Merci mille fois pour vos gentils messages  ! Cela m’a beaucoup touchée, j’en ai même eu des frissons. C’est un tel bonheur de pouvoir enfin partager ça avec vous…

Petit retour en arrière…!

Le transfert de mes deux embryons vitrifiés est prévu le 20 octobre 2016. Je commence mon traitement le 29 septembre 2016. Je ne suis pas très positive. J’ai l’impression d’y aller à reculons. Je crois que je ne suis pas encore remise de ma fausse couche. Pourtant, le dernier transfert remonte à un an ! C’est comme si pour moi, un nouveau transfert était plus porteur de souffrances en perspective que d’espoir.

Malgré tout, je suis mon traitement bien sagement et je vais même à deux séances d’acupuncture.

Et puis catastrophe, le 12 octobre au soir, je me rends compte que sur mon ventre, il n’y a plus que deux patchs de Vivelledot 100 au lieu des trois que j’ai mis la veille ! Impossible de savoir quand je l’ai perdu. Ça peut faire 1 heure, comme 24 heures. J’ai retourné mon lit, mon pyjama, mes vêtements, mais je n’ai jamais retrouvé ce maudit patch. Cela m’inquiète évidemment. Déjà que mon endomètre a du mal à pousser, ça ne va pas l’aider, c’est sûr.

Et pourtant, je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre le lendemain lors de mon écho de contrôle chez Cérès. Mon endomètre, qui quelques jours auparavant était entre 5 et 5,5 mm, est descendu sous les 5 mm. Cérès m’explique que lorsque l’endomètre commence à s’effondrer, ce n’est plus rattrapable, il ne remontera plus. Je dois donc annuler mon transfert et recommencer la préparation sur le cycle suivant. Moi qui n’avais encore jamais pleuré dans le cabinet de Cérès, je n’ai pu empêcher des larmes de couler. Je me suis sentie abattue avec l’impression que l’univers m’en veut.

Il a fallu annoncer la nouvelle à mon chéri. Il m’a répondu un « mouais » dubitatif, comme s’il mettait en doute l’avis de Cérès et le bien fondé d’annuler le transfert. Réaction qui m’a rendue dingue, j’avoue.

Mes règles sont arrivées le 25 octobre. J’ai commencé mon traitement le 26. Le nouveau transfert est prévu le 11 novembre. Entre temps une pmette a trouvé la solution à mon problème. Je mets un film transparent acheté en pharmacie (Tegaderm) par dessus les patchs. Plus de perte de patch possible et plus d’angoisse de coin décollé. Pourquoi personne (et en particulier Cérès) ne m’a parlé de ça avant ? ?  ? C’est réellement un gros stress en moins.

La suite au prochain épisode…

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Le billet rêvé

Après cette longue absence, je voulais tout d’abord vous remercier de l’accueil bienveillant que vous avez réservé à mon dernier billet. J’avais hésité à le publier. Je craignais d’avoir des retours un peu hostiles ou un silence désapprobateur. Mais je m’étais décidée car tous ces sentiments m’ont empoisonné la vie, que d’autres étaient peut-être dans le même état d’esprit et qu’entre nous, nous ne devrions pas avoir de tabou. Et après tout, n’est-ce pas humain, après de longues années de pma, de voir son humeur s’assombrir ? Si au début, les annonces de grossesse des copinautes de galère nous font rêver et nous remplissent d’espoir, au bout de quelques temps, elles nous font envie, puis elles nous plombent le moral parce que « Pourquoi pas nous ? C’était pourtant notre tour ! » (petite dédicace à Lulu !)

Je craignais que mon blog ne s’éteigne sur cette note amère. J’ai pourtant tellement pensé à ce fameux billet ! Vous savez, celui où on annonce qu’après des années de galère, un petit miracle s’est niché au creux de son ventre depuis trois mois… Chaque fois que j’ai lu de tels billets, j’ai été submergée d’émotion. Je me mettais à rêver au billet que j’écrirais le jour où ça m’arriverait, tout en craignant de ne jamais avoir l’occasion de l’écrire.

Eh bien, les filles, c’est mon moment. Un moment plein d’espoir, mais encore assombri par quelques inquiétudes. Je  n’ai pas pu écrire avant car j’étais trop angoissée. Mais ce billet, je le dois à celles qui me suivent fidèlement depuis le début et espèrent secrètement que je les rejoigne de l’autre côté de la rive. Je le dois aussi à celles qui se sont abonnées à mon blog, souvent plus récemment. Je les imagine ayant un parcours similaires au mien, guettant un heureux dénouement qui signifierait que pour elles aussi c’est possible.

Alors je prends mon courage à deux mains et malgré mes angoisses encore présentes, je vous raconte la suite de mes aventures.

A suivre…

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La PMA rend laid

SorcièreAvant, j’étais une gentille fille, pas une sainte bien sûr, mais je me réjouissais du bonheur de mes amis et même de personnes moins proches.

Depuis la PMA, je me sens laide. Quand certaines pmettes affirment pouvoir se réjouir de la grossesse d’une amie ou d’une autre pmette, cela me laisse perplexe car moi j’en suis incapable. Quand je suis confrontée (le mot n’est pas trop fort, hélas) à une annonce de grossesse, mon cerveau me dit que c’est un événement heureux, mais mon cœur est immédiatement empli de la tristesse infinie de ne toujours pas avoir d’enfant.

Je suis incapable de demander à mes collègues des nouvelles de leurs enfants, comme le font toutes les personnes « normales ». Je n’arrive même pas à être polie, je suis laide.

Quand une collègue tombe enceinte, je ne fais pas partie de celles qui s’agglutinent autour d’elle pour savoir comment vont les nausées et l’échographie et le sexe du bébé. Quand le bébé naît, je ne fais pas partie de l’attroupement qui regarde les photos en s’extasiant. Je fuis. Et quand je ne réussis pas à fuir et que je me retrouve coincée au milieu d’une conversation de grossesse-bébé-enfant, je voudrais m’enterrer. Je ne pense qu’à mon chagrin, dont j’ai peur qu’il se lise sur mon visage. Je ne sais plus me comporter en société, je suis laide.

Avant, j’arrivais quand même à me réjouir pour les pmettes qui sortent victorieuses du combat. La tristesse, la peur de ne jamais vivre la même chose étaient contrebalancées par le message d’espoir que ça peut marcher. Mais maintenant, il n’y a plus de messages d’espoir. J’ai trop vu de pmettes tomber enceintes, tandis que j’enchaînais les fausses couches. Dans mon cœur, il y a de l’incompréhension. Pourquoi elles et jamais moi ? J’ai vu tellement de miracles, de cas qui semblaient désespérés et qui sont mamans aujourd’hui. Je sens la laideur s’insinuer en moi.

Il y a quelques temps, une amie m’a annoncé par sms qu’elle était enceinte de… 5 mois. J’ai sangloté. Comme un bébé. Je lui en ai voulu. Pourquoi me faire, à moi, le coup des 3 mois (et même plus) ? Mes amies, par la force des choses, suivent mes essais jour après jour. Et mon rêve à moi était aussi d’avoir trois enfants et là elle me balance une grossesse de 5 mois à la figure alors que je n’ai jamais dépassé le 1er mois ! En réalité, je sais que je suis totalement injuste. Cette amie avait eu la délicatesse de me prévenir qu’elle commençait les essais bébé et je me doutais qu’elle allait tomber enceinte rapidement puisque ses deux aînés ont été conçus en C1. Elle est tombée enceinte peu avant ma fausse couche et n’a sans doute pas su trouver le bon moment pour me l’annoncer, surtout que j’ai appris plus tard que son bébé avait une légère malformation décelée à l’échographie. Seulement voilà, la laideur a envahi mon cœur.

J’ai renoncé au bébé-couette. J’ai renoncé au bébé biologique, mélange fantasmé de nous deux. J’ai renoncé à mes gènes. J’ai renoncé à ses gènes. Toutes ces montagnes, je les ai franchies. Et pourtant, ça n’a pas suffi. Je trouve ça horriblement injuste. La vie me le devait bien. J’ai perdu ma mère à 23 ans. J’ai mis 10 ans à m’en remettre, 10 ans de ma vie volés. J’ai mis 6 ans à trouver mon prince. La vie aurait dû m’accorder un bébé-couette, même à 39 ans. Tant d’autres ont eu ce bonheur ! La vie aurait au moins dû faire en sorte que mon endomètre ne soit pas bousillé, qu’il puisse accueillir un embryon issu du don. Tant d’autres aussi ont eu ce bonheur ! Je suis une petite fille en colère, avec un cœur tout desséché d’avoir tant pleuré. Je me sens si laide !

Laide de chagrin, laide de jalousie, laide de colère, laide de désespoir !

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