Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Retour vers le présent

Le présent, c’est avoir passé le cap des 37 SA, donc celui de la prématurité depuis lundi. (Qui l’eut cru ? Pas Droopy ni le Pr Diabolo en tout cas…) C’est avoir le vertige et ne pas réaliser que la prochaine étape est la naissance maintenant. Le temps s’écoule de manière très subjective. Il y a d’abord eu six ans interminables à me demander si un jour je serais maman, puis un premier trimestre qui n’en finit pas tant j’avais peur de revivre une fausse couche précoce, ensuite un deuxième trimestre comme suspendu entre le bonheur de n’avoir jamais été aussi près de mon rêve et la menace de la fausse couche tardive et enfin un troisième trimestre qui passe à la vitesse de l’éclair. L’impression de vivre seulement maintenant une grossesse normale, alors que peut-être elle l’était depuis le début.

Le présent, c’est réaliser petit à petit (mais vraiment très doucement) que mon petit lilyputien va bientôt sortir de mon ventre. Comment est-ce possible ? J’ai attendu six ans cette grossesse et maintenant elle durerait neuf mois comme pour tout le monde ? Mon cerveau a du mal à prendre en compte la nouvelle normalité de ma situation. Ce qui est étrange, c’est que pendant toutes ces années, j’ai rêvé d’avoir un bébé, mais pas du tout d’être enceinte, ça ne me faisait pas fantasmer. Et maintenant, je suis presque certaine que j’aurai le blues du petit bidon et de toutes ces sensations magiques.

Le présent, c’est se décider enfin à préparer sa valise pour la maternité. C’est que je ne veux pas accoucher maintenant, moi ! Je veux encore pouvoir en profiter un peu. Et puis, il y a tous ces projets de couture que j’ai commencé très tardivement pour cause d’angoisse et qui ne sont pas du tout finis…

Le présent, c’est s’émouvoir devant une lessive de petites chaussettes et de bodies. C’est pleurer en recevant les étiquettes pour marquer le linge avec son petit nom dessus. C’est caresser en rêvant les jolis meubles de la chambre bleue. Et c’est aussi avoir peur subitement qu’il arrive une catastrophe et que cette chambre n’accueille jamais de bébé.

Le présent, c’est mon petit lilyputien qui fait la fiesta tous les soirs. Et même si parfois ce n’est pas agréable, cela me fait fondre.

Le présent, c’est de me dire que malgré toutes ces années d’attente et de tristesse, je considère que j’ai une chance incroyable de vivre tous ces moments.

Vous toutes qui attendez depuis trop longtemps, je vous souhaite le même bonheur. Et n’oubliez pas que la chance peut vous sourire à tout moment, même quand vous vous y attendez le moins.

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