Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Le choix des mots

MèreAttention, billet positif ! Je me projette !

C’est en discutant avec Lutine, que mes réflexions ont avancé sur le sujet. La question de départ était de savoir comment nommer la donneuse d’ovocytes auprès de notre entourage puis de notre futur enfant. Lutine me disait que je ne serais pas la mère génétique de mon futur enfant, mais que j’en serais la mère biologique. Gros chamboulement dans ma tête ! J’avais jusqu’ici toujours confondu les notions de « mère biologique » et « mère génétique ».

Mais d’abord au fait, c’est quoi une mère ? Je prends mon dictionnaire, Le Petit Robert 2001.

Entre « merdoyer » et « merguez » (et après on s’étonne de galérer !), nous avons :

Mère :

1- Femme qui a mis au monde un ou plusieurs enfants.

3- Femme qui a conçu et porte un enfant.

Mère d’accueil : femme dont l’utérus sert de réceptacle, le temps de la grossesse, à l’ovule fécondé d’une autre femme qui est la mère génétique, biologique. Mère couveuse.

Mère porteuse, mère d’emprunt, mère de substitution : femme inséminée artificiellement qui porte un enfant pour un couple dont la femme est stérile ( abusivement, mère d’accueil ).

Confus, non ? Si je ne m’abuse ce qu’on appelle « mère porteuse » actuellement correspond à la « mère d’accueil » de mon dictionnaire.

Et surtout incomplet. Pas un mot sur la mère adoptive, par exemple !

Voici mon petit dictionnaire perso, à la mode Lily.

Mère génétique : donne à l’enfant son patrimoine génétique.

Mère biologique : donne naissance à l’enfant.

Mère porteuse : mère biologique, non génétique.

Mère légale : mère qui a l’obligation légale de s’occuper de l’enfant. La mère adoptive en est un exemple.

Vraie mère : rayée de mon vocabulaire car cela sous-entend que dans l’histoire il y a une fausse mère. Inexact et insupportable !

Prenons le cas classique, le cas standard, le cas rêvé, le cas fantasmé, le cas qui arrive aux autres et pas à nous, le cas de la femme qui fait l’amour à son mari (ou son amant ;-)) et hop ! neuf mois après un joli bébé dans les bras ! Ça existe ? Supposons que oui. Cette femme est à la fois mère génétique, biologique et légale.

Prenons le cas de l’adoption. Il y a deux mères : celle qui est à la fois la mère génétique et la mère biologique ; et la mère adoptive qui est la mère légale.

Prenons le cas de la GPA. Il y a une mère porteuse et une mère légale-pas-en-France. Si la mère légale-pas-en-France n’est pas la mère génétique, entre en jeu une troisième femme, mère génétique, qui donne ses ovocytes.

Prenons le cas du don d’ovocytes. Il y a la mère biologique qui est aussi la mère légale et il y a la donneuse qui est la mère génétique.

Dans tout ça, il y a un truc qui me chiffonne. Peut-on donner le nom de « mères » à toutes ces femmes ?

Si pour paraphraser Simone, on ne naît pas mère, on le devient, ne devrait-on pas dire « femme porteuse » plutôt que « mère porteuse » ? Loin de moi l’idée de minimiser ce qui peut se passer pendant le temps de la grossesse médicalement (on en parle ici) ou psychologiquement. Bien sûr beaucoup de femmes se sentent déjà mères pendant leur grossesse. Mais le sont-elles réellement ou se projettent-elles en tant que futures mères du futur enfant qu’elles portent ? D’ailleurs moi-même, comme l’indique l’adresse de mon blog, il m’arrive de me sentir mère. Mais je le suis uniquement dans ma tête, pas dans les faits.

Dans le cas de l’adoption, il me semble qu’on peut réellement parler de « mère biologique » sans faire d’abus de langage, dans la mesure où ces femmes ont été dans la majorité des cas des mères aimantes dans les premiers temps de la vie de l’ enfant et que l’adoption doit être vue plus comme un geste d’amour que comme un abandon. Bien sûr il existe des cas beaucoup plus tragiques. Mais comme souvent on est dans l’ignorance de ce qui s’est réellement passé, il me semble que l’expression « mère biologique » est, dans le doute, bien adaptée.

Concernant la donneuse d’ovocytes, peut-on réellement la voir comme une « mère » génétique ? Elle n’a pas désiré avoir cet enfant-là. Elle n’a même jamais entendu parler du futur père. Elle ne verra jamais le bébé et ne s’en occupera jamais.

Quid des pères, me direz-vous ? On relit l’article en remplaçant le « m » par le »p », à ceci près que la gestation masculine n’étant pas d’actualité, on oublie le père porteur. Et celui qu’on appelle communément « père biologique » est en réalité « père génétique ».

Bon, finalement on l’appellera comment cette donneuse d’ovocytes ? Je crois que le mot « donneuse » est celui qui me satisfait le plus. Certaines femmes disent de leur donneuse qu’elle est leur fée et utilisent ce mot pour raconter leur histoire à leur enfant. Cette expression a l’avantage de mettre en évidence la générosité du don. Mais j’ai toujours détesté qu’on raconte des fables aux enfants (le Père Noël, tout ça…) et j’aurais peur que cela crée une confusion dans l’esprit de l’enfant. Il ne s’agit pas de magie, mais de science. La donneuse est une femme réelle, pas un personnage imaginaire.

Alors si la chance me sourit, dans quel cas je risque de sortir mon fusil ? Si on me dit que la donneuse est la mère biologique ou génétique de mon enfant (le mot « mère » ne passant absolument pas) ou pire si on me dit que c’est la « vraie mère » !

Mais j’avoue que j’ai beaucoup de mal avec l’expression « mère biologique » me concernant, car dans le langage courant une mère biologique est supposée être génétique et j’aurais l’impression de mentir par omission en utilisant cette expression.

Je suis impatiente d’avoir vos avis sur cette question un peu complexe !

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L’amour plus fort que la génétique

Vous avez certainement entendu parler de l’histoire de Manon et Mathilde, deux bébés échangés à la maternité.

Il y a quelques mois, j’ai vu une émission où étaient invitées Manon et sa maman Sophie (celle qui l’a élevée). Et j’ai été très touchée par les mots de Sophie. Elle disait que quand elle avait rencontré Mathilde, sa fille biologique, elle avait été frappée par la ressemblance physique, mais que c’est en sa fille Manon qu’elle se reconnaît. Je ne sais pas si c’est évident pour vous sur la photo, mais pour les avoir vues, je peux vous dire que la ressemblance était assez troublante. On voit très bien que la fille est d’origine réunionnaise et pas la mère et pourtant… il y a quelque chose dans leur façon de parler, le regard, le sourire, le port de tête qui ne laisse aucun doute sur le lien maternel qui les unit.

Ce témoignage m’a apaisée.

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Envie de bio

En vrac, mon état d’esprit du moment.

J’ai refait des analyses à la demande de Panoramix. Tout est dans les clous, sauf le taux d’AMH. Pour celles qui ne le savent pas, le taux d’AMH est un indicateur de la réserve ovarienne. La norme est située entre 2 et 6. Plus le taux est bas, plus tu as envie de pleurer. J’avais déjà fait cette analyse en décembre 2011. Il était de 6, ce qui était très rassurant. Mais voilà, moins d’un an plus tard, il est de 1,3 ! Bien sûr, je m’attendais à une baisse, mais à ce point-là ! ! ! A 6, ça veut dire que la réserve est bonne, alors comment la réserve peut-elle être épuisée quelques mois plus tard ? Du coup, j’appréhende la réaction de Panoramix demain. Va-t-il quand même vouloir tenter la FIV ?

Vendredi, nous sommes allés à la réunion du Conseil Général pour l’agrément. Cela devient de plus en plus concret. Plus qu’à constituer le dossier. Comme je suis tordue, maintenant que le projet d’adoption devient sérieux, je me rends compte que j’ai vraiment envie d’un enfant biologique. J’adorerais adopter des enfants pour agrandir la famille, mais j’ai besoin du côté magique du bébé, petit mélange de nous deux. Je sais bien qu’au fond, c’est idiot et que ce n’est pas le plus important dans le fait d’avoir un enfant à aimer. Mais là, tout de suite, j’ai du mal à y renoncer…

Sans en parler encore à mon prince, j’ai aussi pensé au don d’ovocyte. Ce serait une façon d’avoir un enfant de lui et aussi d’avoir un bébé (contrairement à l’adoption selon toute vraisemblance). Mais là encore, il manque le petit côté magique. Et puis le fait que ce bébé serait un enfant de mon chéri et d’une autre, ça fait bizarre…

Je sais que parmi celles (ceux ?) qui me lisent, il y en a qui ont dû renoncer à avoir un enfant biologique. Quel a été votre cheminement pour faire le deuil de ce rêve-là et passer sereinement à un projet d’adoption ou à un projet de bébé par don de gamètes ? Parce qu’en ce moment, ça se bouscule dans ma tête. Mais c’est un passage obligé, je suppose.

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Vive la rentrée !

Après de jolies vacances en Normandie

Le château de Nacqueville

et une semaine romantique à Prague,

Prague

Le pont Charles

Horloge astronomique

nous voici à l’aube d’une rentrée chargée.

En septembre un RV PMA avec Merlin notre spécialiste et aussi un autre RV avec Panoramix un autre spécialiste. En octobre un RV avec Saint-Pierre, un troisième spécialiste.

Parce que j’ai un petit doute sur Merlin. D’abord, il suit tranquillement son protocole comme si j’avais 25 ans et de nombreuses années devant moi. Moi je préfèrerais qu’il aille directement au traitement qui a le plus de chance d’aboutir, tant pis si c’est un traitement lourd. Ensuite, je trouve que je n’ai pas été très bien suivie pour les stimulations. C’est à chaque fois une personne différente (interne, externe ou sage-femme) et pour la deuxième stimulation, j’ai ovulé naturellement avant le déclenchement par Ovitrelle alors qu’on aurait dû me dire de faire une injection pour retarder l’ovulation.

D’où les deux autres spécialistes, pour n’avoir aucun regret. Le RV avec Saint-Pierre est une consultation privée. L’inconvénient est évidemment le prix, mais l’avantage est qu’on est suivi par le même médecin pour toutes les étapes et qu’il y a sans doute moins d’attente entre chaque RV.

Ce qui m’angoisse, c’est qu’il va falloir choisir, ne pas se tromper. Et comment choisir ? Je ne suis pas médecin, moi…

Par ailleurs, nous avons sauté le pas et envoyé au Conseil Général notre demande d’agrément. Les délais sont tellement longs et comme les couples plus âgés sont loin d’être prioritaires pour les enfants plus jeunes, je n’ai pas de temps à perdre.

Maintenant, je ne vous cache pas que mon rêve serait d’avoir un enfant biologique et ensuite un ou deux enfants adoptés.

Croisons les doigts !

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Au pays du temps qui passe

Le temps est mon ennemi. Je lui déclare la guerre et j’ai très peur de perdre.

A chaque fin de cycle, à chaque espoir déçu, je sais que mes chances diminuent, que ma fertilité baisse. Comme me l’a dit Merlin notre grand spécialiste : « A votre âge, c’est une loterie et il y a peu de tickets gagnants ». Un poète ce Merlin…

Le plus dur, c’est de se dire que les chances diminuent à chaque fois, inexorablement.

Je donnerais ma fortune et ma belle-mère pour avoir dix ans de moins et alléger cette angoisse du temps qui passe ! (Mon prince, si tu lis ces lignes, je plaisante pour ta mère. Hmm… Quoique…).

Depuis quelques temps, parce que ce serait insupportable de suspendre notre désir d’enfant uniquement à la PMA, nous parlons d’adoption. Mais là encore, le temps est mon ennemi.

En regardant des blogs ici et là, j’ai compris qu’il fallait souvent quatre ans entre le moment où on fait une demande d’agrément et le moment où l’enfant arrive dans sa nouvelle maison. Quatre ans ! Ça semble tellement long. Une éternité quand on a envie d’être maman MAINTENANT !

Et puis, je dois aussi avouer qu’il y a le problème de l’âge de l’enfant. Je sais bien que les bébés grandissent et que le pouponnage est une toute petite partie de la vie d’une maman. Seulement, voilà, j’ai une terrible envie de pouponner. Et pour ça aussi, le temps est mon ennemi, car on confie plus difficilement de jeunes enfants aux parents de plus de 40 ans.

Alors que faire ? Faire dès maintenant une demande d’agrément ? Ou attendre un peu (oui, mais combien de temps ?) pour voir si un bébé pma ne pointerait pas le bout de son nez ? Moi, je suis pour la première solution, mais mon prince est pour la seconde.

Et devinez quoi ? Eh bien j’attends… que nos violons s’accordent.

Sache-le, temps qui passe, je te déclare la guerre ! Tant pis si je suis armée d’un coton tige et toi d’un fusil, j’y crois ! Enfin j’essaye…

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