Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Le billet rêvé

Après cette longue absence, je voulais tout d’abord vous remercier de l’accueil bienveillant que vous avez réservé à mon dernier billet. J’avais hésité à le publier. Je craignais d’avoir des retours un peu hostiles ou un silence désapprobateur. Mais je m’étais décidée car tous ces sentiments m’ont empoisonné la vie, que d’autres étaient peut-être dans le même état d’esprit et qu’entre nous, nous ne devrions pas avoir de tabou. Et après tout, n’est-ce pas humain, après de longues années de pma, de voir son humeur s’assombrir ? Si au début, les annonces de grossesse des copinautes de galère nous font rêver et nous remplissent d’espoir, au bout de quelques temps, elles nous font envie, puis elles nous plombent le moral parce que « Pourquoi pas nous ? C’était pourtant notre tour ! » (petite dédicace à Lulu !)

Je craignais que mon blog ne s’éteigne sur cette note amère. J’ai pourtant tellement pensé à ce fameux billet ! Vous savez, celui où on annonce qu’après des années de galère, un petit miracle s’est niché au creux de son ventre depuis trois mois… Chaque fois que j’ai lu de tels billets, j’ai été submergée d’émotion. Je me mettais à rêver au billet que j’écrirais le jour où ça m’arriverait, tout en craignant de ne jamais avoir l’occasion de l’écrire.

Eh bien, les filles, c’est mon moment. Un moment plein d’espoir, mais encore assombri par quelques inquiétudes. Je  n’ai pas pu écrire avant car j’étais trop angoissée. Mais ce billet, je le dois à celles qui me suivent fidèlement depuis le début et espèrent secrètement que je les rejoigne de l’autre côté de la rive. Je le dois aussi à celles qui se sont abonnées à mon blog, souvent plus récemment. Je les imagine ayant un parcours similaires au mien, guettant un heureux dénouement qui signifierait que pour elles aussi c’est possible.

Alors je prends mon courage à deux mains et malgré mes angoisses encore présentes, je vous raconte la suite de mes aventures.

A suivre…

Publicités
57 commentaires »

Recognition Awards

C’est avec le cœur lourd que je suis allée faire ma prise de sang ce matin. Quoi de plus triste que de faire ces même gestes sans l’espoir qu’on avait il y a quelques jours ? Hier, en allant au cabinet d’infirmières pour mon injection de progestérone retard, j’en ai pleuré.

J’ai eu la surprise d’être nominée par Tittounett. Ce n’est pas que j’ai trop le cœur à m’amuser, mais j’y vois l’occasion de tuer le temps en attendant le verdict et je vais sans doute en profiter pour me défouler et me répandre en lamentations. Hmm… il y a encore des lecteurs ?

Voici tout d’abord un rappel des règles (que je vais essayer de plus ou moins respecter) :

Écrire un article sur votre blog comprenant les éléments suivants:

  • Remerciements de la personne qui vous a nominée
  • Une brève histoire de votre blog
  • Un ou deux conseils pour de nouveaux blogueurs
  • Une sélection de 15 autres blogs à qui vous souhaitez donner le prix

1- Remercier la personne qui vous a nominée

Ah ben oui, quand même ! Je remercie d’autant plus Tittounett que je ne comprends même pas pourquoi elle continue d’avoir la gentillesse de me lire. Je suis surprise d’avoir encore des lecteurs dans la mesure où je laisse un peu mon blog en friche. J’écris peu et surtout je suis désormais incapable d’écrire avec un peu de distance, de décalage, d’humour. Mes articles sont soit totalement factuels, soit à la limite de la dépression. Alors quand en plus, mes lectrices sont des ex-pmettes et heureuses mamans, ça me dépasse encore plus. J’en profite donc pour toutes vous remercier de prendre le temps de glisser un mot gentil pour me soutenir (petite larmichette).

2 – Une brève histoire de mon blog

J’ai commencé ce blog en 2012. Je terminais les stimulations simples dans le premier centre de pma, après deux fausses couches sur grossesses naturelles en 2011 et j’allais commencer ma première FIV dans le deuxième centre de pma. Je me sentais très seule dans mon parcours. J’avais parcouru des forums, mais je ne m’y retrouvais pas. Ce qu’il peut y avoir comme cruches sur les forums quand même ! C’est alors que j’ai découvert les blogs. A vrai dire je n’avais jamais lu un blog de toute ma vie, pas certaine même que je savais ce que c’était. J’ai découvert des filles qui vivaient la même chose que moi, qui exprimaient des émotions proches des miennes, qui me donnaient de précieuses informations grâce à leurs expériences et ça m’a fait un bien fou.

Alors pourquoi pas moi, me suis-je dit ? Je n’étais pas bien sûre de ne pas m’arrêter au premier article. Il est vrai qu’au début, on a l’impression de lancer une bouteille à la mer sans certitude d’être lue. Et je me suis prise au jeu. Malheureusement, les échecs se succédant, j’ai perdu de ma « fraîcheur ». Comme je le disais précédemment, le ton de mon blog a évolué. J’aurais aimé garder un peu d’humour, mais je ne sais pas faire semblant et je ne vois pas l’intérêt de me forcer. Quelquefois, quelque chose bouillonne en moi, j’ai envie d’écrire, mais finalement je n’en ai pas l’énergie. D’autres fois j’écris presque par « devoir » pour raconter où j’en suis, mais sans trop étaler mes états d’âme car je n’en peux plus de répéter les mêmes choses (je suis triste, ça ne marche pas, peut-être jamais, blablabla).

Dans ma ville natale, j’avais une prof de chant que j’aimais beaucoup. Quand je suis venue en région parisienne, je lui ai donné quelques nouvelles et puis de moins en moins car c’était un peu la misère dans ma vie. Je ne pouvais pas lui dire que j’allais bien, mais d’un autre côté écrire à quelqu’un pour lui expliquer que non ça ne va pas mieux, c’est saoulant.

Et puis j’ai rencontré mon prince et je me suis mariée. J’avais une jolie robe taille empire, parce que quand je l’ai choisie j’étais enceinte. Je ne l’étais plus le jour de mon mariage. J’ai voulu lui envoyer un faire-part. Mais je n’ai pas pu. Mon rêve était de lui écrire que maintenant j’étais heureuse avec mon prince et mon bébé.

Je crois que c’est ce qui arrive à ce blog. Il n’y a qu’un seul article que j’ai vraiment vraiment envie d’écrire : celui où je vous annonce que je vais être maman, celui qui donnera tout son sens à tous les articles précédents et à toutes ces larmes versées. Voilà que je me transforme en fontaine.

3 – Des conseils pour de nouveaux blogueurs

  • Pour créer un blog en général, il n’y a pas vraiment de conseils à donner. On fait ce qu’on veut, un blog est un espace de liberté.

Si vous voulez avoir des lecteurs (c’est un peu le but quand même), il vaut mieux mettre des tags pertinents pour que le blog soit bien référencé. Vous pouvez aussi commenter les blogs que vous aimés afin de vous faire connaître.

Écrire régulièrement (ce que je ne fais plus).

Se contenter d’un sujet par article (l’inverse de ce que je fais aujourd’hui). Je trouve ça plus percutant.

  • Si les conseils s’adressent spécifiquement aux pmettes, je dirais de ne surtout pas hésiter à prendre votre dossier en mains. Il ne faut pas, comme je l’ai fait au début, avoir une confiance aveugle dans les médecins. Renseignez-vous auprès d’autres pmettes (les blogs sont très utiles pour ça et je conseille aussi le forum de l’association Maïa). N’oubliez pas le facteur masculin trop souvent négligé en première intention. Oui, il est pertinent de faire un spermogramme en début de parcours pma ! N’hésitez pas à changer de médecin si vous avez des doutes.
  • J’avais envie de revenir sur un conseil souvent donné : essayer de ne blesser personne. Alors évidemment, on ne peut qu’être d’accord. Malgré tout, c’est un conseil qui est quand même très difficile à appliquer car tout le monde n’est pas sensible aux mêmes choses. En ce qui me concerne, deux choses m’ont blessée en lisant certains blogs et comme je n’ai pas vu de réflexions sur le sujet, je suis peut-être la seule dans ce cas.. La première est cet article (lu plusieurs fois) qui consiste à exprimer ses nœuds au cerveau afin de savoir si oui ou non maintenant que je suis enceinte ou maman je dois continuer à parler de ma grossesse ou mon bébé sur le même blog ou sur un autre.  Comprenez-moi bien, je trouve légitime de se poser la question. Si le choix est finalement de continuer sur le même blog, je trouve ça très bien. Si le choix est d’ouvrir un autre blog, c’est très bien aussi. Libre à moi de continuer à lire ou pas. Ce qui m’a fait mal, c’est de prendre en pleine face ce que j’ai ressenti comme de la fausse coquetterie, comme une affectation à prendre mes sentiments en compte, alors que j’aimerais trop avoir ce genre de problèmes ! Moi mon problème, c’est plutôt de savoir si je vais survivre à tout ça. Clairement il y a un décalage dans nos préoccupations que j’ai trouvé très douloureux. Désolée pour celles qui se sentiraient visées. D’abord parce que vous ne l’êtes pas forcément, tout est dans la manière de le dire. Et ensuite, je serais bien incapable de vous citer des noms, j’ai déjà oublié. La deuxième chose qui m’a blessée, j’ai dû la lire au moment de la Manif’ pour tous. Certaines se sont révoltées de voir que Brigitte et ses copains pensaient que le profil type de la pmette était la femme de quarante ans qui se réveille un peu tard après avoir consacré sa vie à sa carrière. Elles ont raison de rétablir la réalité qui est que la plupart des femmes sont beaucoup plus jeunes quand elles ont recours à la pma. Mais j’ai senti dans leur façon de l’exprimer une revendication à ne pas être assimilées à ces quarantenaires en mal d’enfant, comme si leur propre désir d’enfant étaient plus légitime. (Je ne parle pas de la prise en charge éventuelle de la pma au-delà d’un certain âge, mais de la légitimité à exprimer un désir d’enfant même tardivement). Comme si j’avais fait exprès de commencer les essais bébé à 39 ans ! Comme si je n’étais pas consciente que l’idéal aurait été de commencer plus tôt ! Comme si ma douleur était moins grande parce que quand même je l’avais bien cherché ! Pour la petite histoire, j’ai perdu ma maman à 23 ans et j’ai mis dix ans à m’en remettre. Ça paraît dingue, mais c’est comme ça. Ma sœur avait 19 ans et elle a réussi malgré sa tristesse à continuer à construire sa vie. Moi, ça m’a brisée. J’ai fait du sur place pendant cinq, puis j’ai avancé à pas de fourmi. Et quand je me suis sentie enfin prête à construire ma vie, eh bien j’avais 33 ans. Je n’ai eu alors qu’une obsession, aiguillonnée en partie par mon désir de maternité : trouver le prince charmant. Seulement voilà, il ne suffit pas de vouloir. Je me suis inscrite sur un site de rencontres, même si ça ne correspondait pas du tout à mon fantasme de la rencontre amoureuse. J’ai eu le cœur brisé plusieurs fois et enfin j’ai rencontré mon prince, j’avais 38 ans. Qu’aurais-je dû faire ? Faire mon deuil plus vite ? J’aurais bien aimé, mais ça ne se commande pas. Faire un bébé dans le dos de l’un de mes ex ? Mauvais départ dans la vie de ce bébé… Certes je ne suis pas exactement une working girl (j’ai eu mon premier cdi à 38 ans, pas facile de ressusciter quand on est mort pendant dix ans…). Mais cette working girl, qui sommes-nous pour la juger ? Savons-nous pourquoi il était si important pour elle de consacrer sa vie à sa carrière ? Était-ce réellement un choix ? Peut-être que cela a été sa façon de survivre à un traumatisme, ou alors un besoin de reconnaissance sociale pour réparer un manque affectif, qu’en savons-nous ?

Bref, tout ça pour dire qu’avec la meilleure volonté du monde, on peut blesser sans le vouloir. Pour être honnête, il y a beaucoup de bienveillance dans les blogs que je lis.

4 – Une sélection de quinze blogs que je veux mettre à l’honneur

Je vous préviens, je ne vais pas du tout tenir compte du fait que certains blogs ont déjà été nominés, parce que comme j’arrive un peu après la bataille, ce serait trop compliqué. Et je ne tiens pas compte non plus du fait que certains ne sont plus alimentés, dinosaure de la pma oblige.

  • Catégorie « les premiers blogs que j’ai lus »

L’AMP pour les nuls, parce que même s’il n’est plus alimenté pour cause d’heureux dénouement, il m’a fait mourir de rire. J’en conseille la lecture à tous les nouveaux venus en pma.

Lutine en pma, Boule de Mousse et Un enfant peut(-)être qui sont mes premiers blogs coup de cœur. Merci à vous de ne pas m’oublier !

Comme une poussière dans le vent…, car c’est ce blog qui m’a donné envie de cheminer vers le don d’ovocytes.

  • Catégorie « nouveaux blogs inspirants »

Je ne vais mettre qu’un seul blog dans cette catégorie, c’est Un coeur à mère, le blog de Julys qui le mérite bien. J’ai découvert son blog plus tardivement. Elle sera sans doute surprise de ce que je vais dire car je ne commente pas beaucoup sur son blog. Le problème avec Julys, c’est qu’elle écrit souvent des articles qui m’inspirent tellement, qu’il est impossible que je résume tout ce que je voulais dire sur le sujet en un misérable commentaire. Parfois, je me suis dit que je devrais en faire moi-même un article, mais ça fait un peu « sale copieuse » et puis de toute façon, mon manque d’énergie chronique a raison de moi.

  • Catégorie « blogs de copines »

Un don pour une vie, parce que j’ai rencontré loLo une fois en vrai, très brièvement, qu’on a échangé quelques mails, qu’elle est comme moi une grosse looseuse de la pma et que pourtant elle est aujourd’hui (doublement) maman. Quand je pense que jamais jamais jamais je ne serai maman et que j’en ai le cœur brisé, je pense à son histoire et j’ai une toute petite lueur d’espoir.

Mon petit trésor, parce que c’est mon amie, que je me souviendrai toujours de notre première rencontre à Prague, parce qu’elle se contorsionne comme un beau diable pour me préserver de sa maternité, que j’ai honte de ne pouvoir partager son bonheur et que j’aimerais être une meilleure amie pour elle.

Un blog de FIV, parce que c’est l’amie de mon amie, donc un peu mon amie (si ça marche comme ça !), qu’elle a galéré comme c’est pas permis et qu’elle est aujourd’hui maman (alors pourquoi pas moi ?) et qu’elle m’envoie régulièrement de gentils mots qui me font chaud au cœur.

  • Catégorie « blogs que j’aime même si ça n’a rien à voir »

Deux blogs de cuisine : Biogourmand et 100 % végétal, parce que je suis végétarienne et que j’espère susciter chez vous un intérêt pour cette délicieuse cuisine.

Un blog de maquillage : Lisa Eldridge, parce que ses vidéos sont bluffantes et très bien expliquées.

Petite sœur chinoise, un blog qui relate le quotidien d’une famille avec plein de mots d’enfants à mourir de rire.

Deux blogs de couture : Des étoiles et des pois et Caro’s bidouilles, j’aime particulièrement leurs créations en jersey. Pour celles qui suivent, finalement j’ai acheté la machine à coudre, pas la bicyclette !

Il était 9h52 quand j’ai commencé mon article et voilà qu’il est 15h37 !

36 commentaires »

Le don d’Irouwen

Ce matin (26 décembre), j’ai fait un test de grossesse. Vous savez, les tests bandelettes vendus sur Internet. Les deux fois où je suis tombée enceinte, j’avais fait un test bandelette à 12 DPO et le test avait été positif. Et là, j’ai voulu en faire un à 13 DPO, malgré les douleurs ressenties dans le ventre et dans le dos, malgré les seins peu douloureux, malgré ma certitude que mes règles allaient arriver. Et naturellement, c’est négatif. Mes trois petits embryons n’ont pas réussi à s’accrocher. Pas de magie de Noël pour moi.

Je ne vais pas vous parler de mes larmes, car je sais qu’il vous est facile de les imaginer et de les comprendre. Je ne vous parlerai pas non plus de ma peur de voir ma sœur demain avec ses deux petits bouts de choux aux yeux qui brillent, parce que ça aussi vous connaissez.

[EDIT du vendredi 4 janvier : Prise de sang le 31 décembre. Résultat le 2 janvier et sans surprise, le taux de BHCG est de 0. Et pourtant, ça fait quand même très mal… J1 hier. Vous le saviez que l’utrogestan et le provames retardaient l’arrivée des règles ? Heureusement que je me suis renseignée sur internet car mon médecin ne m’avait pas prévenue. Peut-être trouvait-il amusant de me donner de faux espoirs ?]

Non, aujourd’hui je préfère vous offrir mon cadeau de Noël. Il est en préparation depuis plusieurs semaines déjà. A vrai dire, ce n’est pas moi qui vous l’offre, c’est Irouwen, une jolie et heureuse maman de deux adorables bébés. Irouwen est devenue maman grâce au don d’ovocytes et je lui ai posé toutes les questions qui me passaient par la tête. J’avais remarqué qu’Irouwen, malgré son bonheur d’être enfin maman, n’a pas oublié pour autant son parcours difficile et toutes ces mamans encore en mal d’enfants. Elle a toujours un petit mot gentil pour encourager ou consoler les pmettes qui en ont besoin. C’est pourquoi j’ai osé lui demander de prendre sur son temps (pourtant très compté) pour répondre à mes questions. Et à ma grande joie, elle a dit oui. Voici donc mes questions et surtout les réponses d’Irouwen.

Pourrais-tu nous rappeler ton parcours ?

Pour mes 30 ans ma petite sœur attend son premier enfant. L’idée d’avoir des enfants devient une obsession pour moi. A 35 ans, je fais mes premiers examens qui montrent un taux d’inhibineB (ancêtre de l’amh) à surveiller. A 37 ans, je rencontre un nouvel amoureux qui veut bien avoir des enfants avec moi.

A 38 ans,  suite à une année sans utiliser de préservatif, nous sommes orientés par ma gynécologue vers un gynéco spécialisé PMA (Le con de médecin PMA); qui dit : « tout va bien, arrêtez d’y penser ça va venir, les femmes ont des problèmes psychologiques, etc« . Il ne pousse pas les analyses, pas d’amh de faite, il donne un traitement pour stimuler l’ovulation.

Janvier 2009, je suis enceinte, très vite des saignements, œuf clair, fausse-couche déclenchée à 7 semaines par cytotec. 2009 est une année sombre, le Con de médecin PMA ne propose rien, juste attendre, « vous avez été enceinte, ça va revenir« , d’autres stimulations simples.

Fin 2009, je n’en peux plus, sur les conseils de la psychologue du service PMA, je vais voir le médecin PMA chef du service. Même discours « rassurant » (enfin pas pour moi), « tout va bien vous êtes jeune (39 ans) ». Il programme une fiv pour le mois de juin de l’année suivante !!! J’aurais 40 ans passés !!! Et rien d’autre en « attendant », ni examens complémentaires, ni insémination artificielle. L’amh n’est toujours pas contrôlée, ce n’est pourtant pas faute de leur dire à chaque fois : « mais en 2005 déjà mon inhibine B…« . Ils ne veulent rien entendre. Et surtout le temps passe sans que nous puissions utiliser les outils de la médecine procréative.

En mars 2010, n’en pouvant plus, nous étions allés chez une autre gynéco, elle réalise une insémination artificielle qui se solde par un échec, elle ne voudra pas en faire une autre, car le traitement de blocage pour la fiv approche. Effectivement, je commence en avril le blocage pour la fiv du mois de juin, 20 jours de blocage, puis 9 jours de stimulations à 100 euros la piqûre pour un arrêt sans explications et sans rien derrière, juste « on stoppe la stimulation et il n’y aura pas de fiv, car vous n’avez que 5 follicules ». Puis en juillet 2010, le médecin PMA fait enfin les analyses de l’amh qui est effondrée. Je passe d’un coup de « tout va bien, vous êtes jeune » à « vous ne répondez pas bien à la stimulation, vos analyses sont mauvaises et vous avez 40 ans« . Il propose une autre fiv (pour nous faire taire, je crois) pour le mois de septembre 2010. Qui se soldera par un échec, ponction blanche.

Je m’étais déjà inscrite chez Maia depuis le mois de juillet 2010 et en octobre je nous inscrivais pour une tentative en don d’ovocytes à l’étranger. Première tentative en juin 2011=échec, deuxième tentative en novembre 2011= réussite.

A quel âge as-tu commencé les essais bébé ?

J’avais 30 ans

Par quelles techniques de PMA es-tu passée ?

Stimulations simples avec prises d’hormones, orales, puis par injections. Une insémination artificielle quémandée chez un autre gynécologue que mon con de médecin PMA, une fiv avec un protocole long stoppée vers la fin de la stimulation pour cause de moins de 5 follicules, une fiv protocole court stoppée après la ponction car aucun ovocyte de potable, un protocole de stimulation en vue d’un transfert d’embryons suite à une fiv-don d’ovocyte =négative, un nouveau traitement pour une nouvelle fiv-don réussie. J’ai aussi expérimenté l’homéopathie, la sophrologie, les poudres chinoises, péruviennes, les incantations aux déesses de la fertilité, bref tout un tas de trucs plus ou moins bizarroïdes…

Quand l’idée du don d’ovocyte est-elle apparue pour la première fois ?

En 2009, je commence mes recherches sur les forums, je cherche à comprendre et à trouver des solutions. J’adhère à l’association Maia en juillet 2010 après l’échec de la première fiv. Et là, je rencontre virtuellement des femmes confrontées aux mêmes épreuves que moi. Et je constate que beaucoup ont perdu un temps fou, à faire de multiples fiv, iac et autres, avant d’accéder au don d’ovocyte, et donc avant d’être enceinte. Je me dis que si je veux un jour être mère, il faut se lancer dans cette aventure le plus rapidement possible. D’autant que j’ai 40 ans.

Est-ce par l’intermédiaire d’un médecin ?

Non, les médecins ne m’ont jamais parlé du don d’ovocyte.

Comment as-tu accueilli cette idée au début ?

Comme une évidence, la solution est là. Puis comme un très grand espoir de voir, enfin, mes souffrances s’envoler, et pouvoir enfin devenir mère.

T’a-t-il fallu du temps pour te faire à cette idée ?

Non, pas besoin de temps pour me faire à cette idée dans ma tête, instinctivement, affectivement c’était la solution « miracle » et en même temps, j’ai choisi la clinique qui proposait un délai (9 mois à l’époque) entre l’inscription et la fiv. Je me disais que ce temps me permettrait de me faire raisonnablement à cette aventure. Que cela me permettrait de régler toutes les questions qui pouvaient émerger autour de cette technique et sa réalisation, la question de la non transmission de mes gènes. Et puis aussi je me suis laissé du temps, pour peut-être tomber enceinte avec mes propres ovocytes (espoirs et vieilles croyances). La veille de la première tentative en juin 2011, nous étions à Brno et là j’avais mal au cœur de penser, que j’allais faire un bébé avec les gènes d’une inconnue que je venais peut-être de croiser dans la rue sans le savoir. Je trouvais que c’était terriblement injuste comme situation.

Et le futur papa ?

Pour le futur papa, pas de soucis non plus, sauf comme moi, la veille de la première tentative.

Par quelles questions es-tu passée avant de décider de partir dans l’aventure du don ?

Je ne me suis pas posé beaucoup de questions, je suis du genre à foncer et à réfléchir ensuite.

Mais je m’interrogeais surtout, sur l’avenir des enfants, les questions qu’ils pourraient avoir, le désir qu’ils pourraient avoir de savoir qui était la donneuse, ce que pouvait être pour eux leur conception particulière.

Je trouvais donc très injuste que la France prône l’anonymat, qui est respecté par la république tchèque. Et puis, je me disais que à trop se poser de questions, nous ne ferions jamais rien et nous resterions avec notre tristesse immense.

Je me demandais ce qui était le plus important, l’aspect génétique de la vie, ou l’aspect affectif et social. Je me disais que c’était une position très égoïste, vouloir des enfants dans ce contexte. Puis je me disais que les gens normaux font aussi des enfants pour eux-même.

Le fait de renoncer à tes gènes a-t-il été difficile ?

Oui, ce n’est pas simple de renoncer à transmettre ses gènes surtout que je considère qu’ils sont exceptionnels ;-). Plus sérieusement, ce n’est pas dans la nature des êtres humains de procéder de la sorte pour se reproduire. Bien que la question soit, il me semble, largement expérimentée depuis des millénaires, concernant les gamètes mâles. Que les femelles ne se gênent pas pour mélanger comme bon leur semblent sans demander le consentement du papa officiel, social. Je pense que des générations d’enfants sont nés, grâce aux spermatozoïdes d’un autre homme, que leur père officiel. C’est tellement simple et facile de procéder de la sorte, pour les femmes fertiles.

Concernant les gamètes femelles, c’est plus compliqué. Ce n’est que récemment (au regard de l’histoire de l’humanité) et grâce à la médecine procréative que l’on peut utiliser les gamètes d’une autre femme, pour avoir soi-même des enfants. J’ai dans l’idée que l’humanité va aller de plus en plus, vers des modes de procréation innovants par choix et/ou par nécessité. Je considère que nous sommes des pionnières.

Il faut juste que les enfants issus de ces manières différentes de procréer, le vivent le mieux possible. Ce n’est pas forcément évident d’être hors des normes, mais les normes peuvent changer.

Mais si j’avais pu faire avec mes propres gènes, les questions ne se poseraient pas. Ce qui me semble important en fait, dans les gènes c’est le point de vue physique. J’aurais aimé transmettre à mes enfants mes gènes, car je considère que j’ai une bonne constitution physique. Jamais malade, pas d’acné juvénile, de beaux cheveux, de bonnes dents, une volonté de fer, un optimisme à toutes épreuves (presque)…..mais finalement tout ça ce sont des détails, que tu n’es même pas sûre de transmettre à tes enfants génétiques, car les mystères de la génétique font que les mélanges sont aléatoires.

Ce qui parfois me titille c’est que j’aurais bien aimé voir ce que le mélange de mes gamètes avec ceux de mon chéri aurait donné comme bébé. Mais la transmissions se fait surtout grâce à l’éducation, à l’histoire de la vie que tu transmets à tes enfants. Il y a des parents génétiques dont les enfants ne leur ressemblent pas du tout !

Le fait que ton chéri mélange ses gamètes avec les gamètes d’une autre a-t-il été compliqué ?

Non, il fait des enfants avec moi et c’est le biologiste qui a mélangé les gamètes mâles et femelles. A partir du moment où nous étions partis dans cette direction, si tu commences à te tourmenter l’esprit avec des choses comme ça, je pense que cela devient vite invivable. Et moi, je veux vivre, vivre avec lui et nos enfants. Peut-être qu’à cette question je répondrais différemment à d’autres moments de notre vie ?!!

Pourquoi le don plutôt que l’adoption ?

L’adoption, nous avons participé aux réunions organisées par le conseil général, c’est à décourager une armée d’éléphants. Cela me semblait encore plus long et incertain que le don. Mon conjoint, ne se sentait pas du tout à l’aise avec l’idée de l’enfant venant d’ailleurs (ayant été témoin, plus jeune, d’un échec sanglant d’adoption).

Cela me faisait vraiment mal de devoir justifier mes capacités, nos capacités, à être parents.

Mais surtout, le temps de la réalisation de ces démarches, me paraissaient terriblement long. Je ne pouvais pas rajouter des années d’attente à celles que je vivais déjà, d’autant que nous n’avons plus 20 ans; ni même 30.

Comme pour l’adoption, il y a la question des origines. T’inquiètes-tu de ne pas savoir exactement d’où viennent tes enfants ?

Je sais d’où ils viennent. Ils viennent d’un désir, d’une volonté, la nôtre, de notre couple. Et du mélange des gamètes d’une jeune femme Tchèque et de leur père, mon Chéri.

Cette question pose la question de la part du biologique, du social, de l’affectif. Ils viennent de mon ventre, après avoir commencé leur multiplication cellulaire dans une boîte de pétri. J’étais d’accord pour accueillir un enfant d’ailleurs dans le cadre d’un parcours d’adoption, ignorant tout ou presque de sa vie d’avant. Alors les petits nés du don me semblent moins mystérieux.

Appréhendes-tu les questions qu’ils vous poseront plus tard ?

Non, je  n’appréhende pas. Tous les enfants du monde se posent la question et pose la question à leurs parents, de leurs origines réelles ou mythiques. Mais j’aimerais qu’ils puissent s’ils le désirent avoir des informations sur la donneuse. J’espère que lorsqu’ils seront grands, les lois et les mentalités auront changé et qu’ils pourront, s’ils le veulent, savoir qui était la donneuse.

En tout cas nos enfants sont informés de l’histoire de leur arrivée sur terre, cela ne sera surtout pas un secret.

A quel moment as-tu décidé de passer à une fiv avec don plutôt que de faire une nouvelle tentative avec tes ovocytes ? Pourquoi à ce moment-là et pas plus tôt ou plus tard ?

Pas plus tôt, car les cons de médecins PMA que j’ai rencontrés, m’ont fait « croire » que tout allait bien et attendre (2 ans entre 38 ans et 40 ans, ce qui est largement trop tard) que ça vienne tout seul, puis attendre 8 mois avant de réaliser une fiv.

Si j’avais su dès 2008, que mes ovocytes ne donneraient rien, nous serions partis à ce moment-là vers le don d’ovocytes. Pour ça, je leur en veux encore beaucoup ! Moi je sentais que quelque chose n’allait pas, je me posais mille questions et je souffrais beaucoup. Je ne voulais pas essayer encore avec mes ovocytes, car je trouvais que nous avions perdu assez de temps comme ça. Je ne voulais plus souffrir, ni subir des traitements pour des résultats plus qu’aléatoires. Avec le don, mes chances d’être enceinte, puis mère, passaient carrément à 50 % par tentative. Alors qu’avec mes ovocytes, j’avais derrière moi des années d’essais infructueux.

Donc dès l’échec de notre deuxième fiv en France, nous nous sommes inscrits dans la clinique tchèque pour avoir une proposition de date pour la tentative. Pourtant quand nous avons rencontré les deux gynécologues parisiennes spécialisées en don, la première nous a proposé de refaire une tentative avec mes ovocytes, mais je n’ai pas voulu. Dans ma tête, il était plus que grand temps de passer à autre chose, c’était en septembre 2010.

Passons au côté pratique. J’ai lu sur ton blog que tu trouvais important d’être suivie en France par un médecin spécialisé dans le don. Je ne comprends pas en quoi une fiv avec don est médicalement différente d’une fiv classique. Peux-tu nous expliquer ?

Je dis ça, parce qu’une fois que nous nous sommes décidés pour le don, les gynécologues spécialisés en PMA par chez nous étaient incapables de faire ce qu’il fallait. Le professeur PMA qui nous avait fait les fiv, nous a juste dit, lorsque je lui demandais, s’il pouvait nous accompagner dans la démarche du don : « oui bien sûr, les sages-femmes pourront vous faire les échographies », un peu juste pour un suivi, d’autant que si les fiv classiques n’ont pas fonctionné, il faut peut-être chercher à comprendre pourquoi et pas juste se dire c’est la faute à l’infertilité inexpliquée, motif qu’ils nous donnaient pour conclure !!

Puis j’ai rencontré un gynécologue de ville, pour qu’il me prescrive le traitement lors du premier don. Il n’y connaissait rien, il disait amen aux demandes que je lui faisais concernant les médicaments. Il est parti en retraite très vite. Son collègue était pareil, il me faisait les échos et prescrivait les médicaments préconisés par la clinique. Cette tentative a été un échec. Puis je me suis décidé à monter à Paris, suite aux conseils des filles sur le forum Maia, pour rencontrer des médecins spécialisés en don d’ovocytes, spermatozoïdes, doubles dons, etc. J’ai rencontré deux femmes gynécologues spécialisées en don, pour pouvoir choisir celle qui me convenait le mieux. J’avais besoin de maîtriser un peu la situation, de choisir le médecin qui me semblait le mieux pour nous accompagner. j’avais besoin de maîtriser les choses, de choisir quelqu’un qui nous fasse du bien.

La deuxième, a été la seule médecin PMA qui a pris le temps de lire tout mon dossier avec mes examens depuis 2005, à remplir des tableaux avec l’évolution des taux des différentes hormones. La seule aussi qui a préconisé des examens complémentaires qui pouvaient mettre en évidence un problème d’infertilité et d’échec de grossesse. La seule qui a prescrit une mammographie (quand on connaît l’impact des stimulations hormonales sur le cancer du sein). La seule qui connaissait les cliniques qui pratiquent le don en Espagne, en République tchèque pour y être allée dans le but de voir comment ils travaillaient. Les examens sanguins qu’elle a prescrits ont mis en évidence des soucis avec mes anticorps, elle a mis en place un traitement adapté. Elle a su aussi réagir face à l’apparition de l’hyperthyroïdie, en m’adressant à une collègue à elle, endocrinologue et gynécologue, qui connaissait aussi les parcours don, en adaptant le traitement de stimulation pour voir comment évoluait ma tsh. Elle a mis en place, juste avant le début du blocage, un traitement d’attente, pour voir si ma thyroïde allait se calmer ou pas et si nous allions partir ou pas. Ce contre temps qui en d’autre temps m’aurait rendu dingue, m’a permis de gérer les différents rendez-vous médicaux et les décisions qui en découlaient et de commencer quand même finalement le traitement, avec un peu de retard mais sans conséquence sur le protocole de la clinique et avec en prime une belle réussite à la clef. Elle maîtrise la question, elle n’est pas la seule, d’autres gynécologues s’intéressent aux fiv qui sortent de l’ordinaire et proposent des protocoles vraiment adaptés aux problèmes rencontrés par les couples.

Ce qui change aussi, c’est qu’ils travaillent de façon partagée. La clinique qui se trouve à l’étranger à des milliers de kilomètres préconise un traitement, le gynécologue doit partager son savoir, ses compétences avec cette clinique à l’étranger pour la réussite de la grossesse de la patiente. Pour moi, elle a adapté le traitement préconisé par la clinique, suite à l’apparition de l’hyperthyroïdie et des anticorps, elle m’a téléphoné le soir chez moi pour prendre de mes nouvelles. Elle a assuré, je me suis sentie comprise, en confiance, soignée, suivie et nous avons réussis à être enceinte et à avoir deux beaux bébés.

Pourquoi avoir choisi de faire ta fiv avec don à l’étranger plutôt qu’en France ? 

Délais d’attente trop longs en France, de plus le médecin Fiv nous a clairement dit « à votre âge, vous n’êtes pas prioritaire. » D’ailleurs je m’étais renseignée directement et depuis un moment pour le don à l’étranger. Je voulais aller vite et bien. Je cherchais à aller mieux, à retrouver goût à la vie et ce n’est pas avec le ceccos et ces délais impossibles que j’allais pouvoir obtenir ça. De plus, dans notre CHU ils ne pratiquaient pas le don d’ovocytes. Donc le don à l’étranger a de suite été la solution.

D’ailleurs était-ce vraiment un choix ?

Les solutions proposées ne sont pas du tout les mêmes : rapidité et efficacité à l’étranger contre lourdeur et longueur avant un possible essai en France (des années d’attente !!! Non merci pas possible). D’autant que le doc fiv nous avait dit que nous n’étions pas prioritaires en France vu notre âge !!! Ségrégation !!! Le choix est donc vite fait.

Comment choisir le pays ? Quels ont été tes critères ?

Le prix, l’organisation de la tentative, les retours sur la prise en charge. Pourquoi finalement la République Tchèque ? J’ai choisi la République Tchèque, car sur le forum Maia les retours sur la prise en charge étaient super positifs. Accueil humain et chaleureux, ce dont j’avais besoin après avoir été maltraitée en France. Prix moindre qu’en Espagne. De plus, l’Espagne me paraissait être comme un grand « supermarché à bébés ». Tu t’inscris et après 2 mois, hop tu peux faire une tentative à 8000 euros. Je n’avais pas les moyens d’engager 8000 euros, surtout lorsque je pensais que cela pourrait ne pas fonctionner du premier coup et qu’il faudrait de nouveau payer 8000 euros. Et j’avais besoin de rêver un peu, la République tchèque me semblait faire moins « supermarché à bébés ». En République Tchèque, le tarif était moitié moins. De plus, en passant par l,association le tarif est un peu réduit aussi.

De plus l’organisation tchèque permettait de s’organiser longtemps à l’avance, car la tentative était programmée des mois à l’avance. Tu sais que telle semaine, il faudra être là-bas pour le mélange des gamètes, puis pour le transfert, donc tu t’organises à l’avance, les billets d’avion sont moins chers payés à l’avance, tu poses des congés, tout est planifié en amont et ça c’est rassurant, pour moi ça l’a été. Alors qu’en Espagne les exemples que j’avais disaient que les gens étaient appelés au dernier moment, et devaient sauter dans un avion du jour pour le lendemain. Gregor Mendel l’inventeur de la génétique chez les petits pois était tchèque.

Selon les pays, quelles sont les différences ? Les tarifs ? Les délais d’attente ? Des limites d’âge ? Des moyens techniques ?

Les techniques sont les mêmes partout, ensuite les législations peuvent différer, par exemple enRépublique tchèque, je crois qu’ils ne font pas de fiv pour des femmes seules. Les tarifs sont à disposition sur les différents sites internet des cliniques.

Que savez-vous de la donneuse ?

Son année de naissance, la couleur de ses yeux, de ses cheveux, son groupe sanguin tout ça annoncé le jour du mélange des gamètes. Il y a d’autres cliniques où tu peux choisir à l’avance ta donneuse entre plusieurs propositions. J’ai eu l’opportunité dans une autre clinique de devoir choisir et bien j’ai trouvé ça plus compliqué.

Comment est-elle choisie ?

Dans la clinique où je suis allée, ce sont des critères physiques de ressemblance avec la future maman et puis son groupe sanguin.

Peux-tu nous raconter tes aventures ?

Hou là  là là, cela serait trop long, il faut aller voir sur mon blog en mai-juin 2011 pour la première tentative, puis en octobre-novembre 2011 pour la deuxième. En tout cas nos deux voyages se sont bien passés. La République Tchèque est un pays agréable, les gens sont calmes. Nous avons vu de belles choses à Prague notamment.

Et maintenant, c’est comment la vie d’après ?

Elle file à 100 à l’heure mais j’aime ça. Je me sens bien à ma place, dans mon rôle.

Le fait que tes bébés viennent du don, est-ce que ça change quelque chose maintenant qu’ils sont là ? Est-ce que tu y penses ?

Oui, j’y pense. Pas tout le temps non plus. Mais quand les gens disent : « oh comme il ressemble à….. ». Ou lorsque le pédiatre nous demande si, dans la famille il y a des allergies, des problèmes de vue, du côté des gènes paternels nous savons, mais du côté des gènes maternels nous ne savons pas. Cela fait partie de notre histoire à nous. J’espère qu’ils seront heureux.

La semaine dernière une dame m’a dit : « votre fille ressemble beaucoup à son papa et votre fils c’est à vous qu’il ressemble », comme quoi !! J’avais envie de lui rappeler, car elle connaissait l’histoire de nos enfants (c’est la sage-femme libérale qui m’avait suivie au retour à la maison suite à  l’hospitalisation pour MAP). Mais je n’ai pas dit ce que je pensais lui dire. Je sais que mes enfants vont me ressembler, car  leurs attitudes, leurs mimiques, leurs gestuelles seront copiées sur les miennes et celles de leur papa.

Alors, heureuse ou pas ?

Je suis totalement heureuse, amoureuse de mes petits bébés. Mais si j’avais su plutôt que mes ovocytes étaient inaptes à la procréation, je serais partie beaucoup plus tôt à l’étranger pour un don d’ovocyte et j’aurais plus que deux bébés. Je voudrais encore pleins d’autres enfants !!!!!

Alors voilà. Je ne sais pas vous, mais moi je suis toute émue. J’espère que cette interview aidera celles qui comme moi se posent plein de questions sur le don ou celles qui n’y pensaient pas mais qui maintenant vont peut-être y réfléchir.

Mille mercis à Irouwen pour sa générosité et sa sincérité ! ! !

Allez faire un tour sur son blog très attachant si vous ne le connaissez pas déjà. Personnellement, il me donne beaucoup d’espoir. Lisez en particulier le billet du 31 octobre 2012.

26 commentaires »

Il était une fois…

Lily, c’est moi. J’ai 40 ans. J’ai gravi des montagnes, des collines, pris des chemins sinueux et alors que je n’y croyais plus, j’ai (enfin !) rencontré mon prince charmant. Nous nous sommes mariés en 2011 dans le joli petit village de Chénou avec son église, son marché, sa forêt, ses canards…

Et comment se terminent les contes de fées ? Ils se marièrent et eurent beaucoup… Eh bien non ! Dans notre cas, notre rêve d’enfants est toujours un rêve. En 2011, j’ai eu deux graines de bébé dans mon ventre, mais malheureusement, à chaque fois, la petite graine ne s’est pas transformée en bébé potelé.

Alors, parce que je suis triste et que mon prince n’aime pas me voir dans cet état-là, parce que cela crée des tensions entre nous et que j’ai malgré tout besoin de m’exprimer, j’ai décidé de commencer ce blog en espérant que d’autres princesses, qui comme moi ont un rêve contrarié de bébé, passeront par là, que nous pourrons partager nos histoires, nos rires et nos larmes, que nous pourrons tisser des liens d’amitié qui rendront notre attente plus douce.

6 commentaires »