Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Le billet rêvé

Après cette longue absence, je voulais tout d’abord vous remercier de l’accueil bienveillant que vous avez réservé à mon dernier billet. J’avais hésité à le publier. Je craignais d’avoir des retours un peu hostiles ou un silence désapprobateur. Mais je m’étais décidée car tous ces sentiments m’ont empoisonné la vie, que d’autres étaient peut-être dans le même état d’esprit et qu’entre nous, nous ne devrions pas avoir de tabou. Et après tout, n’est-ce pas humain, après de longues années de pma, de voir son humeur s’assombrir ? Si au début, les annonces de grossesse des copinautes de galère nous font rêver et nous remplissent d’espoir, au bout de quelques temps, elles nous font envie, puis elles nous plombent le moral parce que « Pourquoi pas nous ? C’était pourtant notre tour ! » (petite dédicace à Lulu !)

Je craignais que mon blog ne s’éteigne sur cette note amère. J’ai pourtant tellement pensé à ce fameux billet ! Vous savez, celui où on annonce qu’après des années de galère, un petit miracle s’est niché au creux de son ventre depuis trois mois… Chaque fois que j’ai lu de tels billets, j’ai été submergée d’émotion. Je me mettais à rêver au billet que j’écrirais le jour où ça m’arriverait, tout en craignant de ne jamais avoir l’occasion de l’écrire.

Eh bien, les filles, c’est mon moment. Un moment plein d’espoir, mais encore assombri par quelques inquiétudes. Je  n’ai pas pu écrire avant car j’étais trop angoissée. Mais ce billet, je le dois à celles qui me suivent fidèlement depuis le début et espèrent secrètement que je les rejoigne de l’autre côté de la rive. Je le dois aussi à celles qui se sont abonnées à mon blog, souvent plus récemment. Je les imagine ayant un parcours similaires au mien, guettant un heureux dénouement qui signifierait que pour elles aussi c’est possible.

Alors je prends mon courage à deux mains et malgré mes angoisses encore présentes, je vous raconte la suite de mes aventures.

A suivre…

57 commentaires »

Un bébé en 2016, mon plan de bataille

Sonny angelJ’avoue que le titre est un peu trompeur. Je suis loin d’être aussi combative et optimiste, mais j’aimerais l’être.

Tactique n°1 : Le double don

A vrai dire, c’est le point sur lequel je compte le plus. J’espère vraiment améliorer ma récolte d’embryons. Je vous en parlais ici. J’aimerais avoir plus d’embryons vitrifiés, cela me redonnerait confiance sur la qualité des embryons transférés. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que plus il y a d’embryons vitrifiés, plus on peut espérer que les embryons sont de bonne qualité.

J’espère que ça va tout changer, même si paradoxalement, cela veut dire que j’espère que mon chéri a des spermatozoïdes tout bossus tout moches…

J’espère, mais je ne peux m’empêcher de me rappeler l’espoir que j’avais quand j’ai fait ma première FIV, puis ma première FIV DO, alors j’ai très peur de tomber encore une fois de haut.

Tactique n°2 : La médecine chinoise

A ma grande surprise, Cérès m’a demandé d’aller voir un acupuncteur pour mon endomètre.

Ce que j’ai fait.

J’ai eu plusieurs séances avec une jeune femme qui n’a rien de chinois, mais qui m’appelle « très chère madame », ce qui me fait bien rire. C’est une acupunctrice spécialisée dans l’infertilité.

J’ai eu droit à mes petites aiguilles. Elle m’a aussi conseillé de manger moins de laitages. Apparemment, c’est le dada de tous les acupuncteurs, mais en l’occurrence, elle n’a pas tort. Je suis végétarienne depuis 10 ans environ et j’ai tellement peur de manquer de protéines, que je mange beaucoup de laitages pour me rassurer. Le problème, c’est que dans les laitages, il y a aussi beaucoup de lipides. J’avais acheté peu de temps avant un petit livre sur l’alimentation végétarienne et j’avais pu constater que je mangeais beaucoup trop de protéines.

Elle m’a aussi demandé de boire une tisane chinoise pour « épaissir le sang ». Je dois boire une tasse matin et soir, 30 minutes avant le repas, les quinze premiers jours du cycle. Il s’agit du mélange dang gui shao yao san.
Je vais aussi faire une séance post transfert à Brno pour faciliter la nidation. Pile poil ce qu’il me faut !

Tactique n°3 : Rééquilibrage alimentaire

Suite aux remarques de mon accupunctrice, je me suis penchée sur mon alimentation. J’ai acheté un super livre de cuisine. Je me suis mise à préparer des petits plats avec des produits frais. Et tadam ! j’ai perdu 6 kg sans me priver, juste en changeant mes habitudes. Bon d’accord, je n’ai pas perdu tous mes kg de PMA (16 kg), mais je trouve que c’est déjà un bon début.

J’ai demandé à Cérès ce que je pouvais faire, ne pas faire pour favoriser la nidation, ou au moins ne pas la mettre en péril. La réponse a été : « Pas de drogue, pas de café, pas de cola, pas de tabac, pas d’alcool, pas de charges lourdes ». Je ne bois pas de café, mais du déca. Je lui ai demandé si ça allait. Je pensais qu’elle me rirait au nez. Mais pas du tout. Elle m’a dit qu’un déca par jour, ça allait. Et elle a fini par me dire que je pouvais aussi bien arrêter.

Je me suis donc penchée sur le rôle de la caféine dans les fausses couches. Avant, j’avais lu que les femmes enceintes pouvaient boire une à deux tasses de café sans problème. Donc je pensais être tranquille avec mon déca. Mais voilà que je tombe sur cet article. L’étude est ici. Du coup, ni une ni deux, j’ai arrêté le déca  (remplacé par du Roobois) et même le chocolat (très dur !).

Tactique n°4 : Tri dans mes cosmétiques

Là, j’ai conscience d’aller un peu loin. Je ne suis d’ailleurs pas allée tout au bout de mon idée, car c’est un peu difficile à mettre en œuvre.

J’ai essayé de choisir des produits simples pour éviter autant que possible les perturbateurs endocriniens et autres substances controversées.

Plus de gel douche, mais un pain d’Alep bio et équitable.

L’eau micellaire de Caudalie pour le visage.

Toleriane ultra fluide en crème de jour et de nuit. C’est ma pharmacienne qui me l’a conseillé. Pas certaine qu’il n’y ait pas de cochonneries dedans, mais la liste des ingrédients est assez courte, alors ça m’inspire confiance.

Dentifrice Elmex sans menthol. Un petit goût de banane bien étrange.

Tactique n°5 : Des médocs en pagailles

Par rapport aux transferts précédents, j’ai un certain nombre de médicaments en plus.

  • Aspégic 100 mg (1-0-0)
  • Tocopherol 500 mg (1-0-1)
  • Pentoxifylline 400 mg (1-0-1)
  • Gynefam XL (1-0-0) depuis le 1er septembre
  • Vivelledot 100 µg (0-0-2) tous les 2 jours depuis le 12 septembre, puis (0-0-3) tous les 2 jours à partir du 22 septembre
  • Cortancyl 5 mg (2-0-0) depuis le 29 septembre
  • Progestan 200 mg (2-0-2) depuis le 30 septembre
  • Lovenox 4000 UI (0-0-1) depuis le 30 septembre
  • Progestérone retard 500 mg / 2 ml (0-0-1) tous les trois jours à partir du 9 octobre

J’ai commencé cet article il y a une éternité.

Depuis, j’ai eu mon transfert le 5 octobre de deux HB/1. Endomètre de 6,1 mm le 28 septembre.

J’ai appris que j’avais deux HB vitrifiés.

La grosse différence avec les FIV DO, c’est qu’on a eu beaucoup moins de pertes entre J3 et J5.

J’ai eu des douleurs de type « règles » vendredi. C’est la raison pour laquelle, Cérès m’a prescrit en plus du progestan de la progestérone retard. Je n’ai pas bien compris si c’était justifié médicalement ou si c’était pour me déstresser.

Hier soir (J5 post transfert), j’ai eu des traces rosées sur le papier toilette. Cette nuit et ce matin des traces brunâtres. Moins de douleurs, mais un peu quand même et tout tout petit moral.

Bien sûr, je connais toutes ces histoires de grossesses malgré des saignements. Seulement moi, chaque fois que j’ai saigné, ça s’est mal terminé. Si je pouvais faire partie des chanceuses cette fois-ci…

Je termine ce billet en remerciant mon amie Ange qui est toujours là pour me soutenir. Elle m’a offert cet ange tout mignon qui, je l’espère, me portera bonheur. Notez au passage ma pathétique bibliothèque.

Merci aussi à Lutine qui par ses petits mots me montre qu’elle pense toujours à moi.

44 commentaires »

Chirurgie esthétique

ChirurgieJ’ai longuement hésité. Il y avait le choix.

– une liposuccion pour liquider mes kilos de pma

– une augmentation mammaire pour me faire croire que je suis enceinte jusqu’à la fin de ma vie

– ou, plus audacieux, une prothèse de ventre, pour pouvoir faire les soldes chez Verbaudet.

Mais finalement, ce sera une hystéroplastie d’agrandissement. Très chic, n’est-ce pas ?

Car figurez-vous que non content d’être tapissé par un endomètre trop fin, mon utérus se pique d’avoir une forme originale en T (comme infertiliTy) ou en Y (comme infertilitY) au lieu de former un banal delta (comme celui du Nil, ô combien fertile).

J’ai été tentée de dire « F…ck « ! ou plus élégamment « Je suis comme je suis, je suis faite comme ça ! » en citant Prévert. Après tout, rien ne dit que mon utérus distilbène-like (impossible de savoir si je suis une fille DES) est incapable de mener une grossesse à terme. Mais il y a un doute.

J’ai vu un Grand Ponte de l’utérus pour savoir si une opération était pertinente dans mon cas.

Le Grand Professeur dans toute sa splendeur. J’ai envie de l’appeler Bernard, juste pour l’énerver. (Pardon aux Bernard qui me lisent !)

Nanard n’a pas besoin de faire une hystéroscopie pour savoir s’il doit me découper au scalpel ou pas. Il lui suffit de lire les brefs compte-rendus de ses deux collègues (voir ici et ici). Ce n’est pas que j’avais envie d’avoir une troisième hystéroscopie, les deux premières ayant été très douloureuses, mais je voulais un nouvel avis, un avis d’expert, pas une analyse de textes.

C’est alors que j’ai osé lui demander, téméraire que je suis, pourquoi il pensait que c’était une bonne idée de m’opérer.

Nanard a gonflé une narine, me laissant entrevoir le dragon qui sommeille en lui et, avec toute sa magnanimité, a daigné répondre à mon insolente question en énumérant ses arguments.

– Mon âge. Mais heu… Ta Majesté, je passe au don d’ovocytes !

– Mes fausses couches. Oserais-je, Ta Grâce, émettre l’hypothèse  qu’elles étaient dues à une mauvaise qualité ovocytaire résolue par le don ?

– Mes échecs en FIV. Sans vouloir insister, Ta Grandeur, mes ovocytes étaient un peu vieillissants…

– L’opération augmente la surface endométriale. Je t’ai déjà dit, Ton Excellence, que je t’aimais d’amour ?

– L’agrandissement de la cavité utérine pourrait diminuer le risque de fausse couche tardive. Ouais bon, Ta Magnificence, se faire opérer pour éviter un risque hypothétique, c’est pas tellement  sexy.

Bien évidemment, j’ai gardé mes réflexions pour moi, impressionnée que j’étais devant cet égo démesuré qui pouvait à tout moment m’éclater à la figure.

Cependant, je me suis permis de lui faire part du côté déstabilisant d’avoir des avis contradictoires. (Je pensais au premier grand ponte qui est très reconnu dans le domaine et qui estimait l’opération inutile. La deuxième spécialiste semblait quant à elle sortir d’un livre de Harry Potter.)

C’est là que Nanard a gonflé sa deuxième narine. Je me suis dit que ma dernière heure était arrivée ou qu’il allait me mettre à la porte, ce qui revient un peu au même.

Nanard donne son avis d’expert, un avis qui n’admet pas de discussion, ni de questions. Non ! Ne dis rien ! Nanard a parlé.

Bon, j’avoue que je relate cette visite avec un peu de mauvaise foi. Mais cela reflète quand même assez bien mon ressenti du moment.

Bien sûr, je ne remets pas en cause ses compétences. Mais un peu de pédagogie et d’humanité n’auraient pas nui. Comment ça, je rêve ?

Heureusement, j’ai vu peu de temps après Cérès qui est infiniment plus pédagogue. Ses arguments m’ont convaincue.

– Ça ne peut pas aggraver la situation (c’était ma grande crainte). Au pire, on fait l’opération pour rien.

– L’opération permettrait de dégager certaines zones de l’endomètre non massacrées par les curetages.

J’ai donc appelé Nanard, enfin sa secrétaire, pour accepter l’opération qui doit avoir lieu entre J7 et J14. Pour cause de fêtes de fin d’année et de fermeture du service, l’opération n’a pas pu être programmée avant fin janvier.

Seulement, voilà… Parce que je soupçonnais que l’opération n’allait pas tomber dans la dite période (effectivement, ce sera à J16), j’ai voulu regarder sur Internet si un petit décalage était important ou non.

Haaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Internet, c’est mal. Et j’ai été bien punie.

Je n’ai pas eu la réponse à ma question, mais j’ai eu la réponse à des questions que je ne me posais pas.

J’ai lu un article médical qui m’a fait très peur. Je lis qu’après une telle opération, comme l’utérus est cicatriciel, il y a un risque de :

rupture utérine pendant la grossesse. J’imagine mon ventre exploser comme une bulle de chewing-gum et ça me fait moyennement rire.

placenta acreta. Le placenta est mal placé et arrache tout sur son passage risquant une grave hémorragie. Et là je m’imagine être maman trente secondes et mourir juste après. Très bof.

Après plusieurs jours de grande panique où j’ai essayé de joindre Nanard sans succès et le cabinet de Cérès qui devait me rappeler, je me suis auto-dépaniquée en me disant qu’une femme qui accouche par césarienne a aussi un utérus cicatriciel. Et pourtant, je n’ai jamais entendu dire qu’une deuxième grossesse la tuerait à coup sûr.

Le cabinet de Cérès a enfin appelé au début de la semaine. La secrétaire me fait peur en me disant que ah ben oui c’est sûr il y a un risque mais je n’ai pas le choix. Elle me propose un rendez-vous vendredi dernier. De nouveau paniquée, je dis oui évidemment.

Il ressort du rendez-vous que :

– oui, il y a un risque, mais c’est plutôt rare. Impossible d’avoir un pourcentage.

– de toute façon j’ai déjà un risque d’acreta à cause de mes curetages. C’est supposé me rassurer ça ?

Conclusion, je me fais opérer lundi. Mais pas tranquille tranquille quand même…

Merci merci merci pour les chaleureux commentaires et mails que vous m’avez envoyés ! Je n’étais pas en état de répondre sur le moment, mais il m’ont fait du bien.

35 commentaires »

Méthotrexate

SeringueUn nom barbare pour une aventure qui ne l’est pas moins.

Samedi, mon taux de hcg a augmenté. Il s’agit donc d’une geu.

Dimanche, mon espoir tchèque a pris fin avec une injection de méthotrexate. C’est un médicament utilisé en chimiothérapie, mais ici à faible dose. Son rôle est d’arrêter la croissance de la petite chose mal placée. Mes globules blancs grignoteront ensuite la petite chose jusqu’à sa disparition.

The End

 arbre-de-coeur

 

Merci pour vos gentils petits mots.

68 commentaires »

Endomètre tortue

Endomètre tortueVoici les dernières nouvelles de mon cher endomètre.

Il n’a pas la même épaisseur partout.

Au début, il est trèèèèèèèèès fin, 3mm environ.

Ensuite, il y a un rétrécissement de l’utérus, un peu comme une cacahuète.

Et tout au fond, il atteint l’impressionnante épaisseur de 5,4 mm. Pfff…

Conclusion de Cérès, il faudrait que le médecin dépose les embryons tout au fond de l’utérus.

J’espère qu’il sera précis !

Mais vous croyez que les embryons vont rester au fond ? Avant la nidation, ils se baladent, non ?

Conclusion de moi-même : je vais avoir besoin de beaucoup de chance…

Merci à toutes pour vos gentils mots d’encouragement !

24 commentaires »

Cette inconnue à qui je dois tant

cheveux-blondsNée en 1994

Cheveux blonds

Yeux bleus

 

C’est tout ce que je saurai d’elle. Mais ce peu de choses lui donne une certaine réalité.

Si jeune ! J’espère qu’elle ne regrettera pas son geste, que les tests psychologiques de la clinique sont performants.

1994 : année de la mort de ma maman et aussi année de naissance de celle qui me donnera peut-être aussi la vie.

Ça me fait un drôle d’effet.

22 commentaires »

Le bout du monde

Depuis quelques semaines, quelques mois, je navigue entre deux eaux.

Merci beaucoup pour vos gentils messages. Je suis beaucoup moins présente sur les blogs, le mien et celui des autres. Vous connaissez ce sentiment d’exclusion qu’on ressent dans la vie réelle face à ces femmes qui passent sans y penser du désir d’enfant à la maternité ? Eh bien je découvre désormais le sentiment d’exclusion dans le monde de la PMA. Je vous envie, vous les pmettes qui espérez encore (et à juste titre !), je me sens à nouveau seule. Vous n’y êtes pour rien. J’ai l’impression d’avoir quitté le navire pour l’Australie. Je suis dans ma petite chaloupe et je ne sais pas si/où je vais accoster.

Contrairement à certaines d’entre vous, je n’arrive pas à me dire qu’une vie sans enfant peut aussi être belle. Je ne peux pas m’y projeter, je n’y arrive tout simplement pas. Et ces échecs accumulés combinés au temps qui passe me renvoient cette image d’une vie sans enfant, vie dont je ne veux pas. Alors j’arrête de bouger, de respirer, comme pour arrêter le temps, comme si j’espérais qu’ainsi la réalité ait moins de prise sur moi.

Je suis allée machinalement voir Panoramix pour un bilan post-fiv. Il ne nous a rien proposé. Il est vrai que mon mari l’a tout de suite interrogé sur le don d’ovocytes. Panoramix pense que c’est sans doute notre meilleure chance. Il n’exclut pas un bébé couette (pourtant avec mes ovocytes ridés, les spermatozoïdes bossus de mon chéri et mon endomètre en papier à cigarette, j’ai plus de chance de gagner au loto, je pense). Il ne croit pas que la fiv classique améliorerait nos chances. Mais comme si toutes ces bonnes nouvelles ne suffisaient pas, il nous a parlé de la fameuse circulaire qu’il avait reçue deux jours auparavant. Je vous la livre ici à l’état brut. Car dans beaucoup d’articles, on peut lire qu’elle ne vise que les médecins qui se feraient graisser la patte par les cliniques étrangères alors qu’en réalité elle s’adresse à tous les médecins qui aident d’une façon ou d’une autre les couples à recourir au don d’ovocytes à l’étranger. Si bien que beaucoup de gynécologues font dans leur culotte et refusent de prescrire les médicaments nécessaires à la receveuse et de la suivre médicalement jusqu’au transfert.

Vendredi prochain, nous retournons voir Saint-Pierre. Ils nous avait demandé des analyses complémentaires. Nous les avons faites. Nous n’avons pas encore tous les résultats, mais Saint-Pierre les aura vendredi. De ce que j’ai compris des résultats que j’ai reçus, ils ne sont pas très fameux.

  • J’ai un utérus en T, mais heureusement la cavité utérine est suffisamment grande pour permettre une grossesse, ouf… Mais ça m’inquiète un peu quand même…
  • Je peux oublier mon endomètre de 8 mm à j12 lors de ma fiv 1 bis. Je me suis réjouie trop vite. Un spécialiste que j’ai vu a remarqué que les croix étaient mal placées sur l’échographie (c’est trop demandé d’avoir des médecins compétents, sans blague ???). Il faut donc plutôt lire 6 mm.
  • Mon AMH est stationnaire : elle est passée de 1,3 à 1,47.
  • Ma FSH grimpe : elle était de 6, 88 et la voilà à 10,7. J’ai lu quelque part que des couples étaient refusés en PMA quand la FSH dépassait 10.

J’ai adhéré à Maia. Le forum est super intéressant. Mais avec cette circulaire et mon endomètre, je ne sais pas si le don d’ovocytes sera possible.

Mon Rendez-vous de vendredi me terrifie. Comment vais-je le supporter si les nouvelles sont mauvaises ? Croisez les doigts pour moi, j’en ai besoin…

26 commentaires »

Le don d’Irouwen

Ce matin (26 décembre), j’ai fait un test de grossesse. Vous savez, les tests bandelettes vendus sur Internet. Les deux fois où je suis tombée enceinte, j’avais fait un test bandelette à 12 DPO et le test avait été positif. Et là, j’ai voulu en faire un à 13 DPO, malgré les douleurs ressenties dans le ventre et dans le dos, malgré les seins peu douloureux, malgré ma certitude que mes règles allaient arriver. Et naturellement, c’est négatif. Mes trois petits embryons n’ont pas réussi à s’accrocher. Pas de magie de Noël pour moi.

Je ne vais pas vous parler de mes larmes, car je sais qu’il vous est facile de les imaginer et de les comprendre. Je ne vous parlerai pas non plus de ma peur de voir ma sœur demain avec ses deux petits bouts de choux aux yeux qui brillent, parce que ça aussi vous connaissez.

[EDIT du vendredi 4 janvier : Prise de sang le 31 décembre. Résultat le 2 janvier et sans surprise, le taux de BHCG est de 0. Et pourtant, ça fait quand même très mal… J1 hier. Vous le saviez que l’utrogestan et le provames retardaient l’arrivée des règles ? Heureusement que je me suis renseignée sur internet car mon médecin ne m’avait pas prévenue. Peut-être trouvait-il amusant de me donner de faux espoirs ?]

Non, aujourd’hui je préfère vous offrir mon cadeau de Noël. Il est en préparation depuis plusieurs semaines déjà. A vrai dire, ce n’est pas moi qui vous l’offre, c’est Irouwen, une jolie et heureuse maman de deux adorables bébés. Irouwen est devenue maman grâce au don d’ovocytes et je lui ai posé toutes les questions qui me passaient par la tête. J’avais remarqué qu’Irouwen, malgré son bonheur d’être enfin maman, n’a pas oublié pour autant son parcours difficile et toutes ces mamans encore en mal d’enfants. Elle a toujours un petit mot gentil pour encourager ou consoler les pmettes qui en ont besoin. C’est pourquoi j’ai osé lui demander de prendre sur son temps (pourtant très compté) pour répondre à mes questions. Et à ma grande joie, elle a dit oui. Voici donc mes questions et surtout les réponses d’Irouwen.

Pourrais-tu nous rappeler ton parcours ?

Pour mes 30 ans ma petite sœur attend son premier enfant. L’idée d’avoir des enfants devient une obsession pour moi. A 35 ans, je fais mes premiers examens qui montrent un taux d’inhibineB (ancêtre de l’amh) à surveiller. A 37 ans, je rencontre un nouvel amoureux qui veut bien avoir des enfants avec moi.

A 38 ans,  suite à une année sans utiliser de préservatif, nous sommes orientés par ma gynécologue vers un gynéco spécialisé PMA (Le con de médecin PMA); qui dit : « tout va bien, arrêtez d’y penser ça va venir, les femmes ont des problèmes psychologiques, etc« . Il ne pousse pas les analyses, pas d’amh de faite, il donne un traitement pour stimuler l’ovulation.

Janvier 2009, je suis enceinte, très vite des saignements, œuf clair, fausse-couche déclenchée à 7 semaines par cytotec. 2009 est une année sombre, le Con de médecin PMA ne propose rien, juste attendre, « vous avez été enceinte, ça va revenir« , d’autres stimulations simples.

Fin 2009, je n’en peux plus, sur les conseils de la psychologue du service PMA, je vais voir le médecin PMA chef du service. Même discours « rassurant » (enfin pas pour moi), « tout va bien vous êtes jeune (39 ans) ». Il programme une fiv pour le mois de juin de l’année suivante !!! J’aurais 40 ans passés !!! Et rien d’autre en « attendant », ni examens complémentaires, ni insémination artificielle. L’amh n’est toujours pas contrôlée, ce n’est pourtant pas faute de leur dire à chaque fois : « mais en 2005 déjà mon inhibine B…« . Ils ne veulent rien entendre. Et surtout le temps passe sans que nous puissions utiliser les outils de la médecine procréative.

En mars 2010, n’en pouvant plus, nous étions allés chez une autre gynéco, elle réalise une insémination artificielle qui se solde par un échec, elle ne voudra pas en faire une autre, car le traitement de blocage pour la fiv approche. Effectivement, je commence en avril le blocage pour la fiv du mois de juin, 20 jours de blocage, puis 9 jours de stimulations à 100 euros la piqûre pour un arrêt sans explications et sans rien derrière, juste « on stoppe la stimulation et il n’y aura pas de fiv, car vous n’avez que 5 follicules ». Puis en juillet 2010, le médecin PMA fait enfin les analyses de l’amh qui est effondrée. Je passe d’un coup de « tout va bien, vous êtes jeune » à « vous ne répondez pas bien à la stimulation, vos analyses sont mauvaises et vous avez 40 ans« . Il propose une autre fiv (pour nous faire taire, je crois) pour le mois de septembre 2010. Qui se soldera par un échec, ponction blanche.

Je m’étais déjà inscrite chez Maia depuis le mois de juillet 2010 et en octobre je nous inscrivais pour une tentative en don d’ovocytes à l’étranger. Première tentative en juin 2011=échec, deuxième tentative en novembre 2011= réussite.

A quel âge as-tu commencé les essais bébé ?

J’avais 30 ans

Par quelles techniques de PMA es-tu passée ?

Stimulations simples avec prises d’hormones, orales, puis par injections. Une insémination artificielle quémandée chez un autre gynécologue que mon con de médecin PMA, une fiv avec un protocole long stoppée vers la fin de la stimulation pour cause de moins de 5 follicules, une fiv protocole court stoppée après la ponction car aucun ovocyte de potable, un protocole de stimulation en vue d’un transfert d’embryons suite à une fiv-don d’ovocyte =négative, un nouveau traitement pour une nouvelle fiv-don réussie. J’ai aussi expérimenté l’homéopathie, la sophrologie, les poudres chinoises, péruviennes, les incantations aux déesses de la fertilité, bref tout un tas de trucs plus ou moins bizarroïdes…

Quand l’idée du don d’ovocyte est-elle apparue pour la première fois ?

En 2009, je commence mes recherches sur les forums, je cherche à comprendre et à trouver des solutions. J’adhère à l’association Maia en juillet 2010 après l’échec de la première fiv. Et là, je rencontre virtuellement des femmes confrontées aux mêmes épreuves que moi. Et je constate que beaucoup ont perdu un temps fou, à faire de multiples fiv, iac et autres, avant d’accéder au don d’ovocyte, et donc avant d’être enceinte. Je me dis que si je veux un jour être mère, il faut se lancer dans cette aventure le plus rapidement possible. D’autant que j’ai 40 ans.

Est-ce par l’intermédiaire d’un médecin ?

Non, les médecins ne m’ont jamais parlé du don d’ovocyte.

Comment as-tu accueilli cette idée au début ?

Comme une évidence, la solution est là. Puis comme un très grand espoir de voir, enfin, mes souffrances s’envoler, et pouvoir enfin devenir mère.

T’a-t-il fallu du temps pour te faire à cette idée ?

Non, pas besoin de temps pour me faire à cette idée dans ma tête, instinctivement, affectivement c’était la solution « miracle » et en même temps, j’ai choisi la clinique qui proposait un délai (9 mois à l’époque) entre l’inscription et la fiv. Je me disais que ce temps me permettrait de me faire raisonnablement à cette aventure. Que cela me permettrait de régler toutes les questions qui pouvaient émerger autour de cette technique et sa réalisation, la question de la non transmission de mes gènes. Et puis aussi je me suis laissé du temps, pour peut-être tomber enceinte avec mes propres ovocytes (espoirs et vieilles croyances). La veille de la première tentative en juin 2011, nous étions à Brno et là j’avais mal au cœur de penser, que j’allais faire un bébé avec les gènes d’une inconnue que je venais peut-être de croiser dans la rue sans le savoir. Je trouvais que c’était terriblement injuste comme situation.

Et le futur papa ?

Pour le futur papa, pas de soucis non plus, sauf comme moi, la veille de la première tentative.

Par quelles questions es-tu passée avant de décider de partir dans l’aventure du don ?

Je ne me suis pas posé beaucoup de questions, je suis du genre à foncer et à réfléchir ensuite.

Mais je m’interrogeais surtout, sur l’avenir des enfants, les questions qu’ils pourraient avoir, le désir qu’ils pourraient avoir de savoir qui était la donneuse, ce que pouvait être pour eux leur conception particulière.

Je trouvais donc très injuste que la France prône l’anonymat, qui est respecté par la république tchèque. Et puis, je me disais que à trop se poser de questions, nous ne ferions jamais rien et nous resterions avec notre tristesse immense.

Je me demandais ce qui était le plus important, l’aspect génétique de la vie, ou l’aspect affectif et social. Je me disais que c’était une position très égoïste, vouloir des enfants dans ce contexte. Puis je me disais que les gens normaux font aussi des enfants pour eux-même.

Le fait de renoncer à tes gènes a-t-il été difficile ?

Oui, ce n’est pas simple de renoncer à transmettre ses gènes surtout que je considère qu’ils sont exceptionnels ;-). Plus sérieusement, ce n’est pas dans la nature des êtres humains de procéder de la sorte pour se reproduire. Bien que la question soit, il me semble, largement expérimentée depuis des millénaires, concernant les gamètes mâles. Que les femelles ne se gênent pas pour mélanger comme bon leur semblent sans demander le consentement du papa officiel, social. Je pense que des générations d’enfants sont nés, grâce aux spermatozoïdes d’un autre homme, que leur père officiel. C’est tellement simple et facile de procéder de la sorte, pour les femmes fertiles.

Concernant les gamètes femelles, c’est plus compliqué. Ce n’est que récemment (au regard de l’histoire de l’humanité) et grâce à la médecine procréative que l’on peut utiliser les gamètes d’une autre femme, pour avoir soi-même des enfants. J’ai dans l’idée que l’humanité va aller de plus en plus, vers des modes de procréation innovants par choix et/ou par nécessité. Je considère que nous sommes des pionnières.

Il faut juste que les enfants issus de ces manières différentes de procréer, le vivent le mieux possible. Ce n’est pas forcément évident d’être hors des normes, mais les normes peuvent changer.

Mais si j’avais pu faire avec mes propres gènes, les questions ne se poseraient pas. Ce qui me semble important en fait, dans les gènes c’est le point de vue physique. J’aurais aimé transmettre à mes enfants mes gènes, car je considère que j’ai une bonne constitution physique. Jamais malade, pas d’acné juvénile, de beaux cheveux, de bonnes dents, une volonté de fer, un optimisme à toutes épreuves (presque)…..mais finalement tout ça ce sont des détails, que tu n’es même pas sûre de transmettre à tes enfants génétiques, car les mystères de la génétique font que les mélanges sont aléatoires.

Ce qui parfois me titille c’est que j’aurais bien aimé voir ce que le mélange de mes gamètes avec ceux de mon chéri aurait donné comme bébé. Mais la transmissions se fait surtout grâce à l’éducation, à l’histoire de la vie que tu transmets à tes enfants. Il y a des parents génétiques dont les enfants ne leur ressemblent pas du tout !

Le fait que ton chéri mélange ses gamètes avec les gamètes d’une autre a-t-il été compliqué ?

Non, il fait des enfants avec moi et c’est le biologiste qui a mélangé les gamètes mâles et femelles. A partir du moment où nous étions partis dans cette direction, si tu commences à te tourmenter l’esprit avec des choses comme ça, je pense que cela devient vite invivable. Et moi, je veux vivre, vivre avec lui et nos enfants. Peut-être qu’à cette question je répondrais différemment à d’autres moments de notre vie ?!!

Pourquoi le don plutôt que l’adoption ?

L’adoption, nous avons participé aux réunions organisées par le conseil général, c’est à décourager une armée d’éléphants. Cela me semblait encore plus long et incertain que le don. Mon conjoint, ne se sentait pas du tout à l’aise avec l’idée de l’enfant venant d’ailleurs (ayant été témoin, plus jeune, d’un échec sanglant d’adoption).

Cela me faisait vraiment mal de devoir justifier mes capacités, nos capacités, à être parents.

Mais surtout, le temps de la réalisation de ces démarches, me paraissaient terriblement long. Je ne pouvais pas rajouter des années d’attente à celles que je vivais déjà, d’autant que nous n’avons plus 20 ans; ni même 30.

Comme pour l’adoption, il y a la question des origines. T’inquiètes-tu de ne pas savoir exactement d’où viennent tes enfants ?

Je sais d’où ils viennent. Ils viennent d’un désir, d’une volonté, la nôtre, de notre couple. Et du mélange des gamètes d’une jeune femme Tchèque et de leur père, mon Chéri.

Cette question pose la question de la part du biologique, du social, de l’affectif. Ils viennent de mon ventre, après avoir commencé leur multiplication cellulaire dans une boîte de pétri. J’étais d’accord pour accueillir un enfant d’ailleurs dans le cadre d’un parcours d’adoption, ignorant tout ou presque de sa vie d’avant. Alors les petits nés du don me semblent moins mystérieux.

Appréhendes-tu les questions qu’ils vous poseront plus tard ?

Non, je  n’appréhende pas. Tous les enfants du monde se posent la question et pose la question à leurs parents, de leurs origines réelles ou mythiques. Mais j’aimerais qu’ils puissent s’ils le désirent avoir des informations sur la donneuse. J’espère que lorsqu’ils seront grands, les lois et les mentalités auront changé et qu’ils pourront, s’ils le veulent, savoir qui était la donneuse.

En tout cas nos enfants sont informés de l’histoire de leur arrivée sur terre, cela ne sera surtout pas un secret.

A quel moment as-tu décidé de passer à une fiv avec don plutôt que de faire une nouvelle tentative avec tes ovocytes ? Pourquoi à ce moment-là et pas plus tôt ou plus tard ?

Pas plus tôt, car les cons de médecins PMA que j’ai rencontrés, m’ont fait « croire » que tout allait bien et attendre (2 ans entre 38 ans et 40 ans, ce qui est largement trop tard) que ça vienne tout seul, puis attendre 8 mois avant de réaliser une fiv.

Si j’avais su dès 2008, que mes ovocytes ne donneraient rien, nous serions partis à ce moment-là vers le don d’ovocytes. Pour ça, je leur en veux encore beaucoup ! Moi je sentais que quelque chose n’allait pas, je me posais mille questions et je souffrais beaucoup. Je ne voulais pas essayer encore avec mes ovocytes, car je trouvais que nous avions perdu assez de temps comme ça. Je ne voulais plus souffrir, ni subir des traitements pour des résultats plus qu’aléatoires. Avec le don, mes chances d’être enceinte, puis mère, passaient carrément à 50 % par tentative. Alors qu’avec mes ovocytes, j’avais derrière moi des années d’essais infructueux.

Donc dès l’échec de notre deuxième fiv en France, nous nous sommes inscrits dans la clinique tchèque pour avoir une proposition de date pour la tentative. Pourtant quand nous avons rencontré les deux gynécologues parisiennes spécialisées en don, la première nous a proposé de refaire une tentative avec mes ovocytes, mais je n’ai pas voulu. Dans ma tête, il était plus que grand temps de passer à autre chose, c’était en septembre 2010.

Passons au côté pratique. J’ai lu sur ton blog que tu trouvais important d’être suivie en France par un médecin spécialisé dans le don. Je ne comprends pas en quoi une fiv avec don est médicalement différente d’une fiv classique. Peux-tu nous expliquer ?

Je dis ça, parce qu’une fois que nous nous sommes décidés pour le don, les gynécologues spécialisés en PMA par chez nous étaient incapables de faire ce qu’il fallait. Le professeur PMA qui nous avait fait les fiv, nous a juste dit, lorsque je lui demandais, s’il pouvait nous accompagner dans la démarche du don : « oui bien sûr, les sages-femmes pourront vous faire les échographies », un peu juste pour un suivi, d’autant que si les fiv classiques n’ont pas fonctionné, il faut peut-être chercher à comprendre pourquoi et pas juste se dire c’est la faute à l’infertilité inexpliquée, motif qu’ils nous donnaient pour conclure !!

Puis j’ai rencontré un gynécologue de ville, pour qu’il me prescrive le traitement lors du premier don. Il n’y connaissait rien, il disait amen aux demandes que je lui faisais concernant les médicaments. Il est parti en retraite très vite. Son collègue était pareil, il me faisait les échos et prescrivait les médicaments préconisés par la clinique. Cette tentative a été un échec. Puis je me suis décidé à monter à Paris, suite aux conseils des filles sur le forum Maia, pour rencontrer des médecins spécialisés en don d’ovocytes, spermatozoïdes, doubles dons, etc. J’ai rencontré deux femmes gynécologues spécialisées en don, pour pouvoir choisir celle qui me convenait le mieux. J’avais besoin de maîtriser un peu la situation, de choisir le médecin qui me semblait le mieux pour nous accompagner. j’avais besoin de maîtriser les choses, de choisir quelqu’un qui nous fasse du bien.

La deuxième, a été la seule médecin PMA qui a pris le temps de lire tout mon dossier avec mes examens depuis 2005, à remplir des tableaux avec l’évolution des taux des différentes hormones. La seule aussi qui a préconisé des examens complémentaires qui pouvaient mettre en évidence un problème d’infertilité et d’échec de grossesse. La seule qui a prescrit une mammographie (quand on connaît l’impact des stimulations hormonales sur le cancer du sein). La seule qui connaissait les cliniques qui pratiquent le don en Espagne, en République tchèque pour y être allée dans le but de voir comment ils travaillaient. Les examens sanguins qu’elle a prescrits ont mis en évidence des soucis avec mes anticorps, elle a mis en place un traitement adapté. Elle a su aussi réagir face à l’apparition de l’hyperthyroïdie, en m’adressant à une collègue à elle, endocrinologue et gynécologue, qui connaissait aussi les parcours don, en adaptant le traitement de stimulation pour voir comment évoluait ma tsh. Elle a mis en place, juste avant le début du blocage, un traitement d’attente, pour voir si ma thyroïde allait se calmer ou pas et si nous allions partir ou pas. Ce contre temps qui en d’autre temps m’aurait rendu dingue, m’a permis de gérer les différents rendez-vous médicaux et les décisions qui en découlaient et de commencer quand même finalement le traitement, avec un peu de retard mais sans conséquence sur le protocole de la clinique et avec en prime une belle réussite à la clef. Elle maîtrise la question, elle n’est pas la seule, d’autres gynécologues s’intéressent aux fiv qui sortent de l’ordinaire et proposent des protocoles vraiment adaptés aux problèmes rencontrés par les couples.

Ce qui change aussi, c’est qu’ils travaillent de façon partagée. La clinique qui se trouve à l’étranger à des milliers de kilomètres préconise un traitement, le gynécologue doit partager son savoir, ses compétences avec cette clinique à l’étranger pour la réussite de la grossesse de la patiente. Pour moi, elle a adapté le traitement préconisé par la clinique, suite à l’apparition de l’hyperthyroïdie et des anticorps, elle m’a téléphoné le soir chez moi pour prendre de mes nouvelles. Elle a assuré, je me suis sentie comprise, en confiance, soignée, suivie et nous avons réussis à être enceinte et à avoir deux beaux bébés.

Pourquoi avoir choisi de faire ta fiv avec don à l’étranger plutôt qu’en France ? 

Délais d’attente trop longs en France, de plus le médecin Fiv nous a clairement dit « à votre âge, vous n’êtes pas prioritaire. » D’ailleurs je m’étais renseignée directement et depuis un moment pour le don à l’étranger. Je voulais aller vite et bien. Je cherchais à aller mieux, à retrouver goût à la vie et ce n’est pas avec le ceccos et ces délais impossibles que j’allais pouvoir obtenir ça. De plus, dans notre CHU ils ne pratiquaient pas le don d’ovocytes. Donc le don à l’étranger a de suite été la solution.

D’ailleurs était-ce vraiment un choix ?

Les solutions proposées ne sont pas du tout les mêmes : rapidité et efficacité à l’étranger contre lourdeur et longueur avant un possible essai en France (des années d’attente !!! Non merci pas possible). D’autant que le doc fiv nous avait dit que nous n’étions pas prioritaires en France vu notre âge !!! Ségrégation !!! Le choix est donc vite fait.

Comment choisir le pays ? Quels ont été tes critères ?

Le prix, l’organisation de la tentative, les retours sur la prise en charge. Pourquoi finalement la République Tchèque ? J’ai choisi la République Tchèque, car sur le forum Maia les retours sur la prise en charge étaient super positifs. Accueil humain et chaleureux, ce dont j’avais besoin après avoir été maltraitée en France. Prix moindre qu’en Espagne. De plus, l’Espagne me paraissait être comme un grand « supermarché à bébés ». Tu t’inscris et après 2 mois, hop tu peux faire une tentative à 8000 euros. Je n’avais pas les moyens d’engager 8000 euros, surtout lorsque je pensais que cela pourrait ne pas fonctionner du premier coup et qu’il faudrait de nouveau payer 8000 euros. Et j’avais besoin de rêver un peu, la République tchèque me semblait faire moins « supermarché à bébés ». En République Tchèque, le tarif était moitié moins. De plus, en passant par l,association le tarif est un peu réduit aussi.

De plus l’organisation tchèque permettait de s’organiser longtemps à l’avance, car la tentative était programmée des mois à l’avance. Tu sais que telle semaine, il faudra être là-bas pour le mélange des gamètes, puis pour le transfert, donc tu t’organises à l’avance, les billets d’avion sont moins chers payés à l’avance, tu poses des congés, tout est planifié en amont et ça c’est rassurant, pour moi ça l’a été. Alors qu’en Espagne les exemples que j’avais disaient que les gens étaient appelés au dernier moment, et devaient sauter dans un avion du jour pour le lendemain. Gregor Mendel l’inventeur de la génétique chez les petits pois était tchèque.

Selon les pays, quelles sont les différences ? Les tarifs ? Les délais d’attente ? Des limites d’âge ? Des moyens techniques ?

Les techniques sont les mêmes partout, ensuite les législations peuvent différer, par exemple enRépublique tchèque, je crois qu’ils ne font pas de fiv pour des femmes seules. Les tarifs sont à disposition sur les différents sites internet des cliniques.

Que savez-vous de la donneuse ?

Son année de naissance, la couleur de ses yeux, de ses cheveux, son groupe sanguin tout ça annoncé le jour du mélange des gamètes. Il y a d’autres cliniques où tu peux choisir à l’avance ta donneuse entre plusieurs propositions. J’ai eu l’opportunité dans une autre clinique de devoir choisir et bien j’ai trouvé ça plus compliqué.

Comment est-elle choisie ?

Dans la clinique où je suis allée, ce sont des critères physiques de ressemblance avec la future maman et puis son groupe sanguin.

Peux-tu nous raconter tes aventures ?

Hou là  là là, cela serait trop long, il faut aller voir sur mon blog en mai-juin 2011 pour la première tentative, puis en octobre-novembre 2011 pour la deuxième. En tout cas nos deux voyages se sont bien passés. La République Tchèque est un pays agréable, les gens sont calmes. Nous avons vu de belles choses à Prague notamment.

Et maintenant, c’est comment la vie d’après ?

Elle file à 100 à l’heure mais j’aime ça. Je me sens bien à ma place, dans mon rôle.

Le fait que tes bébés viennent du don, est-ce que ça change quelque chose maintenant qu’ils sont là ? Est-ce que tu y penses ?

Oui, j’y pense. Pas tout le temps non plus. Mais quand les gens disent : « oh comme il ressemble à….. ». Ou lorsque le pédiatre nous demande si, dans la famille il y a des allergies, des problèmes de vue, du côté des gènes paternels nous savons, mais du côté des gènes maternels nous ne savons pas. Cela fait partie de notre histoire à nous. J’espère qu’ils seront heureux.

La semaine dernière une dame m’a dit : « votre fille ressemble beaucoup à son papa et votre fils c’est à vous qu’il ressemble », comme quoi !! J’avais envie de lui rappeler, car elle connaissait l’histoire de nos enfants (c’est la sage-femme libérale qui m’avait suivie au retour à la maison suite à  l’hospitalisation pour MAP). Mais je n’ai pas dit ce que je pensais lui dire. Je sais que mes enfants vont me ressembler, car  leurs attitudes, leurs mimiques, leurs gestuelles seront copiées sur les miennes et celles de leur papa.

Alors, heureuse ou pas ?

Je suis totalement heureuse, amoureuse de mes petits bébés. Mais si j’avais su plutôt que mes ovocytes étaient inaptes à la procréation, je serais partie beaucoup plus tôt à l’étranger pour un don d’ovocyte et j’aurais plus que deux bébés. Je voudrais encore pleins d’autres enfants !!!!!

Alors voilà. Je ne sais pas vous, mais moi je suis toute émue. J’espère que cette interview aidera celles qui comme moi se posent plein de questions sur le don ou celles qui n’y pensaient pas mais qui maintenant vont peut-être y réfléchir.

Mille mercis à Irouwen pour sa générosité et sa sincérité ! ! !

Allez faire un tour sur son blog très attachant si vous ne le connaissez pas déjà. Personnellement, il me donne beaucoup d’espoir. Lisez en particulier le billet du 31 octobre 2012.

26 commentaires »

Nowel !

image

Bonnes fêtes à toutes et un grand merci pour tous vos gentils mots !

23 commentaires »