Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Le blues du petit vélo

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Au secours ! A l’aide ! Rien ne va plus, je panique !

Il y a quelques semaines, c’était un samedi, je me suis levée avec une idée en tête : m’acheter un vélo. Cela faisait au moins un mois que j’y pensais. Une envie de faire un peu de sport pour faire la guerre à mes 15 kilos de PMA (je ne sais pas si la PMA est la seule responsable, mais ça ne m’a pas aidée, c’est sûr !), une envie de profiter du soleil et du fait que j’habite maintenant à la campagne. Quelques jours plus tôt, mon chéri m’avait dit : « On pourra acheter ton vélo ce week-end, si tu veux. »

Donc le samedi, dès mon réveil, je mettais le mot « vélo » dans toutes mes phrases. Mais très vite mon mari a calmé mon bel enthousiasme d’un : « Oui, bon ça va, j’ai compris ! » Ça m’a vexée. J’ai quitté la pièce et je suis allée… faire du repassage, preuve que j’étais vraiment contrariée car je vous prie de croire que le repassage ne fait pas partie du Top ten de mes activités préférées !

Et là, devant ma table à repasser, je me suis sentie plombée, puis emplie d’une tristesse tellement profonde que j’ai bien compris qu’elle allait au-delà de cette histoire de bicyclette. J’ai tout de suite pensé à mon désir d’enfants comme étant la cause de ma tristesse, même si je ne voyais pas le lien avec ce qui venait de se passer.

Puis, nous sommes allés manger à une pizzéria à côté de chez nous. Nous y allons tous les samedi midi. La clientèle y est très familiale. Alors bien sûr j’ai le cœur serré quand je vois toutes ces petites familles, comme chaque fois que je croise une poussette ou une femme enceinte dans la rue. Mais d’habitude je me contrôle.

Sauf que cette fois-ci, quand nous sommes arrivés, moi toujours un peu morose, devant le restaurant, j’ai vu ce petit enfant trotter devant le buffet et mes larmes se sont mises à couler sans que je les aie vues venir. Puis un serveur nous a placés à une table. Juste derrière ma chaise, il y avait une poussette. Mes larmes ont coulé. En face de moi, il y avait un bébé qui s’est mis à crier. Son cri m’a transpercée, comme s’il avait pénétré toutes les cellules de mon corps. Mes larmes ont coulé. Et un peu plus tard, un couple avec une femme enceinte s’est installé à la table d’à côté. Mes larmes ont encore coulé.

Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je ne supporte plus la moindre contrariété. L’autre jour, mon mari a effacé par mégarde le téléfilm que j’avais enregistré car je n’avais pas pu voir la fin. J’en ai fait un drame.

Demain je reprends le travail. C’est la pré-rentrée. Je n’ai aucune raison de stresser. Je suis au même endroit que l’année dernière et ça s’était très bien passé. Et pourtant, j’ai des bouffées d’angoisse. Je panique. J’ai l’impression d’être submergée. Je suis sous la vague, je ne peux plus respirer.

Si je suis dans cet état-là maintenant, avant le transfert, qu’est-ce que ce sera si vers le 15 octobre ma prise de sang est négative ? Et c’est très possible…

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FIV DO, les statistiques…

… à prendre avec des pincettes.

Sur le forum de Maia, j’ai trouvé le témoignage d’une adhérente qui est allée faire une FIV DO dans une clinique à Barcelone. Elle est aujourd’hui la maman d’une petite fille. Le médecin qu’elle a vu là-bas lui a donné les statistiques de sa clinique pour le transferts de deux blastocystes. Si je ne me suis pas trompée, en remettant tout sous forme de camembert, ça donne ça :

Stats

Ça me paraît incroyablement énorme par rapport aux taux de réussite des fivs en France !

Mais, il est vrai que les femmes qui font des fivs en France ont en moyenne des ovocytes de moins bonne qualité que les donneuses (âge, insuffisance ovarienne précoce). Ce n’est certes pas du 100 %, mais c’est encourageant.

Si vous regardez les stats des cliniques, méfiez-vous car souvent les taux de réussite affichés correspondent aux PDS + et non aux grossesses menées à terme.

Je ne perds cependant pas de vue que dans mon cas la part rouge est plus grande à cause de mon endomètre. De combien ? Là est toute l’angoissante question.

[EDIT : PDS = prise de sang pour mesurer le taux de bhcg environ 15 jours après le transfert]

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Top départ

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Samedi : J1
Aujourd’hui dimanche : piqûre de decapeptyl en intramusculaire

Voilà, voilà…

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La procréation assistée vue par Claude Lévi-Strauss

Association de patients de l'AMP et de personnes infertiles.

Pour se prémunir des préjugés et des moralistes en tout genre qui en appellent à la suprématie de LEURS valeurs (comme s’ils en étaient les uniques dépositaires), de LEUR vision de la filiation (souvent réduite, par leur manque d’imagination, quant à la réalité du quotidien de leurs concitoyens), de LEUR évaluation du soi disant danger qui guette LA Famille (dont ils pensent avoir le monopole), relisons un peu les écrits de l’ethnologue Levi Strauss, qui s’est longuement penché sur les structures de la parenté et n’a pas manqué d’apporter une contribution éclairée de ses connaissances aux nouvelles façons de construire une famille par le biais de l’assistance médicale à la procréation.

Parce qu’aucune société ne détient la vérité, en tout lieu et en tout temps, et que seule la conscience collective d’une population informée et bienveillante doit primer sur les lobbyings de quelques uns qui n’ont que l’avantage de crier…

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Le choix des mots

MèreAttention, billet positif ! Je me projette !

C’est en discutant avec Lutine, que mes réflexions ont avancé sur le sujet. La question de départ était de savoir comment nommer la donneuse d’ovocytes auprès de notre entourage puis de notre futur enfant. Lutine me disait que je ne serais pas la mère génétique de mon futur enfant, mais que j’en serais la mère biologique. Gros chamboulement dans ma tête ! J’avais jusqu’ici toujours confondu les notions de « mère biologique » et « mère génétique ».

Mais d’abord au fait, c’est quoi une mère ? Je prends mon dictionnaire, Le Petit Robert 2001.

Entre « merdoyer » et « merguez » (et après on s’étonne de galérer !), nous avons :

Mère :

1- Femme qui a mis au monde un ou plusieurs enfants.

3- Femme qui a conçu et porte un enfant.

Mère d’accueil : femme dont l’utérus sert de réceptacle, le temps de la grossesse, à l’ovule fécondé d’une autre femme qui est la mère génétique, biologique. Mère couveuse.

Mère porteuse, mère d’emprunt, mère de substitution : femme inséminée artificiellement qui porte un enfant pour un couple dont la femme est stérile ( abusivement, mère d’accueil ).

Confus, non ? Si je ne m’abuse ce qu’on appelle « mère porteuse » actuellement correspond à la « mère d’accueil » de mon dictionnaire.

Et surtout incomplet. Pas un mot sur la mère adoptive, par exemple !

Voici mon petit dictionnaire perso, à la mode Lily.

Mère génétique : donne à l’enfant son patrimoine génétique.

Mère biologique : donne naissance à l’enfant.

Mère porteuse : mère biologique, non génétique.

Mère légale : mère qui a l’obligation légale de s’occuper de l’enfant. La mère adoptive en est un exemple.

Vraie mère : rayée de mon vocabulaire car cela sous-entend que dans l’histoire il y a une fausse mère. Inexact et insupportable !

Prenons le cas classique, le cas standard, le cas rêvé, le cas fantasmé, le cas qui arrive aux autres et pas à nous, le cas de la femme qui fait l’amour à son mari (ou son amant ;-)) et hop ! neuf mois après un joli bébé dans les bras ! Ça existe ? Supposons que oui. Cette femme est à la fois mère génétique, biologique et légale.

Prenons le cas de l’adoption. Il y a deux mères : celle qui est à la fois la mère génétique et la mère biologique ; et la mère adoptive qui est la mère légale.

Prenons le cas de la GPA. Il y a une mère porteuse et une mère légale-pas-en-France. Si la mère légale-pas-en-France n’est pas la mère génétique, entre en jeu une troisième femme, mère génétique, qui donne ses ovocytes.

Prenons le cas du don d’ovocytes. Il y a la mère biologique qui est aussi la mère légale et il y a la donneuse qui est la mère génétique.

Dans tout ça, il y a un truc qui me chiffonne. Peut-on donner le nom de « mères » à toutes ces femmes ?

Si pour paraphraser Simone, on ne naît pas mère, on le devient, ne devrait-on pas dire « femme porteuse » plutôt que « mère porteuse » ? Loin de moi l’idée de minimiser ce qui peut se passer pendant le temps de la grossesse médicalement (on en parle ici) ou psychologiquement. Bien sûr beaucoup de femmes se sentent déjà mères pendant leur grossesse. Mais le sont-elles réellement ou se projettent-elles en tant que futures mères du futur enfant qu’elles portent ? D’ailleurs moi-même, comme l’indique l’adresse de mon blog, il m’arrive de me sentir mère. Mais je le suis uniquement dans ma tête, pas dans les faits.

Dans le cas de l’adoption, il me semble qu’on peut réellement parler de « mère biologique » sans faire d’abus de langage, dans la mesure où ces femmes ont été dans la majorité des cas des mères aimantes dans les premiers temps de la vie de l’ enfant et que l’adoption doit être vue plus comme un geste d’amour que comme un abandon. Bien sûr il existe des cas beaucoup plus tragiques. Mais comme souvent on est dans l’ignorance de ce qui s’est réellement passé, il me semble que l’expression « mère biologique » est, dans le doute, bien adaptée.

Concernant la donneuse d’ovocytes, peut-on réellement la voir comme une « mère » génétique ? Elle n’a pas désiré avoir cet enfant-là. Elle n’a même jamais entendu parler du futur père. Elle ne verra jamais le bébé et ne s’en occupera jamais.

Quid des pères, me direz-vous ? On relit l’article en remplaçant le « m » par le »p », à ceci près que la gestation masculine n’étant pas d’actualité, on oublie le père porteur. Et celui qu’on appelle communément « père biologique » est en réalité « père génétique ».

Bon, finalement on l’appellera comment cette donneuse d’ovocytes ? Je crois que le mot « donneuse » est celui qui me satisfait le plus. Certaines femmes disent de leur donneuse qu’elle est leur fée et utilisent ce mot pour raconter leur histoire à leur enfant. Cette expression a l’avantage de mettre en évidence la générosité du don. Mais j’ai toujours détesté qu’on raconte des fables aux enfants (le Père Noël, tout ça…) et j’aurais peur que cela crée une confusion dans l’esprit de l’enfant. Il ne s’agit pas de magie, mais de science. La donneuse est une femme réelle, pas un personnage imaginaire.

Alors si la chance me sourit, dans quel cas je risque de sortir mon fusil ? Si on me dit que la donneuse est la mère biologique ou génétique de mon enfant (le mot « mère » ne passant absolument pas) ou pire si on me dit que c’est la « vraie mère » !

Mais j’avoue que j’ai beaucoup de mal avec l’expression « mère biologique » me concernant, car dans le langage courant une mère biologique est supposée être génétique et j’aurais l’impression de mentir par omission en utilisant cette expression.

Je suis impatiente d’avoir vos avis sur cette question un peu complexe !

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