Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Contrôle 2 FIV DO 2

ContrôleJ’ai vraiment l’impression de passer un examen, avec le stress d’être à la hauteur de mes ambitions : avoir un bébé.

Mon endomètre n’a pas eu une bonne note. 5 à peu près, je ne me rappelle même plus, tellement ça me désespère.

Il a encore un peu de temps pour pousser, mais je sais déjà qu’il n’y aura pas de miracle. Je ne pulvériserai pas mon record incroyable de 6 mm. Le point positif est qu’il est bien vascularisé et qu’il a un aspect en triple feuillet. Il paraît que c’est bien.

J’ai demandé à Cérès si en plus d’une difficulté à la nidation, il pouvait y avoir un risque supplémentaire de fausse couche. Elle m’a dit que ça dépendait de la raison pour laquelle l’endomètre était fin (ça peut être suite à un cancer par exemple). Croyez-le si vous pouvez, mais en sortant du rendez-vous, j’ai réalisé que je ne lui avais pas demandé si j’étais dans le cas positif ou non ! [Pour celles qui n’ont pas suivi, j’ai fait deux fausses couches en 2011, suivies de deux curetages qui ont abîmé mon endomètre.]

J’y retourne mardi. La seule chose que Cérès a changé dans mon traitement, c’est le provames du soir que je ne prends plus par voie orale, mais vaginale, ô joie.

Au premier contrôle, Cérès nous avait dit qu’elle préférait qu’on transfère un unique embryon. Ça me chagrine pour plusieurs raisons, une avouable et l’autre moins.

La première est que le transfert de deux embryons augmente significativement les chances de tomber enceinte. Et comme j’ai des problèmes de nidation, je ne dis pas non à une petite chance supplémentaire.

La deuxième est plus contestable. Malgré ma peur de ne jamais être maman, de ne jamais réussir à mener une grossesse à terme, je n’ai toujours pas fait le deuil de ma famille idéale : 3 enfants. Alors l’idée de peut-être avoir des jumeaux (même si dans mon cas, le « risque » est très faible) me rapproche de mon rêve de famille idéale. Comment ça je ne suis pas rationnelle ?

Alors je l’ai interrogé : « Pourquoi pas 2, dis, Madame ? ». Je pensais que la réponse allait être en rapport avec ma cicatrice. Pas du tout. J’ai été opérée parce que j’avais un utérus en Y et il se trouve que les utérus en Y (opérés ou non) sont souvent hyper-contractiles. Il y a donc un risque de prématurité augmenté, j’imagine, par une grossesse gémellaire. En conclusion, elle n’a pas dit non pour deux embryons. Tout dépendra de la qualité de l’endomètre (hmm… j’ai une petite idée là-dessus…) et de celle des embryons. Bref, j’aurai un transfert de deux embryons si les conditions sont très défavorables. Tu sens mon enthousiasme ?

Je suis ressortie de ce rendez-vous avec un tout petit moral. Moi qui essaye de me persuader depuis plusieurs semaines que la réussite est possible en mai, je suis redescendue sur terre. Mon endomètre ne veut rien comprendre. Et comme c’est lui l’obstacle principal…

Hier j’ai pleuré en pensant à ma première fausse couche. Pendant cette première grossesse (toute petite, 9 SG seulement), même si j’étais très inquiète, je ne me suis jamais sentie aussi proche de devenir maman. Pour la première fois mes seins avaient gonflé (sans médocs madame !), mon ventre travaillait (petits tiraillements et gonflement). Moi qui avant avais le ventre plat, j’ai depuis gardé mon bidon, plein de graisse cette fois (15 kg depuis le début des essais bébé…). Mon ventre tour à tour me dégoûte ou me donne l’illusion d’être fertile. Quelquefois, en sentant mes rondeurs, j’ai l’impression d’être en gestation depuis plus de trois ans. Et c’est vrai qu’avant 2011, j’avais déjà un désir d’enfant très fort., mais depuis 2011, j’attends un enfant.

Comme une femme enceinte.

Sauf que non.

Et que c’est beaucoup plus long.

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Le blues du petit vélo

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Au secours ! A l’aide ! Rien ne va plus, je panique !

Il y a quelques semaines, c’était un samedi, je me suis levée avec une idée en tête : m’acheter un vélo. Cela faisait au moins un mois que j’y pensais. Une envie de faire un peu de sport pour faire la guerre à mes 15 kilos de PMA (je ne sais pas si la PMA est la seule responsable, mais ça ne m’a pas aidée, c’est sûr !), une envie de profiter du soleil et du fait que j’habite maintenant à la campagne. Quelques jours plus tôt, mon chéri m’avait dit : « On pourra acheter ton vélo ce week-end, si tu veux. »

Donc le samedi, dès mon réveil, je mettais le mot « vélo » dans toutes mes phrases. Mais très vite mon mari a calmé mon bel enthousiasme d’un : « Oui, bon ça va, j’ai compris ! » Ça m’a vexée. J’ai quitté la pièce et je suis allée… faire du repassage, preuve que j’étais vraiment contrariée car je vous prie de croire que le repassage ne fait pas partie du Top ten de mes activités préférées !

Et là, devant ma table à repasser, je me suis sentie plombée, puis emplie d’une tristesse tellement profonde que j’ai bien compris qu’elle allait au-delà de cette histoire de bicyclette. J’ai tout de suite pensé à mon désir d’enfants comme étant la cause de ma tristesse, même si je ne voyais pas le lien avec ce qui venait de se passer.

Puis, nous sommes allés manger à une pizzéria à côté de chez nous. Nous y allons tous les samedi midi. La clientèle y est très familiale. Alors bien sûr j’ai le cœur serré quand je vois toutes ces petites familles, comme chaque fois que je croise une poussette ou une femme enceinte dans la rue. Mais d’habitude je me contrôle.

Sauf que cette fois-ci, quand nous sommes arrivés, moi toujours un peu morose, devant le restaurant, j’ai vu ce petit enfant trotter devant le buffet et mes larmes se sont mises à couler sans que je les aie vues venir. Puis un serveur nous a placés à une table. Juste derrière ma chaise, il y avait une poussette. Mes larmes ont coulé. En face de moi, il y avait un bébé qui s’est mis à crier. Son cri m’a transpercée, comme s’il avait pénétré toutes les cellules de mon corps. Mes larmes ont coulé. Et un peu plus tard, un couple avec une femme enceinte s’est installé à la table d’à côté. Mes larmes ont encore coulé.

Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je ne supporte plus la moindre contrariété. L’autre jour, mon mari a effacé par mégarde le téléfilm que j’avais enregistré car je n’avais pas pu voir la fin. J’en ai fait un drame.

Demain je reprends le travail. C’est la pré-rentrée. Je n’ai aucune raison de stresser. Je suis au même endroit que l’année dernière et ça s’était très bien passé. Et pourtant, j’ai des bouffées d’angoisse. Je panique. J’ai l’impression d’être submergée. Je suis sous la vague, je ne peux plus respirer.

Si je suis dans cet état-là maintenant, avant le transfert, qu’est-ce que ce sera si vers le 15 octobre ma prise de sang est négative ? Et c’est très possible…

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L’autruche et la cigogne

Ce matin, j’ai arrêté de faire l’autruche. Ce matin, je suis montée sur ma balance. KO debout,  je suis.

Jusqu’ici, je refusais de me peser. Je ne voulais pas que mon poids soit une obsession. Alors mon poids, je le découvrais chez ma gynécologue. C’est vrai que ces derniers temps, je me prenais 4 kg dans la face à chaque visite. Mais je me disais : « Je ne peux pas faire de régime, ça risque de perturber mes hormones ». Et puis la gynécologue, je ne la vois plus trop depuis que je suis en PMA.
Bien sûr, je ne suis pas aveugle, je sais que j’ai encore grossi. Et mes pantalons sont là pour me le rappeler.

J’ai commencé à grossir quand j’ai rencontré mon mari (parfaitement, c’est de sa faute !), sans doute à cause d’un changement de régime alimentaire.

Et puis j’ai pris d’autres kilos quand je suis tombée enceinte. Je me disais bien que je n’étais pas supposé grossir en tout début de grossesse et je m’étais promis de faire attention. Et puis, il y a eu ma fausse couche à 9 SG. Alors mes kilos, je les ai un peu oubliés. Sauf que eux, pendant ce temps-là, ils se multipliaient.

Après ma deuxième fausse couche quelques mois plus tard, je suis allée voir un ostéopathe, en espérant qu’il m’aide à améliorer l’épaisseur de mon endomètre. Je lui ai dit que j’avais pris une dizaine de kilos depuis ma première grossesse. Il me fait remarquer que c’est à peu près le nombre de kilos qu’on doit prendre au cours d’une grossesse menée jusqu’à son terme. La claque ! J’avais déjà fait le lien, mais de se l’entendre dire, ça fait encore plus réfléchir. Avoir un petit ventre, c’était une façon pour moi de rester artificiellement dans mon état de femme enceinte.

Je parle de cette anecdote à ma psy. Et tout d’un coup, j’éclate en sanglots et je réalise que je n’ai pas fait le deuil de ma première grossesse.

Ai-je pour autant commencé un régime ? Ben non. Toujours la peur de déranger mes hormones.

Deux choses m’ont décidée : un article lu sur le net et un petit raisonnement.
L’article disait qu’un surpoids pouvait perturber l’ovulation, voire la bloquer (ce qui n’est pas mon cas) ou entraîner une ovulation de moins bonne qualité (c’est ce qui m’a fait peur).
Voici mon petit raisonnement. Mes règles sont toujours beaucoup plus légères qu’avant ma première grossesse. Alors, qu’est-ce qui a changé ?

1- j’ai un an de plus –> je n’y peux rien
2- j’ai fait deux fausses couches et deux aspirations – -> je n’y peux rien non plus
3- j’ai grossi – – > ah, là je peux peut-être agir…

Mon IMC me disait que j’étais toujours dans la normalité, mais à la limite du surpoids.
Voilà pourquoi je me suis pesée ce matin. Et naturellement, je me suis pris encore plusieurs kilos dans la face. Eh bien c’est officiel, je suis maintenant en surpoids médical. KO debout.

Dans un souci de transparence et en espérant que cela fasse l’effet « alcooliques anonymes », je vous fais mon coming out.
Bonjour, je m’appelle Lily, 1 m 68 et 74,6 kg.

Dire que pendant des années, je faisais 59 kg et je complexais car je pensais que j’aurais dû en faire 3 de moins. Tu parles ! J’aurais dû arborer fièrement mon poids sur un T-shirt fluo, oui !

C’est formidable, me voilà avec une obsession de plus. Après l’obsession de l’ovulation, de la courbe de températures, de l’arrivée des règles, de leur abondance et j’en passe et des meilleures, voici l’obsession de la perte de poids, youpi !

Franchement, comment c’est possible ? Je ne pensais vraiment pas que je pourrais faire ce poids-là un jour, ou alors en le faisant exprès en me gavant comme une oie. Eh ben non, même pas fait exprès et en quelques mois en plus…

Alors je vous fais un petit calcul : 74,6 – 59 = 15,6 kg : le poids de mon désir d’enfant.

Il est 18 h 35. Quand est-ce qu’on mange ? J’ai un petit creux depuis 15 h, moi !

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