Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Des enfants faits main

WaldorfSi vous n’avez pas vu ce documentaire, il vous reste quelques heures pour le voir ici.

Présentation de France 2 : Une évocation des principes qui président au don de gamète et d’embryon, à travers l’activité quotidienne d’un CECOS, un centre dédié à la procréation par don.

Les commentaires journalistiques sont quasi-inexistants, juste quelques phrases de présentation au tout début. Le reste est filmé façon Strip-Tease.

Nous apprenons que :

– les délais d’attente sont terrifiants

– les CECOS ne s’adaptent pas aux contraintes horaires des donneurs potentiels

Il y a deux passages qui ont particulièrement retenu mon attention.

La psy explique qu’un donneur potentiel qui parle des futurs enfants issus de son don en disant « mes enfants » n’est pas prêt à être donneur. Et juste après, on voit un futur donneur se posant des questions sur le devenir de ses enfants et le médecin lui dit simplement qu’il ne faut pas considérer les enfants issus de son don comme ses enfants, sans pour autant lui demander de réfléchir encore un peu.

J’ai d’ailleurs noté que les médecins eux-même ne sont pas au clair au niveau du vocabulaire donneur=père.

A un autre moment, la psy explique que les enfants issus d’un don qui sont en mal-être ont soit été informés très tard (voire à l’adolescence qui est le pire moment pour faire cette annonce), soit ont été informés assez tôt mais avec la consigne de ne surtout en parler à personne. Cela m’a beaucoup rassurée.

Publicités
25 commentaires »

Le choix des mots

MèreAttention, billet positif ! Je me projette !

C’est en discutant avec Lutine, que mes réflexions ont avancé sur le sujet. La question de départ était de savoir comment nommer la donneuse d’ovocytes auprès de notre entourage puis de notre futur enfant. Lutine me disait que je ne serais pas la mère génétique de mon futur enfant, mais que j’en serais la mère biologique. Gros chamboulement dans ma tête ! J’avais jusqu’ici toujours confondu les notions de « mère biologique » et « mère génétique ».

Mais d’abord au fait, c’est quoi une mère ? Je prends mon dictionnaire, Le Petit Robert 2001.

Entre « merdoyer » et « merguez » (et après on s’étonne de galérer !), nous avons :

Mère :

1- Femme qui a mis au monde un ou plusieurs enfants.

3- Femme qui a conçu et porte un enfant.

Mère d’accueil : femme dont l’utérus sert de réceptacle, le temps de la grossesse, à l’ovule fécondé d’une autre femme qui est la mère génétique, biologique. Mère couveuse.

Mère porteuse, mère d’emprunt, mère de substitution : femme inséminée artificiellement qui porte un enfant pour un couple dont la femme est stérile ( abusivement, mère d’accueil ).

Confus, non ? Si je ne m’abuse ce qu’on appelle « mère porteuse » actuellement correspond à la « mère d’accueil » de mon dictionnaire.

Et surtout incomplet. Pas un mot sur la mère adoptive, par exemple !

Voici mon petit dictionnaire perso, à la mode Lily.

Mère génétique : donne à l’enfant son patrimoine génétique.

Mère biologique : donne naissance à l’enfant.

Mère porteuse : mère biologique, non génétique.

Mère légale : mère qui a l’obligation légale de s’occuper de l’enfant. La mère adoptive en est un exemple.

Vraie mère : rayée de mon vocabulaire car cela sous-entend que dans l’histoire il y a une fausse mère. Inexact et insupportable !

Prenons le cas classique, le cas standard, le cas rêvé, le cas fantasmé, le cas qui arrive aux autres et pas à nous, le cas de la femme qui fait l’amour à son mari (ou son amant ;-)) et hop ! neuf mois après un joli bébé dans les bras ! Ça existe ? Supposons que oui. Cette femme est à la fois mère génétique, biologique et légale.

Prenons le cas de l’adoption. Il y a deux mères : celle qui est à la fois la mère génétique et la mère biologique ; et la mère adoptive qui est la mère légale.

Prenons le cas de la GPA. Il y a une mère porteuse et une mère légale-pas-en-France. Si la mère légale-pas-en-France n’est pas la mère génétique, entre en jeu une troisième femme, mère génétique, qui donne ses ovocytes.

Prenons le cas du don d’ovocytes. Il y a la mère biologique qui est aussi la mère légale et il y a la donneuse qui est la mère génétique.

Dans tout ça, il y a un truc qui me chiffonne. Peut-on donner le nom de « mères » à toutes ces femmes ?

Si pour paraphraser Simone, on ne naît pas mère, on le devient, ne devrait-on pas dire « femme porteuse » plutôt que « mère porteuse » ? Loin de moi l’idée de minimiser ce qui peut se passer pendant le temps de la grossesse médicalement (on en parle ici) ou psychologiquement. Bien sûr beaucoup de femmes se sentent déjà mères pendant leur grossesse. Mais le sont-elles réellement ou se projettent-elles en tant que futures mères du futur enfant qu’elles portent ? D’ailleurs moi-même, comme l’indique l’adresse de mon blog, il m’arrive de me sentir mère. Mais je le suis uniquement dans ma tête, pas dans les faits.

Dans le cas de l’adoption, il me semble qu’on peut réellement parler de « mère biologique » sans faire d’abus de langage, dans la mesure où ces femmes ont été dans la majorité des cas des mères aimantes dans les premiers temps de la vie de l’ enfant et que l’adoption doit être vue plus comme un geste d’amour que comme un abandon. Bien sûr il existe des cas beaucoup plus tragiques. Mais comme souvent on est dans l’ignorance de ce qui s’est réellement passé, il me semble que l’expression « mère biologique » est, dans le doute, bien adaptée.

Concernant la donneuse d’ovocytes, peut-on réellement la voir comme une « mère » génétique ? Elle n’a pas désiré avoir cet enfant-là. Elle n’a même jamais entendu parler du futur père. Elle ne verra jamais le bébé et ne s’en occupera jamais.

Quid des pères, me direz-vous ? On relit l’article en remplaçant le « m » par le »p », à ceci près que la gestation masculine n’étant pas d’actualité, on oublie le père porteur. Et celui qu’on appelle communément « père biologique » est en réalité « père génétique ».

Bon, finalement on l’appellera comment cette donneuse d’ovocytes ? Je crois que le mot « donneuse » est celui qui me satisfait le plus. Certaines femmes disent de leur donneuse qu’elle est leur fée et utilisent ce mot pour raconter leur histoire à leur enfant. Cette expression a l’avantage de mettre en évidence la générosité du don. Mais j’ai toujours détesté qu’on raconte des fables aux enfants (le Père Noël, tout ça…) et j’aurais peur que cela crée une confusion dans l’esprit de l’enfant. Il ne s’agit pas de magie, mais de science. La donneuse est une femme réelle, pas un personnage imaginaire.

Alors si la chance me sourit, dans quel cas je risque de sortir mon fusil ? Si on me dit que la donneuse est la mère biologique ou génétique de mon enfant (le mot « mère » ne passant absolument pas) ou pire si on me dit que c’est la « vraie mère » !

Mais j’avoue que j’ai beaucoup de mal avec l’expression « mère biologique » me concernant, car dans le langage courant une mère biologique est supposée être génétique et j’aurais l’impression de mentir par omission en utilisant cette expression.

Je suis impatiente d’avoir vos avis sur cette question un peu complexe !

45 commentaires »