Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

FIV DO 3

cercle-vicieuxJe n’écris plus car je n’ai rien à dire. Rien de nouveau.

Que dire de ma FIV DO 3 ? Elle ressemble étrangement à FIV DO 1 ou FIV DO 2, sauf l’issue : pds négative. Mais quelle importance au fond, GEU, FC ou pds -, il n’y a pas de bébé.

J’ai dû attendre longtemps mon rendez-vous avec Cérès. J’étais complètement désemparée. Mon endomètre avait pourtant atteint l’épaisseur record de 6,6 mm. Du jamais vu ! J’étais aussi très perturbée par l’évolution de mes embryons. Pour FIV DO 3, nous avions demandé une donneuse « confirmée » et pourtant, j’ai trouvé que l’évolution était pire que les fois précédentes. Et était-il normal que sur 3 FIV DO, nous n’ayions en tout et pour tout qu’un seul embryon vitrifié ? Et si on accusait mon endomètre, alors qu’en fait c’était les embryons qui n’étaient pas de bonne qualité ?

J’ai même fait un tableau récapitulatif que j’ai montré à Cérès.

Evolution des embryons (2)Les annotations sont de Cérès. A mon grand soulagement, elle a convenu que ce n’était pas terrible. Pour elle, seule la première FIV DO tient la route. Après, ça se dégrade un peu plus chaque fois. Ce qui l’étonne, c’est que normalement, les pertes embryonnaires entre J1 et J3 sont imputables à la qualité des ovocytes, c’est pourquoi nous avions demandé une donneuse « confirmée » pour FIV DO 3. Elle nous a demandé si notre donneuse était « confirmée » parce qu’elle avait des enfants ou parce qu’elle avait permis la naissance d’enfants via un don (la deuxième cause est une meilleure garantie). Je me suis renseignée auprès de la clinique : notre donneuse est maman et a permis la naissance d’un enfant par don.

Donc, Cérès envisage que, peut-être, il y aurait un problème du côté de mon chéri, problème qui n’apparaît pas sur le papier (ses analyses étaient même meilleures pour FIV DO 2 et 3 que pour FIV DO 1). Parfois quand les FIV DO ne fonctionnent pas, on passe au double don et ça marche. On ne sait pas pourquoi, mais on peut quand même en déduire que, sans doute, il y avait un souci du côté masculin.

Conclusion : on fait le TEV de notre unique vitrifié et si ça ne marche pas, on passe au double don.

Je ne vais pas dire que je suis heureuse, car je n’ai toujours pas la certitude d’avoir un jour un bébé dans les bras, mais je suis contente qu’enfin on s’intéresse au facteur masculin, parce qu’avec mon endomètre fin, j’ai toujours pensé qu’il me fallait des embryons super costauds et je ne suis pas convaincue que c’était le cas.

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FIV DO 2 – J2

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Trois articles le même jour, du jamais vu !
Celui-ci sera très court.
Aujourd’hui à J2, nous avons 7 embryons de 4 cellules.
J5 est encore loin, mais pour l’instant nos petits embryons se divisent bien sagement.
A suivre…

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FIV DO 2 – J1

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Notre donneuse est blonde aux yeux bleus, O+, née en 1987.
Mon chéri s’est bien recueilli lundi à J0.
Mardi, nous avons eu des nouvelles de la clinique : 11 ovocytes ponctionnés, dont 8 mâtures.
Hier, à J1, il y avait 7 embryons qui évoluaient, comme pour FIV DO 1.
La suite au prochain épisode…

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Calme plat

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J’ai eu mon dernier contrôle chez Cérès. Il y a toujours le triple feuillet, la bonne vascularisation et… l’épaisseur de 5 mm !
Voilà voilà… Je ne m’attendais pas à ce que mon endomètre s’envole, mais j’espérais quand même une légère augmentation. Il est aussi « épais » que pour ma première fiv do. Cerise sur le gâteau, j’ai appris qu’en septembre, je n’avais pas le triple feuillet, contrairement à ce que je croyais. Bizarre…
J’ai la réponse à ma question de la semaine précédente. Mon endomètre fin est un facteur de risque pour une fausse couche précoce, mais moins que si j’avais en plus des synéchies. J’hésite à laisser éclater ma joie. C’est mieux que pire en tout cas.
J’ai aussi demandé : alors, 1 ou 2 ?
Si j’ai bien compris, la grossesse gémellaire est une mauvaise idée car on craint que mon utérus soit hypercontractile (mais on ne peut le savoir vraiment qu’au cours de la grossesse). Cérès n’est pourtant pas opposée à un transfert double car elle comprend qu’on ait envie de maximiser nos chances. Elle dit que c’est à nous de décider, à voir en fonction de la qualité des embryons aussi. Mon mari a demandé s’il y avait un risque pour moi, elle répondu que si je faisais une fausse couche à 5 mois de jumeaux, ce n’était pas rien. Evidemment l’évocation d’une fausse couche à 5 mois ne m’a pas fait rire. Alors Cérès a dit tranquillement « Je vous sens inquiète. Il ne faut en transférer qu’un si vous êtes inquiète. » Sont drôles ces médecins quand même…
Je vous parle de la discussion qui a suivi avec mon chéri plus tard. J’étais au bord de l’implosion.

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Morceaux de vie + edit du 30 mars

 

 

MonetContrôle de cicatrisation

J’ai eu mon rendez-vous. Naïvement, je pensais qu’il s’agissait d’une simple échographie. Quand j’ai compris que ce serait une hystéroscopie, j’ai verdi, je pense. J’avais tellement eu mal aux deux premières !

Et ce fut pire, parce que beaucoup beaucoup plus long. Pour la première fois, on m’a proposé un masque à gaz. Mais soit c’était trop tard, soit le gaz était trop léger, je n’ai pas vraiment senti la différence.

Bref, j’ai pleuré et gémi avec élégance et dignité.

Elle a enlevé une synéchie à l’entrée du col. La cavité est maintenant de taille normale. Youpi ! La forme est aussi normale, à part un fond légèrement arqué. Quant à la cicatrisation, elle n’en a pas parlé. Je suppose que c’est bon, je n’étais pas du tout en état de poser la moindre question pertinente.

 

Rendez-vous avec Cérès

J’ai eu mon protocole. Piqûre de décapeptyl le 28 mars. Déjà ! Ben oui, bizarrement, je ne m’attendais pas à ce que ça commence si tôt. Patchs de Vivelledot comme la dernière fois. Mais cette fois-ci Provames oral pour commencer, au lieu de vaginal. Je préfère, sauf que les effets secondaires ne sont pas terribles paraît-il. Autre nouveauté : le décapeptyl est à J20-21 au lieu de J2-3.

Cérès trouve que le spermogramme de mon chéri est meilleur que la dernière fois (bon, moi je le trouvais pire, mais c’est elle le médecin). Tant mieux. Il prend quand même des vitamines, histoire d’être au top du top.

 

Ma belle-mère

On vient d’apprendre qu’elle a un lymphome du manteau, un cancer qui ne se guérit pas. Elle commence une chimio. La récidive vient toujours. On prolonge juste la vie de quelques années. Je suis triste pour elle, triste pour mon mari et ça remue aussi beaucoup de mauvais souvenirs (ma mère est morte d’un cancer du sein). Elle rêve de voir son fils papa. Et lui rêve que sa mère nous voit réussir. Pression pression.

 

Gros stress

Hier, j’ai fait une analyse de sang le matin. Dosage de progestérone et contrôle de thyroïde. Je n’ai jamais eu de problème de thyroïde, mais il vaut mieux vérifier de temps en temps.

Cérès m’avait dit de faire ma piqûre de décapeptyl le soir de l’analyse APRÈS CONFIRMATION DE SA PART. Tu sens venir le drame ou pas ?

L’après-midi, je vais à mon cours de guitare dzing dzing. Je termine à 17h et ça tombe bien, les résultats sont disponibles au labo à partir de 17h. Je les récupère. Tout a l’air normal, mais je ne suis pas médecin. Je me dis soudain que c’est bizarre de ne pas avoir reçu d’appel du secrétariat de Cérès. Alors, je téléphone. Je tombe sur un répondeur qui me dit que le secrétariat ferme à 17h. Haaaaaaaaaaaaaaaaa ! Naturellement, le répondeur ne prend pas les messages. Je n’ai donc aucun moyen de joindre Cérès qui pourtant est encore certainement au cabinet. A tout hasard, j’envoie un mail affolé, mais les mails sont gérés par les secrétaires, donc pas de réponses. Je croise les doigts pour que Cérès ait l’intelligence de regarder son fax avant de partir. Mais point d’appel de Cérès. J’appelle mon chéri en panique. Il me culpabilise à mort en me disant qu’il me faisait confiance, qu’il pensait que je gérais, que j’aurais dû penser à l’heure de fermeture du cabinet, que si je voulais qu’il s’occupe de tout, il n’y avait pas de problème, il suffisait de demander. Bon là j’ai raccroché, car je déteste quand il prend ses grands airs et m’infantilise en me traitant d’incapable. J’ai pleuré comme une fontaine.

J’ai lancé un SOS sur le forum maia. Je me suis crue sauvée quand une maia girl me dit d’envoyer un mail en urgence à la coordinatrice de la clinique ou de me servir du numéro de téléphone de la clinique joignable 24h/24. Sauf que la coordinatrice me dit qu’il n’y a plus de médecin à la clinique et qu’elle n’a aucun moyen de joindre un médecin (??!!) et que la personne à qui j’ai parlé à la clinique dans un anglais pitoyable m’a fait la même réponse. Seule et abandonnée de tous, j’ai finalement pris le « risque » de faire ma piqûre de décapeptyl. Une maia girl sage-femme m’a confortée dans mon choix. Alea jacta est.

Merci à Ange qui a pris le temps de répondre à mes sms de foldinguotte ! Je me suis sentie un peu moins seule.

Donc voilà, piqûre faite. J’attends la réaction de Cérès lundi avec un peu d’appréhension quand même.

 

[Edit du 30 mars 2014]

Hier soir, plus de 24h après mon mail SOS, je reçois un mail de Cérès qui me demande si j’ai reçu une réponse (??? ce n’est pas elle qui donne les avis médicaux ???). Je lui ai répondu que sans réponse de sa part, j’ai pris l’initiative de me faire piquer, en espérant avoir eu raison. J’ai joint mes analyses. Et j’ai attendu, attendu, attendu…

Et ce matin, je reçois le message très bref, mais si important « Vous avez eu raison. » Ouf ! Petite larme de soulagement quand même….

 

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Post Op’

Miss UtérusLundi, le réveil sonne à 4h30. Eh oui, je dois être à l’hôpital à 6h30…

A mon arrivée, je demande aussitôt à l’infirmière qui m’opère. Ouf, c’est bien Nanard ! Ce n’est pas que je sois contre le côté universitaire du CHU, mais quand il s’agit de mon utérus, je préfère être opérée par le Grand Professôr (surtout qu’il s’agit de son opération chouchoute), plutôt que par un étudiant balbutiant qui ferait son apprentissage sur cette partie de moi on ne peut plus sensible et délicate. A cette annonce, je me sens grandement soulagée. Car il faut vous dire que je n’en menais pas large. Peur de prendre la mauvaise décision qui mettrait en péril mes chances d’avoir un jour un bébé.

Je tiens à préciser que j’ai néanmoins donné de ma personne pour aider à la formation d’une charmante infirmière qui m’a massacré la main gauche pendant de longues minutes pour tenter de me mettre la perfusion. En vain. Son mentor m’a massacré de nouveau la main gauche sur une autre veine pendant de longues minutes en lui expliquant bien comment il fallait faire. Sans succès. Et enfin un collègue m’a posé la perfusion sur la main droite en 3 secondes. Ouf ! J’ai encore des bleus

Dodo…

A mon réveil, je n’ai pratiquement rien senti. J’étais super fatiguée, mais rien d’étonnant après un réveil aux aurores et une anesthésie générale. Plus étrange, j’étais aussi très énervée : aucune patience, envie de me lever tout en étant épuisée. Très bizarre. Je me suis calmée quand l’infirmière est venue me donner des anti-douleurs ( même si je n’avais pas mal ). Je la soupçonne de m’avoir donné aussi, ni vu ni connu, une deuxième dose d’anxiolytiques ( la première ayant été administrée juste avant l’intervention chirurgicale ), car la nuit de lundi à mardi, je n’ai pratiquement pas fermé l’œil de la nuit. En mettant tout bout à bout, je n’ai pas dû dormir plus d’une heure. Mais maintenant, ça va, je suis sevrée.

Dans l’après-midi, Nanard est passé me voir. Il remonte dans mon estime car d’ordinaire le chirurgien ne se déplace pas et envoie l’interne de service. C’est du moins mon expérience.

Il m’a dit que l’opération s’est bien passé ( ouf ! ) et qu’il était content ( ah ben moi aussi alors ! ). Il est très confiant en ce qui concerne la cicatrisation. J’ai un rendez-vous le 14 mars pour vérifier tout ça, mais il nous encourage à planifier dès maintenant un nouvel essai pour la fin avril. Hou la la ! Je me suis sentie légère, légère, légère ! Rassurée et presque confiante.

Mon utérus fait le beau et envisage de participer à Miss France !

Le lendemain, j’ai envoyé un mail à la clinique. Quelques jours plus tard, j’ai eu une proposition de date : la semaine du 12 mai. Le hic, c’est que ça ne tombe toujours pas pendant les vacances scolaires et que pour moi, c’est la galère, comme je l’ai expliqué ici.

Mais bon, chaque problème en son temps. Pour l’instant, le soleil brille à nouveau. Profitons-en !

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La suite de l’aventure

Marionnette achetée à Prague l'été 2012

Marionnette achetée à Prague l’été 2012

Cela fait des semaines, des mois que j’essaye d’écrire un article sur ce que je ressens par rapport au don d’ovocytes. Je trouve ça très compliqué car c’est difficile à exprimer et que mon humeur est fluctuante sur le sujet.

En attendant je vais aborder le don de manière plus factuelle.

Comme beaucoup le savent déjà, nous sous sommes décidés pour un don d’ovocytes en République Tchèque. Le transfert est prévu fin septembre.

Je suis suivie par Cérès. Pour celles qui suivent, c’est la gynéco d’Irouwen, la gyné D de Mon petit trésor et la Croquette de loLo.

Je l’ai trouvée agréable et surtout très professionnelle.

J’ai fait un cycle d’essai de préparation de l’endomètre. Il a atteint 5,8 mm en triple feuillet. Je suis naturellement horriblement déçue (et inquiète). Mais Cérès a sorti de son tiroir son échographie fétiche, celle d’un endomètre sans triple feuillet de 4 mm qui a permis la naissance de jumeaux. Cérès ne pense pas que je puisse dépasser les 6 mm.

Je vous disais ici que mon utérus en T ou en Y me permettait d’avoir une grossesse. J’avais fait en février une hystéroscopie avec un grand ponte de l’utérus (j’imagine sa carte de visite !). Pour affiner son diagnostique et savoir si une opération était judicieuse, il avait demandé à un collègue une échographie complémentaire. Il en avait conclu qu’une opération était inutile car la cavité utérine était suffisamment grande pour permettre une grossesse.

Sauf que… suite à une petite bulle observée au cours d’une échographie lors de mon cycle d’essai, Cérès m’a demandé de faire une autre hystéroscopie. J’ai passé un grand moment avec la spécialiste recommandée par Cérès. Tout d’abord, je remarque qu’elle écrit en trempant une plume dans un encrier. C’est pas bizarre, ça ? ? ? J’aurais dû me méfier… Ensuite, elle m’a fait tout un cinéma quand je lui ai dit que j’avais eu très mal avec le grand ponte de février. Regardez-moi dans les yeux ! Vous n’aurez pas mal ! Vous entendez ? Et comme de bien entendu… elle m’a fait très mal… Puis après avoir regardé le compte-rendu du grand ponte, elle me dit qu’elle n’était pas aussi optimiste. Elle commence par me rassurer sur la petite bulle qui n’est rien d’après elle et sur la muqueuse utérine qui est bien rosée pour m’assommer d’un grand coup : il est hors de question d’avoir une grossesse gémellaire ; il est hors de question de travailler pendant ma grossesse ; il est hors de question de penser pouvoir mener une grossesse à terme. Évidemment, j’ai pleuré. Jusqu’ici, je n’avais peur que des fausses couches précoces, voilà maintenant qu’on me présente le spectre de la fausse couche tardive…

Finalement Cérès n’était pas aussi alarmiste. En septembre, je ferai un transfert de deux blastocystes. En octobre, après la PDS (pour ne pas me perturber si le diagnostic est mauvais), si elle est négative, Cérès veut que je  vois deux grands pontes de l’utérus pour savoir si je dois me faire opérer. Finalement, comme l’un des grands pontes est celui que j’ai vu en février, je n’en verrai qu’un. Elle pense que mon endomètre fin est une conséquence de mes aspirations. Pourquoi aucun médecin ne m’a parlé de ce risque ? Elle dit qu’il y a deux possibilités. Soit la forme de mon utérus est la même depuis toujours et on ne pourra rien y changer. Soit elle est dû à des adhérences post-aspiration, des sortes de cicatrices qu’on pourrait opérer. Dans ce dernier cas, elle dit qu’il faut que je me fasse opérer par Grand Ponte et personne d’autre. J’avoue que l’idée de me faire opérer, même par Grand Ponte en personne, me terrorise. J’ai peur que cela n’aggrave la situation.

Voilà, voilà… Avec mon problème d’endomètre fin et d’utérus en Y, je ne sais pas ce que je peux espérer de mes chances de réussite en FIV-DO. D’où beaucoup, beaucoup, beaucoup d’angoisse.

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Le bout du monde

Depuis quelques semaines, quelques mois, je navigue entre deux eaux.

Merci beaucoup pour vos gentils messages. Je suis beaucoup moins présente sur les blogs, le mien et celui des autres. Vous connaissez ce sentiment d’exclusion qu’on ressent dans la vie réelle face à ces femmes qui passent sans y penser du désir d’enfant à la maternité ? Eh bien je découvre désormais le sentiment d’exclusion dans le monde de la PMA. Je vous envie, vous les pmettes qui espérez encore (et à juste titre !), je me sens à nouveau seule. Vous n’y êtes pour rien. J’ai l’impression d’avoir quitté le navire pour l’Australie. Je suis dans ma petite chaloupe et je ne sais pas si/où je vais accoster.

Contrairement à certaines d’entre vous, je n’arrive pas à me dire qu’une vie sans enfant peut aussi être belle. Je ne peux pas m’y projeter, je n’y arrive tout simplement pas. Et ces échecs accumulés combinés au temps qui passe me renvoient cette image d’une vie sans enfant, vie dont je ne veux pas. Alors j’arrête de bouger, de respirer, comme pour arrêter le temps, comme si j’espérais qu’ainsi la réalité ait moins de prise sur moi.

Je suis allée machinalement voir Panoramix pour un bilan post-fiv. Il ne nous a rien proposé. Il est vrai que mon mari l’a tout de suite interrogé sur le don d’ovocytes. Panoramix pense que c’est sans doute notre meilleure chance. Il n’exclut pas un bébé couette (pourtant avec mes ovocytes ridés, les spermatozoïdes bossus de mon chéri et mon endomètre en papier à cigarette, j’ai plus de chance de gagner au loto, je pense). Il ne croit pas que la fiv classique améliorerait nos chances. Mais comme si toutes ces bonnes nouvelles ne suffisaient pas, il nous a parlé de la fameuse circulaire qu’il avait reçue deux jours auparavant. Je vous la livre ici à l’état brut. Car dans beaucoup d’articles, on peut lire qu’elle ne vise que les médecins qui se feraient graisser la patte par les cliniques étrangères alors qu’en réalité elle s’adresse à tous les médecins qui aident d’une façon ou d’une autre les couples à recourir au don d’ovocytes à l’étranger. Si bien que beaucoup de gynécologues font dans leur culotte et refusent de prescrire les médicaments nécessaires à la receveuse et de la suivre médicalement jusqu’au transfert.

Vendredi prochain, nous retournons voir Saint-Pierre. Ils nous avait demandé des analyses complémentaires. Nous les avons faites. Nous n’avons pas encore tous les résultats, mais Saint-Pierre les aura vendredi. De ce que j’ai compris des résultats que j’ai reçus, ils ne sont pas très fameux.

  • J’ai un utérus en T, mais heureusement la cavité utérine est suffisamment grande pour permettre une grossesse, ouf… Mais ça m’inquiète un peu quand même…
  • Je peux oublier mon endomètre de 8 mm à j12 lors de ma fiv 1 bis. Je me suis réjouie trop vite. Un spécialiste que j’ai vu a remarqué que les croix étaient mal placées sur l’échographie (c’est trop demandé d’avoir des médecins compétents, sans blague ???). Il faut donc plutôt lire 6 mm.
  • Mon AMH est stationnaire : elle est passée de 1,3 à 1,47.
  • Ma FSH grimpe : elle était de 6, 88 et la voilà à 10,7. J’ai lu quelque part que des couples étaient refusés en PMA quand la FSH dépassait 10.

J’ai adhéré à Maia. Le forum est super intéressant. Mais avec cette circulaire et mon endomètre, je ne sais pas si le don d’ovocytes sera possible.

Mon Rendez-vous de vendredi me terrifie. Comment vais-je le supporter si les nouvelles sont mauvaises ? Croisez les doigts pour moi, j’en ai besoin…

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Le don d’Irouwen

Ce matin (26 décembre), j’ai fait un test de grossesse. Vous savez, les tests bandelettes vendus sur Internet. Les deux fois où je suis tombée enceinte, j’avais fait un test bandelette à 12 DPO et le test avait été positif. Et là, j’ai voulu en faire un à 13 DPO, malgré les douleurs ressenties dans le ventre et dans le dos, malgré les seins peu douloureux, malgré ma certitude que mes règles allaient arriver. Et naturellement, c’est négatif. Mes trois petits embryons n’ont pas réussi à s’accrocher. Pas de magie de Noël pour moi.

Je ne vais pas vous parler de mes larmes, car je sais qu’il vous est facile de les imaginer et de les comprendre. Je ne vous parlerai pas non plus de ma peur de voir ma sœur demain avec ses deux petits bouts de choux aux yeux qui brillent, parce que ça aussi vous connaissez.

[EDIT du vendredi 4 janvier : Prise de sang le 31 décembre. Résultat le 2 janvier et sans surprise, le taux de BHCG est de 0. Et pourtant, ça fait quand même très mal… J1 hier. Vous le saviez que l’utrogestan et le provames retardaient l’arrivée des règles ? Heureusement que je me suis renseignée sur internet car mon médecin ne m’avait pas prévenue. Peut-être trouvait-il amusant de me donner de faux espoirs ?]

Non, aujourd’hui je préfère vous offrir mon cadeau de Noël. Il est en préparation depuis plusieurs semaines déjà. A vrai dire, ce n’est pas moi qui vous l’offre, c’est Irouwen, une jolie et heureuse maman de deux adorables bébés. Irouwen est devenue maman grâce au don d’ovocytes et je lui ai posé toutes les questions qui me passaient par la tête. J’avais remarqué qu’Irouwen, malgré son bonheur d’être enfin maman, n’a pas oublié pour autant son parcours difficile et toutes ces mamans encore en mal d’enfants. Elle a toujours un petit mot gentil pour encourager ou consoler les pmettes qui en ont besoin. C’est pourquoi j’ai osé lui demander de prendre sur son temps (pourtant très compté) pour répondre à mes questions. Et à ma grande joie, elle a dit oui. Voici donc mes questions et surtout les réponses d’Irouwen.

Pourrais-tu nous rappeler ton parcours ?

Pour mes 30 ans ma petite sœur attend son premier enfant. L’idée d’avoir des enfants devient une obsession pour moi. A 35 ans, je fais mes premiers examens qui montrent un taux d’inhibineB (ancêtre de l’amh) à surveiller. A 37 ans, je rencontre un nouvel amoureux qui veut bien avoir des enfants avec moi.

A 38 ans,  suite à une année sans utiliser de préservatif, nous sommes orientés par ma gynécologue vers un gynéco spécialisé PMA (Le con de médecin PMA); qui dit : « tout va bien, arrêtez d’y penser ça va venir, les femmes ont des problèmes psychologiques, etc« . Il ne pousse pas les analyses, pas d’amh de faite, il donne un traitement pour stimuler l’ovulation.

Janvier 2009, je suis enceinte, très vite des saignements, œuf clair, fausse-couche déclenchée à 7 semaines par cytotec. 2009 est une année sombre, le Con de médecin PMA ne propose rien, juste attendre, « vous avez été enceinte, ça va revenir« , d’autres stimulations simples.

Fin 2009, je n’en peux plus, sur les conseils de la psychologue du service PMA, je vais voir le médecin PMA chef du service. Même discours « rassurant » (enfin pas pour moi), « tout va bien vous êtes jeune (39 ans) ». Il programme une fiv pour le mois de juin de l’année suivante !!! J’aurais 40 ans passés !!! Et rien d’autre en « attendant », ni examens complémentaires, ni insémination artificielle. L’amh n’est toujours pas contrôlée, ce n’est pourtant pas faute de leur dire à chaque fois : « mais en 2005 déjà mon inhibine B…« . Ils ne veulent rien entendre. Et surtout le temps passe sans que nous puissions utiliser les outils de la médecine procréative.

En mars 2010, n’en pouvant plus, nous étions allés chez une autre gynéco, elle réalise une insémination artificielle qui se solde par un échec, elle ne voudra pas en faire une autre, car le traitement de blocage pour la fiv approche. Effectivement, je commence en avril le blocage pour la fiv du mois de juin, 20 jours de blocage, puis 9 jours de stimulations à 100 euros la piqûre pour un arrêt sans explications et sans rien derrière, juste « on stoppe la stimulation et il n’y aura pas de fiv, car vous n’avez que 5 follicules ». Puis en juillet 2010, le médecin PMA fait enfin les analyses de l’amh qui est effondrée. Je passe d’un coup de « tout va bien, vous êtes jeune » à « vous ne répondez pas bien à la stimulation, vos analyses sont mauvaises et vous avez 40 ans« . Il propose une autre fiv (pour nous faire taire, je crois) pour le mois de septembre 2010. Qui se soldera par un échec, ponction blanche.

Je m’étais déjà inscrite chez Maia depuis le mois de juillet 2010 et en octobre je nous inscrivais pour une tentative en don d’ovocytes à l’étranger. Première tentative en juin 2011=échec, deuxième tentative en novembre 2011= réussite.

A quel âge as-tu commencé les essais bébé ?

J’avais 30 ans

Par quelles techniques de PMA es-tu passée ?

Stimulations simples avec prises d’hormones, orales, puis par injections. Une insémination artificielle quémandée chez un autre gynécologue que mon con de médecin PMA, une fiv avec un protocole long stoppée vers la fin de la stimulation pour cause de moins de 5 follicules, une fiv protocole court stoppée après la ponction car aucun ovocyte de potable, un protocole de stimulation en vue d’un transfert d’embryons suite à une fiv-don d’ovocyte =négative, un nouveau traitement pour une nouvelle fiv-don réussie. J’ai aussi expérimenté l’homéopathie, la sophrologie, les poudres chinoises, péruviennes, les incantations aux déesses de la fertilité, bref tout un tas de trucs plus ou moins bizarroïdes…

Quand l’idée du don d’ovocyte est-elle apparue pour la première fois ?

En 2009, je commence mes recherches sur les forums, je cherche à comprendre et à trouver des solutions. J’adhère à l’association Maia en juillet 2010 après l’échec de la première fiv. Et là, je rencontre virtuellement des femmes confrontées aux mêmes épreuves que moi. Et je constate que beaucoup ont perdu un temps fou, à faire de multiples fiv, iac et autres, avant d’accéder au don d’ovocyte, et donc avant d’être enceinte. Je me dis que si je veux un jour être mère, il faut se lancer dans cette aventure le plus rapidement possible. D’autant que j’ai 40 ans.

Est-ce par l’intermédiaire d’un médecin ?

Non, les médecins ne m’ont jamais parlé du don d’ovocyte.

Comment as-tu accueilli cette idée au début ?

Comme une évidence, la solution est là. Puis comme un très grand espoir de voir, enfin, mes souffrances s’envoler, et pouvoir enfin devenir mère.

T’a-t-il fallu du temps pour te faire à cette idée ?

Non, pas besoin de temps pour me faire à cette idée dans ma tête, instinctivement, affectivement c’était la solution « miracle » et en même temps, j’ai choisi la clinique qui proposait un délai (9 mois à l’époque) entre l’inscription et la fiv. Je me disais que ce temps me permettrait de me faire raisonnablement à cette aventure. Que cela me permettrait de régler toutes les questions qui pouvaient émerger autour de cette technique et sa réalisation, la question de la non transmission de mes gènes. Et puis aussi je me suis laissé du temps, pour peut-être tomber enceinte avec mes propres ovocytes (espoirs et vieilles croyances). La veille de la première tentative en juin 2011, nous étions à Brno et là j’avais mal au cœur de penser, que j’allais faire un bébé avec les gènes d’une inconnue que je venais peut-être de croiser dans la rue sans le savoir. Je trouvais que c’était terriblement injuste comme situation.

Et le futur papa ?

Pour le futur papa, pas de soucis non plus, sauf comme moi, la veille de la première tentative.

Par quelles questions es-tu passée avant de décider de partir dans l’aventure du don ?

Je ne me suis pas posé beaucoup de questions, je suis du genre à foncer et à réfléchir ensuite.

Mais je m’interrogeais surtout, sur l’avenir des enfants, les questions qu’ils pourraient avoir, le désir qu’ils pourraient avoir de savoir qui était la donneuse, ce que pouvait être pour eux leur conception particulière.

Je trouvais donc très injuste que la France prône l’anonymat, qui est respecté par la république tchèque. Et puis, je me disais que à trop se poser de questions, nous ne ferions jamais rien et nous resterions avec notre tristesse immense.

Je me demandais ce qui était le plus important, l’aspect génétique de la vie, ou l’aspect affectif et social. Je me disais que c’était une position très égoïste, vouloir des enfants dans ce contexte. Puis je me disais que les gens normaux font aussi des enfants pour eux-même.

Le fait de renoncer à tes gènes a-t-il été difficile ?

Oui, ce n’est pas simple de renoncer à transmettre ses gènes surtout que je considère qu’ils sont exceptionnels ;-). Plus sérieusement, ce n’est pas dans la nature des êtres humains de procéder de la sorte pour se reproduire. Bien que la question soit, il me semble, largement expérimentée depuis des millénaires, concernant les gamètes mâles. Que les femelles ne se gênent pas pour mélanger comme bon leur semblent sans demander le consentement du papa officiel, social. Je pense que des générations d’enfants sont nés, grâce aux spermatozoïdes d’un autre homme, que leur père officiel. C’est tellement simple et facile de procéder de la sorte, pour les femmes fertiles.

Concernant les gamètes femelles, c’est plus compliqué. Ce n’est que récemment (au regard de l’histoire de l’humanité) et grâce à la médecine procréative que l’on peut utiliser les gamètes d’une autre femme, pour avoir soi-même des enfants. J’ai dans l’idée que l’humanité va aller de plus en plus, vers des modes de procréation innovants par choix et/ou par nécessité. Je considère que nous sommes des pionnières.

Il faut juste que les enfants issus de ces manières différentes de procréer, le vivent le mieux possible. Ce n’est pas forcément évident d’être hors des normes, mais les normes peuvent changer.

Mais si j’avais pu faire avec mes propres gènes, les questions ne se poseraient pas. Ce qui me semble important en fait, dans les gènes c’est le point de vue physique. J’aurais aimé transmettre à mes enfants mes gènes, car je considère que j’ai une bonne constitution physique. Jamais malade, pas d’acné juvénile, de beaux cheveux, de bonnes dents, une volonté de fer, un optimisme à toutes épreuves (presque)…..mais finalement tout ça ce sont des détails, que tu n’es même pas sûre de transmettre à tes enfants génétiques, car les mystères de la génétique font que les mélanges sont aléatoires.

Ce qui parfois me titille c’est que j’aurais bien aimé voir ce que le mélange de mes gamètes avec ceux de mon chéri aurait donné comme bébé. Mais la transmissions se fait surtout grâce à l’éducation, à l’histoire de la vie que tu transmets à tes enfants. Il y a des parents génétiques dont les enfants ne leur ressemblent pas du tout !

Le fait que ton chéri mélange ses gamètes avec les gamètes d’une autre a-t-il été compliqué ?

Non, il fait des enfants avec moi et c’est le biologiste qui a mélangé les gamètes mâles et femelles. A partir du moment où nous étions partis dans cette direction, si tu commences à te tourmenter l’esprit avec des choses comme ça, je pense que cela devient vite invivable. Et moi, je veux vivre, vivre avec lui et nos enfants. Peut-être qu’à cette question je répondrais différemment à d’autres moments de notre vie ?!!

Pourquoi le don plutôt que l’adoption ?

L’adoption, nous avons participé aux réunions organisées par le conseil général, c’est à décourager une armée d’éléphants. Cela me semblait encore plus long et incertain que le don. Mon conjoint, ne se sentait pas du tout à l’aise avec l’idée de l’enfant venant d’ailleurs (ayant été témoin, plus jeune, d’un échec sanglant d’adoption).

Cela me faisait vraiment mal de devoir justifier mes capacités, nos capacités, à être parents.

Mais surtout, le temps de la réalisation de ces démarches, me paraissaient terriblement long. Je ne pouvais pas rajouter des années d’attente à celles que je vivais déjà, d’autant que nous n’avons plus 20 ans; ni même 30.

Comme pour l’adoption, il y a la question des origines. T’inquiètes-tu de ne pas savoir exactement d’où viennent tes enfants ?

Je sais d’où ils viennent. Ils viennent d’un désir, d’une volonté, la nôtre, de notre couple. Et du mélange des gamètes d’une jeune femme Tchèque et de leur père, mon Chéri.

Cette question pose la question de la part du biologique, du social, de l’affectif. Ils viennent de mon ventre, après avoir commencé leur multiplication cellulaire dans une boîte de pétri. J’étais d’accord pour accueillir un enfant d’ailleurs dans le cadre d’un parcours d’adoption, ignorant tout ou presque de sa vie d’avant. Alors les petits nés du don me semblent moins mystérieux.

Appréhendes-tu les questions qu’ils vous poseront plus tard ?

Non, je  n’appréhende pas. Tous les enfants du monde se posent la question et pose la question à leurs parents, de leurs origines réelles ou mythiques. Mais j’aimerais qu’ils puissent s’ils le désirent avoir des informations sur la donneuse. J’espère que lorsqu’ils seront grands, les lois et les mentalités auront changé et qu’ils pourront, s’ils le veulent, savoir qui était la donneuse.

En tout cas nos enfants sont informés de l’histoire de leur arrivée sur terre, cela ne sera surtout pas un secret.

A quel moment as-tu décidé de passer à une fiv avec don plutôt que de faire une nouvelle tentative avec tes ovocytes ? Pourquoi à ce moment-là et pas plus tôt ou plus tard ?

Pas plus tôt, car les cons de médecins PMA que j’ai rencontrés, m’ont fait « croire » que tout allait bien et attendre (2 ans entre 38 ans et 40 ans, ce qui est largement trop tard) que ça vienne tout seul, puis attendre 8 mois avant de réaliser une fiv.

Si j’avais su dès 2008, que mes ovocytes ne donneraient rien, nous serions partis à ce moment-là vers le don d’ovocytes. Pour ça, je leur en veux encore beaucoup ! Moi je sentais que quelque chose n’allait pas, je me posais mille questions et je souffrais beaucoup. Je ne voulais pas essayer encore avec mes ovocytes, car je trouvais que nous avions perdu assez de temps comme ça. Je ne voulais plus souffrir, ni subir des traitements pour des résultats plus qu’aléatoires. Avec le don, mes chances d’être enceinte, puis mère, passaient carrément à 50 % par tentative. Alors qu’avec mes ovocytes, j’avais derrière moi des années d’essais infructueux.

Donc dès l’échec de notre deuxième fiv en France, nous nous sommes inscrits dans la clinique tchèque pour avoir une proposition de date pour la tentative. Pourtant quand nous avons rencontré les deux gynécologues parisiennes spécialisées en don, la première nous a proposé de refaire une tentative avec mes ovocytes, mais je n’ai pas voulu. Dans ma tête, il était plus que grand temps de passer à autre chose, c’était en septembre 2010.

Passons au côté pratique. J’ai lu sur ton blog que tu trouvais important d’être suivie en France par un médecin spécialisé dans le don. Je ne comprends pas en quoi une fiv avec don est médicalement différente d’une fiv classique. Peux-tu nous expliquer ?

Je dis ça, parce qu’une fois que nous nous sommes décidés pour le don, les gynécologues spécialisés en PMA par chez nous étaient incapables de faire ce qu’il fallait. Le professeur PMA qui nous avait fait les fiv, nous a juste dit, lorsque je lui demandais, s’il pouvait nous accompagner dans la démarche du don : « oui bien sûr, les sages-femmes pourront vous faire les échographies », un peu juste pour un suivi, d’autant que si les fiv classiques n’ont pas fonctionné, il faut peut-être chercher à comprendre pourquoi et pas juste se dire c’est la faute à l’infertilité inexpliquée, motif qu’ils nous donnaient pour conclure !!

Puis j’ai rencontré un gynécologue de ville, pour qu’il me prescrive le traitement lors du premier don. Il n’y connaissait rien, il disait amen aux demandes que je lui faisais concernant les médicaments. Il est parti en retraite très vite. Son collègue était pareil, il me faisait les échos et prescrivait les médicaments préconisés par la clinique. Cette tentative a été un échec. Puis je me suis décidé à monter à Paris, suite aux conseils des filles sur le forum Maia, pour rencontrer des médecins spécialisés en don d’ovocytes, spermatozoïdes, doubles dons, etc. J’ai rencontré deux femmes gynécologues spécialisées en don, pour pouvoir choisir celle qui me convenait le mieux. J’avais besoin de maîtriser un peu la situation, de choisir le médecin qui me semblait le mieux pour nous accompagner. j’avais besoin de maîtriser les choses, de choisir quelqu’un qui nous fasse du bien.

La deuxième, a été la seule médecin PMA qui a pris le temps de lire tout mon dossier avec mes examens depuis 2005, à remplir des tableaux avec l’évolution des taux des différentes hormones. La seule aussi qui a préconisé des examens complémentaires qui pouvaient mettre en évidence un problème d’infertilité et d’échec de grossesse. La seule qui a prescrit une mammographie (quand on connaît l’impact des stimulations hormonales sur le cancer du sein). La seule qui connaissait les cliniques qui pratiquent le don en Espagne, en République tchèque pour y être allée dans le but de voir comment ils travaillaient. Les examens sanguins qu’elle a prescrits ont mis en évidence des soucis avec mes anticorps, elle a mis en place un traitement adapté. Elle a su aussi réagir face à l’apparition de l’hyperthyroïdie, en m’adressant à une collègue à elle, endocrinologue et gynécologue, qui connaissait aussi les parcours don, en adaptant le traitement de stimulation pour voir comment évoluait ma tsh. Elle a mis en place, juste avant le début du blocage, un traitement d’attente, pour voir si ma thyroïde allait se calmer ou pas et si nous allions partir ou pas. Ce contre temps qui en d’autre temps m’aurait rendu dingue, m’a permis de gérer les différents rendez-vous médicaux et les décisions qui en découlaient et de commencer quand même finalement le traitement, avec un peu de retard mais sans conséquence sur le protocole de la clinique et avec en prime une belle réussite à la clef. Elle maîtrise la question, elle n’est pas la seule, d’autres gynécologues s’intéressent aux fiv qui sortent de l’ordinaire et proposent des protocoles vraiment adaptés aux problèmes rencontrés par les couples.

Ce qui change aussi, c’est qu’ils travaillent de façon partagée. La clinique qui se trouve à l’étranger à des milliers de kilomètres préconise un traitement, le gynécologue doit partager son savoir, ses compétences avec cette clinique à l’étranger pour la réussite de la grossesse de la patiente. Pour moi, elle a adapté le traitement préconisé par la clinique, suite à l’apparition de l’hyperthyroïdie et des anticorps, elle m’a téléphoné le soir chez moi pour prendre de mes nouvelles. Elle a assuré, je me suis sentie comprise, en confiance, soignée, suivie et nous avons réussis à être enceinte et à avoir deux beaux bébés.

Pourquoi avoir choisi de faire ta fiv avec don à l’étranger plutôt qu’en France ? 

Délais d’attente trop longs en France, de plus le médecin Fiv nous a clairement dit « à votre âge, vous n’êtes pas prioritaire. » D’ailleurs je m’étais renseignée directement et depuis un moment pour le don à l’étranger. Je voulais aller vite et bien. Je cherchais à aller mieux, à retrouver goût à la vie et ce n’est pas avec le ceccos et ces délais impossibles que j’allais pouvoir obtenir ça. De plus, dans notre CHU ils ne pratiquaient pas le don d’ovocytes. Donc le don à l’étranger a de suite été la solution.

D’ailleurs était-ce vraiment un choix ?

Les solutions proposées ne sont pas du tout les mêmes : rapidité et efficacité à l’étranger contre lourdeur et longueur avant un possible essai en France (des années d’attente !!! Non merci pas possible). D’autant que le doc fiv nous avait dit que nous n’étions pas prioritaires en France vu notre âge !!! Ségrégation !!! Le choix est donc vite fait.

Comment choisir le pays ? Quels ont été tes critères ?

Le prix, l’organisation de la tentative, les retours sur la prise en charge. Pourquoi finalement la République Tchèque ? J’ai choisi la République Tchèque, car sur le forum Maia les retours sur la prise en charge étaient super positifs. Accueil humain et chaleureux, ce dont j’avais besoin après avoir été maltraitée en France. Prix moindre qu’en Espagne. De plus, l’Espagne me paraissait être comme un grand « supermarché à bébés ». Tu t’inscris et après 2 mois, hop tu peux faire une tentative à 8000 euros. Je n’avais pas les moyens d’engager 8000 euros, surtout lorsque je pensais que cela pourrait ne pas fonctionner du premier coup et qu’il faudrait de nouveau payer 8000 euros. Et j’avais besoin de rêver un peu, la République tchèque me semblait faire moins « supermarché à bébés ». En République Tchèque, le tarif était moitié moins. De plus, en passant par l,association le tarif est un peu réduit aussi.

De plus l’organisation tchèque permettait de s’organiser longtemps à l’avance, car la tentative était programmée des mois à l’avance. Tu sais que telle semaine, il faudra être là-bas pour le mélange des gamètes, puis pour le transfert, donc tu t’organises à l’avance, les billets d’avion sont moins chers payés à l’avance, tu poses des congés, tout est planifié en amont et ça c’est rassurant, pour moi ça l’a été. Alors qu’en Espagne les exemples que j’avais disaient que les gens étaient appelés au dernier moment, et devaient sauter dans un avion du jour pour le lendemain. Gregor Mendel l’inventeur de la génétique chez les petits pois était tchèque.

Selon les pays, quelles sont les différences ? Les tarifs ? Les délais d’attente ? Des limites d’âge ? Des moyens techniques ?

Les techniques sont les mêmes partout, ensuite les législations peuvent différer, par exemple enRépublique tchèque, je crois qu’ils ne font pas de fiv pour des femmes seules. Les tarifs sont à disposition sur les différents sites internet des cliniques.

Que savez-vous de la donneuse ?

Son année de naissance, la couleur de ses yeux, de ses cheveux, son groupe sanguin tout ça annoncé le jour du mélange des gamètes. Il y a d’autres cliniques où tu peux choisir à l’avance ta donneuse entre plusieurs propositions. J’ai eu l’opportunité dans une autre clinique de devoir choisir et bien j’ai trouvé ça plus compliqué.

Comment est-elle choisie ?

Dans la clinique où je suis allée, ce sont des critères physiques de ressemblance avec la future maman et puis son groupe sanguin.

Peux-tu nous raconter tes aventures ?

Hou là  là là, cela serait trop long, il faut aller voir sur mon blog en mai-juin 2011 pour la première tentative, puis en octobre-novembre 2011 pour la deuxième. En tout cas nos deux voyages se sont bien passés. La République Tchèque est un pays agréable, les gens sont calmes. Nous avons vu de belles choses à Prague notamment.

Et maintenant, c’est comment la vie d’après ?

Elle file à 100 à l’heure mais j’aime ça. Je me sens bien à ma place, dans mon rôle.

Le fait que tes bébés viennent du don, est-ce que ça change quelque chose maintenant qu’ils sont là ? Est-ce que tu y penses ?

Oui, j’y pense. Pas tout le temps non plus. Mais quand les gens disent : « oh comme il ressemble à….. ». Ou lorsque le pédiatre nous demande si, dans la famille il y a des allergies, des problèmes de vue, du côté des gènes paternels nous savons, mais du côté des gènes maternels nous ne savons pas. Cela fait partie de notre histoire à nous. J’espère qu’ils seront heureux.

La semaine dernière une dame m’a dit : « votre fille ressemble beaucoup à son papa et votre fils c’est à vous qu’il ressemble », comme quoi !! J’avais envie de lui rappeler, car elle connaissait l’histoire de nos enfants (c’est la sage-femme libérale qui m’avait suivie au retour à la maison suite à  l’hospitalisation pour MAP). Mais je n’ai pas dit ce que je pensais lui dire. Je sais que mes enfants vont me ressembler, car  leurs attitudes, leurs mimiques, leurs gestuelles seront copiées sur les miennes et celles de leur papa.

Alors, heureuse ou pas ?

Je suis totalement heureuse, amoureuse de mes petits bébés. Mais si j’avais su plutôt que mes ovocytes étaient inaptes à la procréation, je serais partie beaucoup plus tôt à l’étranger pour un don d’ovocyte et j’aurais plus que deux bébés. Je voudrais encore pleins d’autres enfants !!!!!

Alors voilà. Je ne sais pas vous, mais moi je suis toute émue. J’espère que cette interview aidera celles qui comme moi se posent plein de questions sur le don ou celles qui n’y pensaient pas mais qui maintenant vont peut-être y réfléchir.

Mille mercis à Irouwen pour sa générosité et sa sincérité ! ! !

Allez faire un tour sur son blog très attachant si vous ne le connaissez pas déjà. Personnellement, il me donne beaucoup d’espoir. Lisez en particulier le billet du 31 octobre 2012.

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Purgatoire

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Difficile attente.

Les embryons qui étaient restés au labo ont arrêté leur évolution. Toujours pas de blastocyste…

Je sais bien qu’on m’a transféré les plus beaux embryons, mais j’ai peur de ne savoir faire que des embryons pourris.

Et puis j’ai des douleurs de règles. Deux fois ces douleurs ont précédé un +++, plus tard transformé en – – –, mais plus de 300 fois, c’était tout simplement le signe que mes règles allaient arriver…

C’est fou quand même, le nombre de fois où on a eu mal.

Et tout ça pour rien !

Chienne de vie.

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