Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Un bébé en 2016, mon plan de bataille

Sonny angelJ’avoue que le titre est un peu trompeur. Je suis loin d’être aussi combative et optimiste, mais j’aimerais l’être.

Tactique n°1 : Le double don

A vrai dire, c’est le point sur lequel je compte le plus. J’espère vraiment améliorer ma récolte d’embryons. Je vous en parlais ici. J’aimerais avoir plus d’embryons vitrifiés, cela me redonnerait confiance sur la qualité des embryons transférés. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que plus il y a d’embryons vitrifiés, plus on peut espérer que les embryons sont de bonne qualité.

J’espère que ça va tout changer, même si paradoxalement, cela veut dire que j’espère que mon chéri a des spermatozoïdes tout bossus tout moches…

J’espère, mais je ne peux m’empêcher de me rappeler l’espoir que j’avais quand j’ai fait ma première FIV, puis ma première FIV DO, alors j’ai très peur de tomber encore une fois de haut.

Tactique n°2 : La médecine chinoise

A ma grande surprise, Cérès m’a demandé d’aller voir un acupuncteur pour mon endomètre.

Ce que j’ai fait.

J’ai eu plusieurs séances avec une jeune femme qui n’a rien de chinois, mais qui m’appelle « très chère madame », ce qui me fait bien rire. C’est une acupunctrice spécialisée dans l’infertilité.

J’ai eu droit à mes petites aiguilles. Elle m’a aussi conseillé de manger moins de laitages. Apparemment, c’est le dada de tous les acupuncteurs, mais en l’occurrence, elle n’a pas tort. Je suis végétarienne depuis 10 ans environ et j’ai tellement peur de manquer de protéines, que je mange beaucoup de laitages pour me rassurer. Le problème, c’est que dans les laitages, il y a aussi beaucoup de lipides. J’avais acheté peu de temps avant un petit livre sur l’alimentation végétarienne et j’avais pu constater que je mangeais beaucoup trop de protéines.

Elle m’a aussi demandé de boire une tisane chinoise pour « épaissir le sang ». Je dois boire une tasse matin et soir, 30 minutes avant le repas, les quinze premiers jours du cycle. Il s’agit du mélange dang gui shao yao san.
Je vais aussi faire une séance post transfert à Brno pour faciliter la nidation. Pile poil ce qu’il me faut !

Tactique n°3 : Rééquilibrage alimentaire

Suite aux remarques de mon accupunctrice, je me suis penchée sur mon alimentation. J’ai acheté un super livre de cuisine. Je me suis mise à préparer des petits plats avec des produits frais. Et tadam ! j’ai perdu 6 kg sans me priver, juste en changeant mes habitudes. Bon d’accord, je n’ai pas perdu tous mes kg de PMA (16 kg), mais je trouve que c’est déjà un bon début.

J’ai demandé à Cérès ce que je pouvais faire, ne pas faire pour favoriser la nidation, ou au moins ne pas la mettre en péril. La réponse a été : « Pas de drogue, pas de café, pas de cola, pas de tabac, pas d’alcool, pas de charges lourdes ». Je ne bois pas de café, mais du déca. Je lui ai demandé si ça allait. Je pensais qu’elle me rirait au nez. Mais pas du tout. Elle m’a dit qu’un déca par jour, ça allait. Et elle a fini par me dire que je pouvais aussi bien arrêter.

Je me suis donc penchée sur le rôle de la caféine dans les fausses couches. Avant, j’avais lu que les femmes enceintes pouvaient boire une à deux tasses de café sans problème. Donc je pensais être tranquille avec mon déca. Mais voilà que je tombe sur cet article. L’étude est ici. Du coup, ni une ni deux, j’ai arrêté le déca  (remplacé par du Roobois) et même le chocolat (très dur !).

Tactique n°4 : Tri dans mes cosmétiques

Là, j’ai conscience d’aller un peu loin. Je ne suis d’ailleurs pas allée tout au bout de mon idée, car c’est un peu difficile à mettre en œuvre.

J’ai essayé de choisir des produits simples pour éviter autant que possible les perturbateurs endocriniens et autres substances controversées.

Plus de gel douche, mais un pain d’Alep bio et équitable.

L’eau micellaire de Caudalie pour le visage.

Toleriane ultra fluide en crème de jour et de nuit. C’est ma pharmacienne qui me l’a conseillé. Pas certaine qu’il n’y ait pas de cochonneries dedans, mais la liste des ingrédients est assez courte, alors ça m’inspire confiance.

Dentifrice Elmex sans menthol. Un petit goût de banane bien étrange.

Tactique n°5 : Des médocs en pagailles

Par rapport aux transferts précédents, j’ai un certain nombre de médicaments en plus.

  • Aspégic 100 mg (1-0-0)
  • Tocopherol 500 mg (1-0-1)
  • Pentoxifylline 400 mg (1-0-1)
  • Gynefam XL (1-0-0) depuis le 1er septembre
  • Vivelledot 100 µg (0-0-2) tous les 2 jours depuis le 12 septembre, puis (0-0-3) tous les 2 jours à partir du 22 septembre
  • Cortancyl 5 mg (2-0-0) depuis le 29 septembre
  • Progestan 200 mg (2-0-2) depuis le 30 septembre
  • Lovenox 4000 UI (0-0-1) depuis le 30 septembre
  • Progestérone retard 500 mg / 2 ml (0-0-1) tous les trois jours à partir du 9 octobre

J’ai commencé cet article il y a une éternité.

Depuis, j’ai eu mon transfert le 5 octobre de deux HB/1. Endomètre de 6,1 mm le 28 septembre.

J’ai appris que j’avais deux HB vitrifiés.

La grosse différence avec les FIV DO, c’est qu’on a eu beaucoup moins de pertes entre J3 et J5.

J’ai eu des douleurs de type « règles » vendredi. C’est la raison pour laquelle, Cérès m’a prescrit en plus du progestan de la progestérone retard. Je n’ai pas bien compris si c’était justifié médicalement ou si c’était pour me déstresser.

Hier soir (J5 post transfert), j’ai eu des traces rosées sur le papier toilette. Cette nuit et ce matin des traces brunâtres. Moins de douleurs, mais un peu quand même et tout tout petit moral.

Bien sûr, je connais toutes ces histoires de grossesses malgré des saignements. Seulement moi, chaque fois que j’ai saigné, ça s’est mal terminé. Si je pouvais faire partie des chanceuses cette fois-ci…

Je termine ce billet en remerciant mon amie Ange qui est toujours là pour me soutenir. Elle m’a offert cet ange tout mignon qui, je l’espère, me portera bonheur. Notez au passage ma pathétique bibliothèque.

Merci aussi à Lutine qui par ses petits mots me montre qu’elle pense toujours à moi.

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Contrôle 2 FIV DO 2

ContrôleJ’ai vraiment l’impression de passer un examen, avec le stress d’être à la hauteur de mes ambitions : avoir un bébé.

Mon endomètre n’a pas eu une bonne note. 5 à peu près, je ne me rappelle même plus, tellement ça me désespère.

Il a encore un peu de temps pour pousser, mais je sais déjà qu’il n’y aura pas de miracle. Je ne pulvériserai pas mon record incroyable de 6 mm. Le point positif est qu’il est bien vascularisé et qu’il a un aspect en triple feuillet. Il paraît que c’est bien.

J’ai demandé à Cérès si en plus d’une difficulté à la nidation, il pouvait y avoir un risque supplémentaire de fausse couche. Elle m’a dit que ça dépendait de la raison pour laquelle l’endomètre était fin (ça peut être suite à un cancer par exemple). Croyez-le si vous pouvez, mais en sortant du rendez-vous, j’ai réalisé que je ne lui avais pas demandé si j’étais dans le cas positif ou non ! [Pour celles qui n’ont pas suivi, j’ai fait deux fausses couches en 2011, suivies de deux curetages qui ont abîmé mon endomètre.]

J’y retourne mardi. La seule chose que Cérès a changé dans mon traitement, c’est le provames du soir que je ne prends plus par voie orale, mais vaginale, ô joie.

Au premier contrôle, Cérès nous avait dit qu’elle préférait qu’on transfère un unique embryon. Ça me chagrine pour plusieurs raisons, une avouable et l’autre moins.

La première est que le transfert de deux embryons augmente significativement les chances de tomber enceinte. Et comme j’ai des problèmes de nidation, je ne dis pas non à une petite chance supplémentaire.

La deuxième est plus contestable. Malgré ma peur de ne jamais être maman, de ne jamais réussir à mener une grossesse à terme, je n’ai toujours pas fait le deuil de ma famille idéale : 3 enfants. Alors l’idée de peut-être avoir des jumeaux (même si dans mon cas, le « risque » est très faible) me rapproche de mon rêve de famille idéale. Comment ça je ne suis pas rationnelle ?

Alors je l’ai interrogé : « Pourquoi pas 2, dis, Madame ? ». Je pensais que la réponse allait être en rapport avec ma cicatrice. Pas du tout. J’ai été opérée parce que j’avais un utérus en Y et il se trouve que les utérus en Y (opérés ou non) sont souvent hyper-contractiles. Il y a donc un risque de prématurité augmenté, j’imagine, par une grossesse gémellaire. En conclusion, elle n’a pas dit non pour deux embryons. Tout dépendra de la qualité de l’endomètre (hmm… j’ai une petite idée là-dessus…) et de celle des embryons. Bref, j’aurai un transfert de deux embryons si les conditions sont très défavorables. Tu sens mon enthousiasme ?

Je suis ressortie de ce rendez-vous avec un tout petit moral. Moi qui essaye de me persuader depuis plusieurs semaines que la réussite est possible en mai, je suis redescendue sur terre. Mon endomètre ne veut rien comprendre. Et comme c’est lui l’obstacle principal…

Hier j’ai pleuré en pensant à ma première fausse couche. Pendant cette première grossesse (toute petite, 9 SG seulement), même si j’étais très inquiète, je ne me suis jamais sentie aussi proche de devenir maman. Pour la première fois mes seins avaient gonflé (sans médocs madame !), mon ventre travaillait (petits tiraillements et gonflement). Moi qui avant avais le ventre plat, j’ai depuis gardé mon bidon, plein de graisse cette fois (15 kg depuis le début des essais bébé…). Mon ventre tour à tour me dégoûte ou me donne l’illusion d’être fertile. Quelquefois, en sentant mes rondeurs, j’ai l’impression d’être en gestation depuis plus de trois ans. Et c’est vrai qu’avant 2011, j’avais déjà un désir d’enfant très fort., mais depuis 2011, j’attends un enfant.

Comme une femme enceinte.

Sauf que non.

Et que c’est beaucoup plus long.

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Le blues du petit vélo

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Au secours ! A l’aide ! Rien ne va plus, je panique !

Il y a quelques semaines, c’était un samedi, je me suis levée avec une idée en tête : m’acheter un vélo. Cela faisait au moins un mois que j’y pensais. Une envie de faire un peu de sport pour faire la guerre à mes 15 kilos de PMA (je ne sais pas si la PMA est la seule responsable, mais ça ne m’a pas aidée, c’est sûr !), une envie de profiter du soleil et du fait que j’habite maintenant à la campagne. Quelques jours plus tôt, mon chéri m’avait dit : « On pourra acheter ton vélo ce week-end, si tu veux. »

Donc le samedi, dès mon réveil, je mettais le mot « vélo » dans toutes mes phrases. Mais très vite mon mari a calmé mon bel enthousiasme d’un : « Oui, bon ça va, j’ai compris ! » Ça m’a vexée. J’ai quitté la pièce et je suis allée… faire du repassage, preuve que j’étais vraiment contrariée car je vous prie de croire que le repassage ne fait pas partie du Top ten de mes activités préférées !

Et là, devant ma table à repasser, je me suis sentie plombée, puis emplie d’une tristesse tellement profonde que j’ai bien compris qu’elle allait au-delà de cette histoire de bicyclette. J’ai tout de suite pensé à mon désir d’enfants comme étant la cause de ma tristesse, même si je ne voyais pas le lien avec ce qui venait de se passer.

Puis, nous sommes allés manger à une pizzéria à côté de chez nous. Nous y allons tous les samedi midi. La clientèle y est très familiale. Alors bien sûr j’ai le cœur serré quand je vois toutes ces petites familles, comme chaque fois que je croise une poussette ou une femme enceinte dans la rue. Mais d’habitude je me contrôle.

Sauf que cette fois-ci, quand nous sommes arrivés, moi toujours un peu morose, devant le restaurant, j’ai vu ce petit enfant trotter devant le buffet et mes larmes se sont mises à couler sans que je les aie vues venir. Puis un serveur nous a placés à une table. Juste derrière ma chaise, il y avait une poussette. Mes larmes ont coulé. En face de moi, il y avait un bébé qui s’est mis à crier. Son cri m’a transpercée, comme s’il avait pénétré toutes les cellules de mon corps. Mes larmes ont coulé. Et un peu plus tard, un couple avec une femme enceinte s’est installé à la table d’à côté. Mes larmes ont encore coulé.

Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je ne supporte plus la moindre contrariété. L’autre jour, mon mari a effacé par mégarde le téléfilm que j’avais enregistré car je n’avais pas pu voir la fin. J’en ai fait un drame.

Demain je reprends le travail. C’est la pré-rentrée. Je n’ai aucune raison de stresser. Je suis au même endroit que l’année dernière et ça s’était très bien passé. Et pourtant, j’ai des bouffées d’angoisse. Je panique. J’ai l’impression d’être submergée. Je suis sous la vague, je ne peux plus respirer.

Si je suis dans cet état-là maintenant, avant le transfert, qu’est-ce que ce sera si vers le 15 octobre ma prise de sang est négative ? Et c’est très possible…

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L’autruche et la cigogne

Ce matin, j’ai arrêté de faire l’autruche. Ce matin, je suis montée sur ma balance. KO debout,  je suis.

Jusqu’ici, je refusais de me peser. Je ne voulais pas que mon poids soit une obsession. Alors mon poids, je le découvrais chez ma gynécologue. C’est vrai que ces derniers temps, je me prenais 4 kg dans la face à chaque visite. Mais je me disais : « Je ne peux pas faire de régime, ça risque de perturber mes hormones ». Et puis la gynécologue, je ne la vois plus trop depuis que je suis en PMA.
Bien sûr, je ne suis pas aveugle, je sais que j’ai encore grossi. Et mes pantalons sont là pour me le rappeler.

J’ai commencé à grossir quand j’ai rencontré mon mari (parfaitement, c’est de sa faute !), sans doute à cause d’un changement de régime alimentaire.

Et puis j’ai pris d’autres kilos quand je suis tombée enceinte. Je me disais bien que je n’étais pas supposé grossir en tout début de grossesse et je m’étais promis de faire attention. Et puis, il y a eu ma fausse couche à 9 SG. Alors mes kilos, je les ai un peu oubliés. Sauf que eux, pendant ce temps-là, ils se multipliaient.

Après ma deuxième fausse couche quelques mois plus tard, je suis allée voir un ostéopathe, en espérant qu’il m’aide à améliorer l’épaisseur de mon endomètre. Je lui ai dit que j’avais pris une dizaine de kilos depuis ma première grossesse. Il me fait remarquer que c’est à peu près le nombre de kilos qu’on doit prendre au cours d’une grossesse menée jusqu’à son terme. La claque ! J’avais déjà fait le lien, mais de se l’entendre dire, ça fait encore plus réfléchir. Avoir un petit ventre, c’était une façon pour moi de rester artificiellement dans mon état de femme enceinte.

Je parle de cette anecdote à ma psy. Et tout d’un coup, j’éclate en sanglots et je réalise que je n’ai pas fait le deuil de ma première grossesse.

Ai-je pour autant commencé un régime ? Ben non. Toujours la peur de déranger mes hormones.

Deux choses m’ont décidée : un article lu sur le net et un petit raisonnement.
L’article disait qu’un surpoids pouvait perturber l’ovulation, voire la bloquer (ce qui n’est pas mon cas) ou entraîner une ovulation de moins bonne qualité (c’est ce qui m’a fait peur).
Voici mon petit raisonnement. Mes règles sont toujours beaucoup plus légères qu’avant ma première grossesse. Alors, qu’est-ce qui a changé ?

1- j’ai un an de plus –> je n’y peux rien
2- j’ai fait deux fausses couches et deux aspirations – -> je n’y peux rien non plus
3- j’ai grossi – – > ah, là je peux peut-être agir…

Mon IMC me disait que j’étais toujours dans la normalité, mais à la limite du surpoids.
Voilà pourquoi je me suis pesée ce matin. Et naturellement, je me suis pris encore plusieurs kilos dans la face. Eh bien c’est officiel, je suis maintenant en surpoids médical. KO debout.

Dans un souci de transparence et en espérant que cela fasse l’effet « alcooliques anonymes », je vous fais mon coming out.
Bonjour, je m’appelle Lily, 1 m 68 et 74,6 kg.

Dire que pendant des années, je faisais 59 kg et je complexais car je pensais que j’aurais dû en faire 3 de moins. Tu parles ! J’aurais dû arborer fièrement mon poids sur un T-shirt fluo, oui !

C’est formidable, me voilà avec une obsession de plus. Après l’obsession de l’ovulation, de la courbe de températures, de l’arrivée des règles, de leur abondance et j’en passe et des meilleures, voici l’obsession de la perte de poids, youpi !

Franchement, comment c’est possible ? Je ne pensais vraiment pas que je pourrais faire ce poids-là un jour, ou alors en le faisant exprès en me gavant comme une oie. Eh ben non, même pas fait exprès et en quelques mois en plus…

Alors je vous fais un petit calcul : 74,6 – 59 = 15,6 kg : le poids de mon désir d’enfant.

Il est 18 h 35. Quand est-ce qu’on mange ? J’ai un petit creux depuis 15 h, moi !

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