Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

Quand les autres en ont…

le juillet 17, 2012

C’est la charmante Kaymet du joli blog Un enfant peut(-)être qui m’a inspiré ce billet.

Je me suis souvenu de celle que je considérais comme ma meilleure amie. Je l’ai rencontrée à une époque où je désespérais de rencontrer un jour l’âme sœur. J’étais soit seule, soit mal accompagnée. J’étais doublement triste. Non seulement, je n’avais toujours pas rencontré l’homme de ma vie, mais en plus, les années défilant, cela remettait aussi en question mon rêve d’être maman un jour.

Nous étions très complices. Nous discutions de tout, il n’y avait pas de tabous. C’est surtout cela que j’appréciais dans notre relation. Et naturellement, souvent, nous plaisantions sur nos déboires amoureux.

Et puis un jour, elle a rencontré son prince. Et peu de temps après, elle est tombée enceinte. Son fils est né. Et elle est tombée enceinte à nouveau. J’étais très contente pour elle. Mais ma situation à moi n’évoluait pas.

Et c’est ce décalage (enfin je crois) qui a eu raison de notre amitié. Elle me donnait de moins en moins de nouvelles. Un jour, je lui ai téléphoné et j’ai eu la sensation bizarre que j’étais une étrangère pour elle. Comme elle était occupée, elle m’a dit qu’elle me rappellerait le soir-même. L’appel n’est jamais venu. J’ai cru qu’elle allait m’envoyer un mot pour m’annoncer la naissance de sa fille. Eh bien non. Je lui ai envoyé un mail peu de temps après pour lui annoncer que j’étais admissible à un concours qui allait changer ma vie. Pas de réponse.

J’ai eu beaucoup de peine et je me suis posé plein de questions, surtout que nous n’avons jamais eu d’explications. Mon mari a une théorie sur les relations. Il dit qu’on reste ami avec une personne si elle nous apporte quelque chose de positif. Tant que nous enchainions les histoires amoureuses improbables, nous nous apportions mutuellement le soutien et le réconfort dont nous avions besoin. Mais quand elle a rencontré son prince, je ne faisais que lui rappeler une situation qui faisait pour elle partie du passé. Et elle, elle vivait devant mes yeux la vie que j’aurais aimé vivre. Nous n’avons plus réussi à communiquer. C’est comme si nous vivions sur deux planètes différentes.

Bizarrement, peu de temps après notre « rupture », j’ai réussi le concours qui m’a permis d’exercer un métier qui me plaisait et de dire adieu à ma vie de petits boulots sans avenir. Et quelques mois après, j’ai rencontré mon futur mari… Moi qui avait partagé mes peines avec elle, j’ai regretté de ne pas avoir pu partager aussi mes joies.

Mais la question de Kaymet était de savoir si nous pouvions être amis avec de jeunes parents. Je pense que c’est très difficile. Car ils ne peuvent pas savoir (s’ils ne sont pas passés par là) ce que nous vivons et ils n’ont pas du tout envie de s’imaginer à notre place. De notre côté, nous aimerions tellement être à leur place, que nous sommes obligés de mettre une certaine distance pour nous protéger. Les parents aiment que l’on s’attendrissent sur leurs charmants bambins. Seulement, nous, si nous nous attendrissons, nous fondons en larmes. Mais je ne pense pas non plus que cela soit totalement impossible.

J’ai l’exemple de ma sœur. Elle s’est mariée dans ma période No Love’s Land. Elle a eu sa fille juste après ma rupture avec mon ex. Elle a eu son fils juste avant ma première fausse couche. Difficile de ne pas être plus en décalage. Et pourtant, elle a su me donner une place. Je ne me sens pas étrangère, je suis la Tata de ses enfants. Bien sûr j’ai souvent eu la gorge nouée et les larmes aux yeux en la voyant avec ses bébés, mais je me suis toujours sentie exister. Je l’écoute me parler de ses enfants et elle s’intéresse à mon parcours PMA. C’est un échange.

La bonne nouvelle, c’est que nous ne pouvons être amis qu’avec des personnes exceptionnelles. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y en a pas beaucoup.

Vous ne me voyez pas, mais tout en écrivant ce billet, je pleure. Mes règles sont arrivées. La deuxième stimulation a donc échoué. Je pleure aussi car il y a quelques jours, j’ai lu que le taux de réussite des FIV à 40 ans était de 5 % et je misais beaucoup sur la FIV pour optimiser mes chance d’être maman. J’ai besoin d’une petite lueur d’espoir et je ne la trouve pas.

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14 responses to “Quand les autres en ont…

  1. Lulu dit :

    Un petit mot pour te dire que je découvre ton blog… et que je comprends. Tu n’es pas seule. Courage.

  2. Lily dit :

    Merci Lulu, ton petit mot me fait chaud au cœur ! Et je m’en vais de ce pas découvrir ton blog…

  3. DraZS dit :

    bonsoir, je suis arrivée sur ton blog un peu au hasard, par l’intermédiaire de Kaymet.
    Il ne faut pas désesperer, je sais, c’est facile à dire, mais qui te dis que tu ne fera pas partie des 5 %? Je te le souhaite de tout coeur, a bientot

    • Lily dit :

      Merci DraZS ! Quand on a la poisse, on finit par se dire qu’on l’aura toujours. Mais, tu as raison, la chance peut tourner. Allez, on y croit !

  4. Laure dit :

    Pas facile l’amitié… J’ai une amie depuis mes 11 ans, et l’amitié a résisté même si il y a eu des hauts et des bas. Parfois l’amitié ne résiste pas aux changements…
    je suis désolée pour ta FIV… mais il faut toujours, toujours garder espoir :-))

    BISOUS ✰✯✮ Laure ✮✯✰
    http://suivre-mon-etoile.blogspot.fr/

  5. hope dit :

    lily , c le surnom que nous rêvons pour notre fille.Notre lily pointera t elle le bout de son nez un jour? si c un mec dommage pour lui , ce sera lily quand même 😛
    oui tu n’es pas seule, et d ailleurs moi aussi je suis la meilleure tata du monde.
    Au sujet des stats : 100% des gagnants ont tentés leur chance !!!
    biz !

    • Lily dit :

      Je propose Lilian pour un petit homme, comme ça tu peux lui garder le diminutif de Lily 😉
      Je souhaite à tes neveux un nouveau petit compagnon de jeu pour très bientôt.
      Bises.

  6. Kaymet dit :

    Lily, je suis vraiment désolée pour cette deuxième stim. Je t’envoie une grosse bise de réconfort par les ondes, même si je sais que dans ces cas-là, il est difficile de se sentir réconfortée.
    Oublie les stats que tu as lues – d’abord je ne crois pas une seule seconde que ça puisse être aussi bas. Mais quoi qu’il en soit, ce ne sont que des stats, donc ça ne peut s’appliquer qu’à un grand groupe de personnes, avec pour chacune des difficultés propres. Si ça se trouve, si on pouvait calculer la probabilité qu’une FIV marche dans ton cas précis, ce serait de 1 sur 3. Va savoir – il y a tellement de paramètres qui peuvent jouer.
    Pour ce qui est des amitiés avec de jeunes parents, la plupart de nos amis sont de jeunes parents, et avec beaucoup d’entre eux le lien reste fort malgré nos chemins de vie différents, voire même plus fort parfois car l’échange se fait sur d’autres plans. Mais quand ça ne se fait pas, quand il y a un décalage qui se crée au fil du temps qui ne fait qu’empirer, comme ça a été le cas avec l’amie dont tu parles, ça peut être très violent parce que c’est une douleur de plus, liée une fois encore à l’infertilité… Mais tu as raison, les amis qui restent sont des amis en or.
    Merci mille fois pour tes jolis mots sur mon blog, ça me touche beaucoup.
    Je t’embrasse fort

    • Lily dit :

      Merci Kaymet pour tes mots de réconfort. J’aime ta façon d’analyser les stats. Dans ces moments-là, j’ai une sérieuse tendance à voir les choses en noir. L’hôpital est en vacances (c’est autorisé par la loi ?), je suis donc aussi en vacances de PMA. La suite à la rentrée.
      A bientôt.
      Bises.
      Lily.

  7. Clo dit :

    En te lisant, j’ai les larmes aux yeux. Moi, comme toi, j’ai ma soeur et ses enfants et j’ai une place dans son coeur et c’est important. Courage pour la suite.

  8. Lily dit :

    Merci Clo. Je t’ai laissé un petit mot sur ton blog.
    Bises.
    Lily.

  9. Lisette dit :

    Il est intéressant ton billet parce que malheureusement assez vrai… On se sent un peu le c… entre deux chaises, une envie de ressembler à ces couples et leurs premiers enfants et en même temps un statut de couple sans enfant… Je n’ai jamais autant cotoyé de familles avec enfants que depuis que je connais notre infertilité… Hasard?
    Je t’embrasse, tu vis un difficile parcours…
    Et… Bravo pour ton concours !! 🙂 Même un peu en retard 🙂

    • Lily dit :

      Je ne crois pas qu’il y ait soudain plus d’enfants ou plus de femmes enceintes, c’est juste que maintenant, ça nous saute à la figure.
      Merci pour tes félicitations. Non non, ce n’est pas trop tard !:-)
      Courage à toi aussi miss Lisette. Je suis de tout cœur avec toi, pour le projet bébé et pour la thèse !
      Bises.
      Lily.

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