Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Chirurgie esthétique

ChirurgieJ’ai longuement hésité. Il y avait le choix.

– une liposuccion pour liquider mes kilos de pma

– une augmentation mammaire pour me faire croire que je suis enceinte jusqu’à la fin de ma vie

– ou, plus audacieux, une prothèse de ventre, pour pouvoir faire les soldes chez Verbaudet.

Mais finalement, ce sera une hystéroplastie d’agrandissement. Très chic, n’est-ce pas ?

Car figurez-vous que non content d’être tapissé par un endomètre trop fin, mon utérus se pique d’avoir une forme originale en T (comme infertiliTy) ou en Y (comme infertilitY) au lieu de former un banal delta (comme celui du Nil, ô combien fertile).

J’ai été tentée de dire « F…ck « ! ou plus élégamment « Je suis comme je suis, je suis faite comme ça ! » en citant Prévert. Après tout, rien ne dit que mon utérus distilbène-like (impossible de savoir si je suis une fille DES) est incapable de mener une grossesse à terme. Mais il y a un doute.

J’ai vu un Grand Ponte de l’utérus pour savoir si une opération était pertinente dans mon cas.

Le Grand Professeur dans toute sa splendeur. J’ai envie de l’appeler Bernard, juste pour l’énerver. (Pardon aux Bernard qui me lisent !)

Nanard n’a pas besoin de faire une hystéroscopie pour savoir s’il doit me découper au scalpel ou pas. Il lui suffit de lire les brefs compte-rendus de ses deux collègues (voir ici et ici). Ce n’est pas que j’avais envie d’avoir une troisième hystéroscopie, les deux premières ayant été très douloureuses, mais je voulais un nouvel avis, un avis d’expert, pas une analyse de textes.

C’est alors que j’ai osé lui demander, téméraire que je suis, pourquoi il pensait que c’était une bonne idée de m’opérer.

Nanard a gonflé une narine, me laissant entrevoir le dragon qui sommeille en lui et, avec toute sa magnanimité, a daigné répondre à mon insolente question en énumérant ses arguments.

– Mon âge. Mais heu… Ta Majesté, je passe au don d’ovocytes !

– Mes fausses couches. Oserais-je, Ta Grâce, émettre l’hypothèse  qu’elles étaient dues à une mauvaise qualité ovocytaire résolue par le don ?

– Mes échecs en FIV. Sans vouloir insister, Ta Grandeur, mes ovocytes étaient un peu vieillissants…

– L’opération augmente la surface endométriale. Je t’ai déjà dit, Ton Excellence, que je t’aimais d’amour ?

– L’agrandissement de la cavité utérine pourrait diminuer le risque de fausse couche tardive. Ouais bon, Ta Magnificence, se faire opérer pour éviter un risque hypothétique, c’est pas tellement  sexy.

Bien évidemment, j’ai gardé mes réflexions pour moi, impressionnée que j’étais devant cet égo démesuré qui pouvait à tout moment m’éclater à la figure.

Cependant, je me suis permis de lui faire part du côté déstabilisant d’avoir des avis contradictoires. (Je pensais au premier grand ponte qui est très reconnu dans le domaine et qui estimait l’opération inutile. La deuxième spécialiste semblait quant à elle sortir d’un livre de Harry Potter.)

C’est là que Nanard a gonflé sa deuxième narine. Je me suis dit que ma dernière heure était arrivée ou qu’il allait me mettre à la porte, ce qui revient un peu au même.

Nanard donne son avis d’expert, un avis qui n’admet pas de discussion, ni de questions. Non ! Ne dis rien ! Nanard a parlé.

Bon, j’avoue que je relate cette visite avec un peu de mauvaise foi. Mais cela reflète quand même assez bien mon ressenti du moment.

Bien sûr, je ne remets pas en cause ses compétences. Mais un peu de pédagogie et d’humanité n’auraient pas nui. Comment ça, je rêve ?

Heureusement, j’ai vu peu de temps après Cérès qui est infiniment plus pédagogue. Ses arguments m’ont convaincue.

– Ça ne peut pas aggraver la situation (c’était ma grande crainte). Au pire, on fait l’opération pour rien.

– L’opération permettrait de dégager certaines zones de l’endomètre non massacrées par les curetages.

J’ai donc appelé Nanard, enfin sa secrétaire, pour accepter l’opération qui doit avoir lieu entre J7 et J14. Pour cause de fêtes de fin d’année et de fermeture du service, l’opération n’a pas pu être programmée avant fin janvier.

Seulement, voilà… Parce que je soupçonnais que l’opération n’allait pas tomber dans la dite période (effectivement, ce sera à J16), j’ai voulu regarder sur Internet si un petit décalage était important ou non.

Haaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Internet, c’est mal. Et j’ai été bien punie.

Je n’ai pas eu la réponse à ma question, mais j’ai eu la réponse à des questions que je ne me posais pas.

J’ai lu un article médical qui m’a fait très peur. Je lis qu’après une telle opération, comme l’utérus est cicatriciel, il y a un risque de :

rupture utérine pendant la grossesse. J’imagine mon ventre exploser comme une bulle de chewing-gum et ça me fait moyennement rire.

placenta acreta. Le placenta est mal placé et arrache tout sur son passage risquant une grave hémorragie. Et là je m’imagine être maman trente secondes et mourir juste après. Très bof.

Après plusieurs jours de grande panique où j’ai essayé de joindre Nanard sans succès et le cabinet de Cérès qui devait me rappeler, je me suis auto-dépaniquée en me disant qu’une femme qui accouche par césarienne a aussi un utérus cicatriciel. Et pourtant, je n’ai jamais entendu dire qu’une deuxième grossesse la tuerait à coup sûr.

Le cabinet de Cérès a enfin appelé au début de la semaine. La secrétaire me fait peur en me disant que ah ben oui c’est sûr il y a un risque mais je n’ai pas le choix. Elle me propose un rendez-vous vendredi dernier. De nouveau paniquée, je dis oui évidemment.

Il ressort du rendez-vous que :

– oui, il y a un risque, mais c’est plutôt rare. Impossible d’avoir un pourcentage.

– de toute façon j’ai déjà un risque d’acreta à cause de mes curetages. C’est supposé me rassurer ça ?

Conclusion, je me fais opérer lundi. Mais pas tranquille tranquille quand même…

Merci merci merci pour les chaleureux commentaires et mails que vous m’avez envoyés ! Je n’étais pas en état de répondre sur le moment, mais il m’ont fait du bien.

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