Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Méthotrexate

SeringueUn nom barbare pour une aventure qui ne l’est pas moins.

Samedi, mon taux de hcg a augmenté. Il s’agit donc d’une geu.

Dimanche, mon espoir tchèque a pris fin avec une injection de méthotrexate. C’est un médicament utilisé en chimiothérapie, mais ici à faible dose. Son rôle est d’arrêter la croissance de la petite chose mal placée. Mes globules blancs grignoteront ensuite la petite chose jusqu’à sa disparition.

The End

 arbre-de-coeur

 

Merci pour vos gentils petits mots.

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Trois petits tours et puis s’en vont

EnvolJe sais que parmi vous, il y en a qui voient dans le don d’ovocytes un véritable espoir. Et vous avez raison ! Cet échec ne doit pas vous démoraliser. Cet espoir est toujours là pour vous. Et j’essaye de me dire que pour moi aussi. Un essai n’est qu’un essai…

J’ai tardé à vous écrire car j’attendais d’y voir plus clair. Ces derniers jours, je suis passée par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

J5 Transferts de deux beaux blastocystes

J12 Test bandelette négatif. Trop tôt me direz-vous. Mais pour mes deux grossesses de 2011, le test était positif à J12. Je sentais depuis plusieurs jours une chaleur au niveau de l’utérus. Je me disais que peut-être… Mais je ne voulais surtout pas espérer en vain, même quelques jours. C’est pour cette raison que j’ai voulu faire le test. Et comme si mon corps avait attendu pour me lâcher que l’information arrive d’abord au cerveau, une trace rose le soir, puis de fortes douleurs de règles accompagnées de saignements le lendemain matin ont achevé de me convaincre. Même mes seins, toujours douloureux, semblaient moins gonflés malgré les hormones. Car j’ai continué mon traitement, bien sagement, jusqu’au verdict officiel. Je ne voulais pas qu’il y ait le moindre doute, qu’on me dise que le résultat négatif était une conséquence de l’arrêt du traitement.

J17, le 10 octobre, jour de la pds officielle. A 15h la secrétaire de Cérès m’annonce un taux positif de 123. Je n’en crois pas mes oreilles. Je tremble. J’espère, mais je n’oublie pas le sang et les douleurs de dimanche.

J19, nouvelle pds. C’est un samedi, je n’aurai donc les résultats que lundi matin.

J20 Les saignements reprennent.

J21 Le taux de samedi était de 245. Il a doublé. J’espère, mais je n’oublie pas les saignements. Je refais une pds. Je suis angoissée par cette attente. Le résultat tombe : 366. Il n’a pas doublé. Cérès me demande de refaire une pds dans 48h et une écho le plus vite possible. J’essaye d’être positive et de me dire que dans le pire des cas, ce taux signifie qu’il y a une accroche et que c’est donc un espoir pour la suite.

J22 Je fais l’écho. Pas de sac gestationnel dans l’utérus, mais un probable embryon du côté de l’ovaire gauche. Il y a donc pire que le pire des cas. Il y a la grossesse extra-utérine. Rien de positif pour la suite. Mon endomètre est tellement inhospitalier que mes embryons ont préféré soit se faire la malle, soit s’implanter ailleurs. Je vois tout ça sur l’écran de cinéma placé sur le mur en face de moi. Je pense à toutes ces femmes qui ont pleuré de joie en voyant pour la première fois leur futur bébé sur grand écran. Cérès me dit d’aller tout de suite aux urgences gynécologiques.

Aux urgences, nouvelle échographie par une interne, puis une autre par le gynécologue de service, un véritable guignol. Il a commencé par une entrée tonitruante, en lançant un bonjour guilleret comme si nous étions en train de vivre le plus beau jour de notre vie. A l’écho, il voit la même chose que l’échographe de la ville. Mais il ne peut pas affirmer à 100% que la tache sur l’ovaire gauche est un embryon, ni qu’il n’y a pas d’embryon dans l’utérus. Il est trop tôt, je ne suis qu’à 3SG+1. Je sais bien qu’à 3 SG, on est supposé voir un sac gestationnel, mais quand un médecin nous dit qu’il vaut mieux attendre, évidemment nous attendons, même si nous le trouvons tous les deux antipathique avec sa façon de jouer les kékés.

J23 Le taux du jour : 201.

J24 Nous retournons aux urgences. Le taux diminue. La fausse couche est en marche. Je n’aurai probablement pas besoin d’opération, ni de traitement médicamenteux. La tache sur l’ovaire n’a pas diminué. Impossible de sa voir si la grossesse a débuté là, dans l’utérus ou ailleurs. Dommage, un début de grossesse intra-utérine m’aurait donné un tout petit espoir pour la suite. J’y retourne demain pour surveiller.

Je suppose que vous imaginez mon chagrin et surtout la terrifiante angoisse pour la suite.

Mais pourquoi, une fois, une seule fois, une toute petite fois, la chance ne peut-elle pas être de mon côté ? 

Cet échec est plus dur à encaisser. Avant, je pouvais me dire que les embryons n’étaient pas viables. Cette fois-ci, je ne peux m’empêcher de penser que si on avait mis ces deux embryons dans le ventre d’une autre, ils seraient devenus de magnifiques bébés. Bien sûr, on ne peut pas le savoir. Mais me dire que c’est à cause de moi (même si je n’en suis pas responsable) que ces bébés ne verront pas le jour est tout simplement insupportable.

Prochaines étapes :

– Attendre que « ça » passe

– Me reposer

– Rester dans ma bulle

– Ne plus lire vos blogs pendant quelques temps. Je n’arrive plus à encaisser les mauvaises nouvelles, ni à me réjouir pour les bonnes. Et pourtant je vous souhaite à toutes le meilleur, vous le savez.

– Aller à mon rendez-vous dans quelques jours avec un ponte de l’utérus qui me dira soit qu’il n’y a rien à faire pour améliorer la situation (ce qui me déprimera), soit qu’on peut opérer (ce qui me terrifiera)

– Prendre un rendez-vous chez une nutritionniste. Mon chéri a lu je ne sais où qu’une carence en fer affinerait l’endomètre. Alors dans le doute… Fait ! J’y vais lundi.

– Convaincre mon prince de se coucher moins tard. D’après cet article, le sommeil a une influence sur la fertilité masculine.

En attendant…

Qu’on me cache les bébés

Qu’on me cache les enfants

Qu’on me cache les ventres ronds

Qu’on me cache les poussettes

Les doudous et les peluches

Qu’on me cache les mamans épanouies

Et aussi les mères indignes

Les papas et les familles

Qu’on me cache ces publicités pour des couches, des biberons, du lait, des biscottes, des voitures, du chocolat

Qui me vendent un bonheur auquel je n’ai pas droit

Qu’on m’épargne ces séries où il y a toujours une femme enceinte. Pourquoi ?

Qu’on m’épargne ces émissions qui tournent autour du bonheur d’être mère

Mon bébé, ma lumière, ma raison de vivre

Qu’on m’épargne ces émissions qui tournent autour de la difficulté d’être mère

J’ai cinq enfants, je n’en peux plus, je suis débordée

Qu’on fasse taire ces petites filles qui veulent savoir si j’ai un bébé dans le ventre parce que quand on a un amoureux

C’est si évident

Si simple

Si naturel

Qu’on me cache mes neveux

Leurs rires et leurs pleurs

Leurs petits pieds qui courent

Qu’on m’épargne leurs câlins

Si doux et si cruels

Qu’on me cache cette chambre bleue

Si vide

Qu’on me cache mon corps fatigué

Mon ventre rond

Et vide

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Pour Ange

AngeJe pense à toi…

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