Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Premières larmes

Et le 6 janvier 2017 est arrivé…

Cérès nous a accueilli par un « on fait l’échographie et on discute après, c’est ça ? » Oui, oui, c’est ça !

On a vu un embryon de 38,6 mm à 8 SG + 5. Cette fois-ci, j’ai reconnu le petit cœur qui bat. Et surtout il bougeait, comme s’il nageait sur le dos. On voyait des ronds à la place des mains et des pieds, comme un petit nounours. De le voir bouger, de le voir tellement vivant, j’en ai versé quelques larmes. Dans ma tête, à ce moment-là, pour la première fois depuis une éternité, il y avait un « peut-être que peut-être… » En revenant dans le cabinet, j’avais les mains qui tremblaient.

Mon chéri a demandé à Cérès quelles étaient nos chances que tout se passe bien maintenant. Elle a répondu : 90 %. Elle dit que la plupart des fausses couches qui se manifestent à la fin du premier trimestre, on les auraient vues si on avait fait une échographie vers 8 SA. Pour elle, un embryon de bonne taille avec un battement cardiaque vers 8 SA est de très bon augure.

Ce fut ensuite le moment des adieux. J’étais tellement bouleversée que je n’ai réussi qu’à dire : « Merci ». Mais j’ai vu à son regard que mon visage avait su exprimer ce qu’il y avait dans mon cœur. Une page de plus de trois ans qui se tourne. C’est tellement irréel. Je serre contre moi l’image de mon petit nounours pour essayer de m’imprégner de cette nouvelle réalité.

En rentrant, mon chéri a dit : « Pourquoi elle a dit 90% ? Ce n’est pas bien de donner de faux espoirs ! » Et puis en regardant sur internet, il a vu qu’elle n’était pas la seule à avoir cet avis sur l’écho des 8 SA. Alors ses yeux se sont mis à briller. Je désespérais de les revoir briller un jour et pourtant cela m’a fait peur car moi, je pensais aux 10 %…

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Et l’homme dans tout ça ?

L’homme est une bête étrange qui prend un malin plaisir à désespérer quand j’espère et inversement.

Comme je vous l’ai dit, pendant le voyage, alors que je m’attendais à l’entendre soupirer et traîner des pieds, il a été tout à fait charmant et attentionné. Pourtant je savais que pour lui, c’était le dernier voyage et peut-être même le voyage de trop dans la mesure où il avait abandonné tout espoir.

De retour chez nous en revanche, c’est comme s’il ne s’était rien passé. Le sujet était clos. Quand je lui parlais, parce que je ne pouvais pas m’en empêcher, de mes craintes car j’avais ressenti tel ou tel truc qui pourrait peut-être être mauvais signe, il me faisait comprendre de façon à peine voilée que de toute façon il ne fallait pas trop espérer.

Quand je lui ai dit que la prise de sang était positive, il a dû me répondre un truc du genre : « D’accord. On mange quoi ce soir ? »

Quand je lui ai dit que le deuxième taux avait doublé, il a à peine tourné la tête de son ordinateur et ne m’a même pas demandé mes taux. (Alors que les autres fois, il faisait des courbes et vérifiait sur internet que j’étais dans les normes. Il me rassurait quand je trouvais mes taux un peu bas ou ne doublant pas assez franchement.)

Quand je lui ai dit que le troisième taux avait doublé, il m’a quand même demandé les chiffres tout en enchaînant sur une phrase pessimiste.

Je ne lui ai pas parlé de mes espoirs suscités par mon premier taux largement plus haut que d’habitude et mes x2,5. J’ai compris qu’il se protégeait et j’ai croisé les doigts pour que finalement il ait une bonne surprise. Je pense à ce jour de 2011 où, pour la première fois, je tenais en main un test de grossesse positif. Je ne savais pas comment il allait réagir, car nous pensions tous les deux qu’à mon âge, j’allais mettre des mois à tomber enceinte. J’avais peur qu’il ne soit pas prêt. Mais au-delà de la surprise, j’ai surtout vu ses yeux briller. Alors, depuis ma première fausse couche, je n’ai qu’une envie : les revoir briller un jour.

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Sixième attente

attente

On pourrait croire qu’on s’habitue, mais pas du tout.

A J5 post transfert, j’avais l’impression d’attendre depuis une éternité.

Pour apprivoiser la douleur de l’échec, j’ai à chaque fois le même rituel. Prendre la claque d’un négatif dans la figure en lisant les résultats du labo me semble au-dessus de mes forces. J’ai l’impression que mon cœur n’y résisterait pas. Alors, je procède par étapes.

 

Étape 1 : le test bandelette (acheté ici par exemple):

Pourquoi un test bandelette ? Parce que ce n’est pas cher, on peut donc en faire plein. Parce que si c’est négatif, on peut toujours avoir l’espoir que le test est défectueux ou pas assez fiable. Règle d’or : toujours toujours faire ce test trop tôt. Comme ça si c’est négatif, on ne peut pas exclure qu’il soit positif le lendemain ou le surlendemain. Bien sûr plus les jours avancent et plus un test négatif sent le roussi, mais la mauvaise nouvelle arrive petit à petit, donc on peut l’apprivoiser jour après jour. A ce stade, vous vous dites sûrement soit que je suis géniale, soit que je suis cinglée. Hmm… Ne répondez pas !

 

Étape 2 : le test ClearBlue digital

Pourquoi digital ? Pour ne pas se prendre le chou : on la voit là la deuxième barre ou pas ? elle est assez foncée ? Bien sûr, on ne passe à cette étape que si on a pu voir un deuxième trait à l’étape précédente. Grâce à ma méthode de génie (ou de cinglée) je me suis épargné à chaque fois de lire les mots « pas enceinte ». Même quand je le sais, la lecture de ces mots me semble beaucoup trop cruelle.

 

Étape 3 : la prise de sang en laboratoire

Quand on est en PMA, cette étape est obligatoire, même quand on est certaine à 100 % d’avoir le ventre vide. Le gynécologue et la clinique ont besoin d’une preuve écrite. Je crois que j’ai toujours fait le premier test à J10 post transfert. Ensuite tous les deux jours jusqu’à ce que Cérès me dise d’arrêter.

 

Et en pratique ?

Cette fois-ci, j’ai battu un record puis que j’ai commencé les tests bandelettes à J5 post transfert. Oui, oui, oui, je suis folle. Mais le plus fou dans l’histoire, c’est que le premier test a laissé apparaître une très légère deuxième bande rose au bout de 10 minutes (qui est l’extrême limite de validité du test). J’ai fait ce test tous les matins jusqu’à J9 post transfert. La deuxième bande est apparue plus tôt et plus foncée. Attention, vous pouvez très bien avoir un matin une bande légèrement plus claire que la veille et ça ne veut rien dire. Alors, ne faites pas comme moi, ne paniquez pas ! Si j’ai commencé les tests aussi tôt cette fois-ci, c’est que j’étais dans tous mes états et aussi que j’ai ressenti un léger chatouillis dans le bas du ventre. Une sensation que j’avais totalement oubliée, mais que j’avais ressentie en 2011 lors de ma toute première grossesse. Donc, impossible de ne pas vérifier !

A J9 post transfert, j’ai aussi fait le test ClearBlue en espérant de toutes mes forces voir apparaître « enceinte 2-3 » et non « enceinte 1-2 » car un taux hcg plus élevé me donnerait davantage d’espoir. Et pour la première fois « enceinte 2-3 » est apparu ! Il faut m’imaginer pendant toutes ces étapes le cœur battant comme un fou et les mains tremblantes.

A J10 post transfert, le 21 novembre 2016, je suis allée de bon matin faire ma première prise de sang. Pour une raison inconnue, les résultats sont tombés très tard, en fin d’après-midi. J’ai cru mourir. J’ai fait une crise d’angoisse, assise sur mon canapé, avec des difficultés à respirer, dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit, même de regarder la télé, mon téléphone à la main, attendant le sms avec les codes pour consulter les résultats sur internet. Et enfin, le sms est arrivé. En réalité, j’ai reçu deux sms car j’avais fait une autre analyse en même temps (les plaquettes pour le Lovenox, je crois). Mes mains se sont remises à trembler. Dix fois, j’ai entré le mauvais code (celui des plaquettes,  dont je n’avais rien à faire évidemment). Et enfin, la page est apparue. J’ai d’abord eu un petit moment de flottement car mes yeux sont tombés sur le taux précédent (qui était un taux post fausse couche, donc pas brillant). Et puis je l’ai vu : 493 ! Un record pour moi ! Un taux qui ressemble à celui des pmettes dont la grossesse se termine par l’arrivée d’un bébé et non une fausse couche ! Je sais (hélas) que ce n’est pas une garantie, mais mon cœur est gonflé d’espoir. Je suis parallèlement déjà angoissée par la peur que le taux ne double pas à J12 post transfert.

Mais à J12 post transfert, le 23 novembre 2016… 1327 ! Ça a plus que doublé ! x 2,5 !

Et le 25 novembre 2016, à J14 post transfert… 3470 ! Encore x 2,5 !

Ah ! la la ! ce mélange d’espoir fou et de peur immense !

Le jour-même, j’ai reçu un appel de la secrétaire de Cérès. Je dois arrêter les prises de sang et j’ai un rendez-vous le 16 décembre. Ah ! ce fameux rendez-vous ! Celui où les autres entendent le cœur de leur espoir de bébé battre pour la première fois ! Celui déjà programmé 5 fois pour finalement parler, de geu, de fausse couche ou de stratégie post échec…

Une nouvelle attente commence. Ai-je raison d’espérer ? Une fois encore… Ou vais-je, comme d’habitude, me prendre une claque dont je sais qu’elle sera plus terrible encore que toutes les autres ?

Mes pensées tourbillonnent, oscillant de l’espoir à la terreur à une vitesse vertigineuse…

 

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