Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Et l’homme dans tout ça ?

L’homme est une bête étrange qui prend un malin plaisir à désespérer quand j’espère et inversement.

Comme je vous l’ai dit, pendant le voyage, alors que je m’attendais à l’entendre soupirer et traîner des pieds, il a été tout à fait charmant et attentionné. Pourtant je savais que pour lui, c’était le dernier voyage et peut-être même le voyage de trop dans la mesure où il avait abandonné tout espoir.

De retour chez nous en revanche, c’est comme s’il ne s’était rien passé. Le sujet était clos. Quand je lui parlais, parce que je ne pouvais pas m’en empêcher, de mes craintes car j’avais ressenti tel ou tel truc qui pourrait peut-être être mauvais signe, il me faisait comprendre de façon à peine voilée que de toute façon il ne fallait pas trop espérer.

Quand je lui ai dit que la prise de sang était positive, il a dû me répondre un truc du genre : « D’accord. On mange quoi ce soir ? »

Quand je lui ai dit que le deuxième taux avait doublé, il a à peine tourné la tête de son ordinateur et ne m’a même pas demandé mes taux. (Alors que les autres fois, il faisait des courbes et vérifiait sur internet que j’étais dans les normes. Il me rassurait quand je trouvais mes taux un peu bas ou ne doublant pas assez franchement.)

Quand je lui ai dit que le troisième taux avait doublé, il m’a quand même demandé les chiffres tout en enchaînant sur une phrase pessimiste.

Je ne lui ai pas parlé de mes espoirs suscités par mon premier taux largement plus haut que d’habitude et mes x2,5. J’ai compris qu’il se protégeait et j’ai croisé les doigts pour que finalement il ait une bonne surprise. Je pense à ce jour de 2011 où, pour la première fois, je tenais en main un test de grossesse positif. Je ne savais pas comment il allait réagir, car nous pensions tous les deux qu’à mon âge, j’allais mettre des mois à tomber enceinte. J’avais peur qu’il ne soit pas prêt. Mais au-delà de la surprise, j’ai surtout vu ses yeux briller. Alors, depuis ma première fausse couche, je n’ai qu’une envie : les revoir briller un jour.

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Paroles d’homme

HommesSouvent la femme est pénible mystérieuse. Elle aime user de cette carte en tout cas. Elle prend la voix de Fanny Ardant  et, tout en plissant les yeux, dit à son homme en soupirant : « Tu ne peux pas comprendre, je suis une femme. Je resterai toujours un mystère pour toi. » En guise de réponse, la femme obtient souvent, il est vrai, un rire ou un grognement, qui laisserait penser que l’homme ne partage pas exactement sa théorie de la femme-mystère.

Mais il peut aussi arriver que les réflexions de l’homme laissent la femme perplexe. Très perplexe.

Comme ce jour très récent où il a émis l’hypothèse qu’elle pourrait peut-être tomber enceinte naturellement. La femme s’est demandé s’il parlait réellement sérieusement de ses ovocytes à elle (dont on connaît les grandes qualités) et de ses spermatozoïdes à lui (dont on connaît également les grandes qualités). Et mystérieusement, incroyablement, la réponse était « oui ». Elle n’a pas su si elle devait en rire ou en pleurer. Peut-être aurait-elle dû faire les deux en même temps pour créer un arc-en-ciel qui aurait illustré à merveille cette vision étonnamment idyllique de la procréation…

Comme ce jour encore plus récent encore où la femme disait qu’elle aimerait bien que le voyage prévu en mai soit le dernier, qu’il n’y ait pas besoin d’en programmer un autre. L’homme lui a répondu qu’il pourrait très bien y en avoir un autre, pour un deuxième bébé. La femme a trouvé que c’était très prématuré de penser au deuxième quand on ne savait toujours pas si le premier arriverait un jour. Mais la femme a eu le cœur tout réchauffé de comprendre qu’elle n’était pas seule à être investie dans ce projet. Elle le savait, bien sûr. Mais elle a tellement besoin qu’on le lui rappelle. Encore et encore.

L’homme est surprenant. Et la femme adore ça.Mickey

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En direct de chez moi

La princesse désabusée et le prince ténébreuxJ’ai ramené de Prague un prince ténébreux pour ma petite princesse désabusée.

Cette petite princesse désabusée, c’est un peu moi.

Le soir du transfert et hier, j’avais une toute petite douleur dans le bas du ventre et je me disais : « Hou la la ! C’est peut-être bon signe ! »

Mais depuis ce matin, je ne sens plus rien. Alors évidemment, je me dis : « Hou la la ! C’est peut-être mauvais signe ! »

Si je lisais ça sur le blog d’une copine, je lui dirais que les signes ça ne veut rien dire, surtout à ce stade, sans compter toutes les hormones prises.

Mais voilà, quand il s’agit de moi, je suis beaucoup moins raisonnable.

C’est une étrange période. Je sais que j’ai mes deux lilyputiens dans le ventre, des petits bouts de vie. Mais pour autant je ne suis pas enceinte. Le Dr Marek a dit d’être positive. Mais c’est tellement difficile. Sur la base de quoi ? Je trouve que c’est un peu de l’ordre de la foi. On doit y croire, mais sans preuve matérielle. Il faut juste avoir confiance. Pas facile…

J’ai dans le cœur la vidéo de nos deux lilyputiens. Ils ressemblaient de très très loin à des bébés, je vous l’accorde. Mais ils sont tellement porteurs d’espoir que je les ai trouvés magnifiques. Tiens, des larmes coulent. C’est fou comme de si petites cellules peuvent être émouvantes !

Je revois dans la salle d’attente samedi cette petite fille blonde aux yeux bleus (made in Reprofit ?) qui attendait avec sa grand-mère que ses parents reviennent de la salle de transfert.

J’entends encore mon prince me demander le samedi soir : « Ça va ma chérie ? Comment tu te sens ? Différente depuis ce matin ? » Ou dans le parc l’après-midi : « On s’assoit sur le banc, tous les quatre ? Non, il ne faut pas que je parle comme ça… » Et encore au moment de l’enregistrement dans l’aéroport, quand la machine a demandé si nous voulions enregistrer d’autres passagers : « On a d’autres passagers à enregistrer ? », en me touchant le ventre… Bien sûr, c’est par jeu, mais  cela me montre que malgré tout ce qu’il pouvait dire avant le transfert sur le fait qu’il ne fallait pas fonder trop d’espoir sur cette tentative : « Il faut voir tout ça comme un processus long, blablabla », il espère…

J’ai été émue en décollant de Prague avec mes petits clandestins. Les dés sont maintenant jetés. Les médecins ont fait leur travail. A la nature de prendre le relais.

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Quand les hommes pleurent…

Si vous avez bien regardé à droite du blog, vous devriez avoir vu que mon RV chez Panoramix est passé.

J’ai d’abord eu la surprise de découvrir qu’il s’agissait d’un hôpital privé. Je l’avais tout simplement choisi car il s’agissait du seul hôpital de mon département en plus de celui où j’étais déjà suivie. Rien qu’à regarder les bâtiments, on voit bien qu’il y a plus de moyens. Et qui dit plus de moyens, dit meilleur suivi. Donc, mine de rien, c’est quand même important.

Nous avons été assez satisfaits du RV. Avant même que j’évoque le sujet, il nous a dit que dans notre cas, étant donné mon âge, il fallait tenter le tout pour le tout et passer directement à la FIV avec transfert de blastocystes. Nous avons envoyé les papiers pour l’entente préalable et la prise en charge à 100%. Et nous avons un nouveau RV dans un mois. Du jamais vu ! Avec Merlin, c’était tous les trois mois quoiqu’il arrive par manque de moyen. Et dans notre situation, le temps, c’est capital.

Je l’ai trouvé dynamique. Il ne perd pas de temps. Alors ça me rassure. Je ne dis pas que j’ai fait des sauts de cabri en sortant du RV car malheureusement la PMA nous apprend à être très prudents, mais pour la première fois depuis longtemps, je vois une petite lueur d’espoir. Et ça fait du bien.

J’en arrive au titre de mon billet. Hier midi, alors que nous mangions tranquillement à la pizzeria, je dis à mon mari : « C’est marrant, pour une fois, c’est moi qui suis plus optimiste que toi. » Car même si nous avions le même ressenti par rapport au RV et que nous étions d’accord pour quitter Merlin et continuer avec Panoramix, je ne le sentais pas très positif. Et c’est là que ça a dégénéré. Il m’a dit qu’il ne comprenait pas pourquoi j’étais si pessimiste juste après mes deux grossesses (qui je le rappelle se sont terminées en fausses couches) ni pourquoi maintenant j’étais plus optimiste alors que depuis mars (moment de la reprise des essais bébé), je n’arrive plus à tomber enceinte. La discussion très musclée a continué chez nous. Je ne comprenais vraiment pas sa réaction, pour une fois que j’étais un peu optimiste, on aurait dit qu’il faisait tout pour me déprimer. Et quand avant je déprimais, il me reprochait mon manque d’optimisme. Il me parlait de l’importance du facteur psychologique. Alors je lui demandais pourquoi il me prenait la tête justement au moment où j’étais un peu zen. Une conversation de fous ! Et puis il est venu s’assoir à côté de moi. il m’explique que le problème c’est que justement avant il était optimiste et que maintenant il n’y arrive plus. Il pose sa tête sur mon épaule et je l’entends pouffer. Surprise, je lui demande pourquoi il rit. Mais en fait il sanglotait. Évidemment, j’ai pleuré aussi.

C’est la première fois que je le vois pleurer. Ça m’a brisé le cœur. Jusqu’ici, je pensais qu’il avait envie d’un enfant, mais que finalement si ça ne marchait pas, ce ne serait pas un drame pour lui. En tout cas moins que pour moi. Comment ne pas culpabiliser ? Ça me fait tellement mal de le savoir dans cet état ? Comment ne pas se dire qu’avec une autre, peut-être, il serait déjà papa ?

Aujourd’hui, je suis perdue. Je ne sais plus ce que je ressens. Je ne sais plus si je pense que cette FIV a des chances de réussir. C’est tellement difficile…

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