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FIV DO 2 La fin du fragile bonheur

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Après le transfert, il y a eu des douleurs de règles mardi et vendredi et les inquiétudes qui vont avec.

Il y a eu le test urinaire bandelette acheté sur internet. Fait le dimanche, donc un peu tôt, comme ça si c’est négatif, on peut encore espérer.

Il y a eu la bande rose pâle, si pâle que je dois plisser les yeux et regarder le test en lumière rasante pour peut-être la voir.

Il y a eu le test que j’ai osé acheter en pharmacie le lundi. L’affichage « Enceinte 1-2 ». Les mains qui tremblent. L’espoir qui pointe le bout de son nez.

Il y a eu la première prise de sang le mercredi et le premier taux : 124. L’espoir, mais aussi la crainte. Le taux n’est-il pas trop bas ? N’est-ce pas le signe d’un début de fausse couche ?

Il y a eu la peur du sang chaque fois que je vais aux toilettes.

Il y a eu un deuxième taux le vendredi : 314. Un plus que doublement qui fait espérer. Mais toujours l’angoisse à chaque petite douleur, à chaque symptôme qui s’atténue pour revenir.

Il y a eu un troisième taux le lundi : 1462. Plus que je n’espérais. L’espoir qui grandit. Mais pas longtemps. Un passage aux toilettes. Une tâche jaunâtre dans mon fond de culotte. Le cœur qui s’arrête. Essayer de se persuader que ce n’est peut-être pas du sang. Un nouveau passage aux toilettes. Une tâche brunâtre. Savoir que c’est bien du sang. Se rappeler les trois dernières fois où j’ai saigné. Espérer que la fin soit différente.

Il y a eu le mardi matin avec un appel dans un centre d’échographie spécialisé pour un rendez-vous en urgence. Il y a eu le mardi soir avec la voix slave, si douce, si rassurante. Et surtout le petit sac de 3 mm x 4 mm, tout de suite vu, avant même que la voix slave ne le signale. Une douce chaleur dans tout le corps. Un soulagement. Une vésicule vitelline rassurante, même s’il est trop tôt pour voir l’embryon. Un deuxième rendez-vous de pris. La voix slave qui dit que tant que le sang n’est pas rouge, il n’y a rien d’inquiétant. Juste l’embryon qui creuse son trou. L’espoir qui grandit plus fort. Ses yeux qui brillent, son optimisme, son envie d’un deuxième enfant, mon cœur qui déborde d’amour.

Il y a eu un quatrième taux le mercredi : 2730. L’angoisse de voir que l’augmentation ralentit. Le soulagement de découvrir sur internet qu’entre 1200 et 6000 le taux met plus de temps à doubler. Se dire que tout est sans doute normal.

Et puis il y a eu ce jeudi soir et ces fortes douleurs de règles. Les enfants confiés en catastrophe à une collègue. Un passage aux toilettes.

Du sang.

Rouge.

Un appel à mon mari. Un départ précipité chez moi. Attendre qu’il rentre pour partir aux urgences. Et toujours du sang. Toujours rouge. Un dernier passage aux toilettes avant de partir.

Blop.

Mon cœur qui se brise.

Le bruit de ce blop.

La sensation de ce blop.

La vision de ce blop.

La certitude. Les sanglots.

Les urgences. Les questions qui font mal.

Est-ce la première FIV ? Non.

Avez-vous des enfants ? Non.

L’attente. La douleur.

Le médecin qui arrive enfin. Et de nouveau les mêmes questions.

Est-ce la première FIV ? Non.

Avez-vous des enfants ? Non.

Ma voix qui se brise.

Le sang qui gicle quand je me déshabille.

La douleur.

L’échographie qui redit le vide.

 

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