Les aventures de Lily au pays des cigognes

Le site d'une maman qui cherche le chemin jusqu'à son bébé

J’en parle à mon travail ou pas ?

J’ai testé les deux et voici ce que ça a donné.

Mais il faut d’abord que je vous dise que je suis enseignante en maternelle. Félicitez-moi au passage pour mon judicieux choix de carrière ! Quand on n’arrive pas à avoir un enfant, la maternelle, il y a des jours où ça remue « légèrement » le couteau dans la plaie…

En 2010-2011, je n’en ai pas parlé. Quand je suis tombée enceinte en février, je n’ai rien dit car je voulais attendre que le premier trimestre se passe. Et quand j’ai fait ma fausse couche à 9SG, je n’ai rien dit non plus. Sans doute parce que j’avais trop de peine pour en parler et que j’estimais que ça ne regardait que moi. Je précise que c’était ma première (et unique) année dans cette école, je n’étais donc pas spécialement proche de mes collègues. Avec la directrice, ça s’est plutôt mal passé. Elle ne l’a pas dit ouvertement, mais comme j’ai eu des absences que je ne justifiais pas, elle m’a fait sentir qu’elle me prenait pour une petite flemmarde qui n’avait pas une haute idée de ses responsabilités. Un jour, elle m’a envoyé un SMS en me demandant si j’étais bien certaine d’avoir besoin de cet arrêt, car cela posait des problèmes d’organisation, qu’il n’y avait pas de remplaçant, que pour les enfants ce n’était pas bien blablabla. Merci de me faire culpabiliser, comme si j’étais en arrêt par plaisir (et comme si c’était de ma faute s’il y avait une pénurie de remplaçants, mais ça c’est une autre histoire).

En 2011-2012, nouvelle école. J’ai saigné en tout début de grossesse la première semaine de la rentrée. Mon médecin m’a arrêtée en espérant m’éviter la fausse couche, mais en fait non. Histoire de ne pas revivre la mauvaise ambiance de l’année précédente et d’éviter les mauvaises interprétations, j’ai joué la transparence avec ma directrice. Et ça s’est très bien passé. Et quand il a fallu que j’obtienne des autorisations d’absence pour mes RV en PMA (car évidemment, je ne pouvais pas choisir mes jours de consultation), elle a signé les papiers sans problème. D’un côté, la transparence est plus confortable, mais d’un autre côté, ça n’a pas toujours été agréable de voir mon intimité dévoilée à des collègues que je connaissais à peine (même si elles ont été charmantes).

L’année prochaine (encore une nouvelle école), je pense que je serai obligée d’en parler à cause de mes RV PMA, mais je sais que cela va me coûter d’exposer ma vie privée. J’imagine le premier contact. « Bonjour cher directeur ! Je suis la nouvelle maîtresse et je ne peux pas avoir d’enfant. D’ailleurs, je serai absente la deuxième semaine pour un RV PMA. » Super pour l’ambiance ! Trop hâte.

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Un sondage idiot…

…parce que ça fait du bien.

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L’autruche et la cigogne

Ce matin, j’ai arrêté de faire l’autruche. Ce matin, je suis montée sur ma balance. KO debout,  je suis.

Jusqu’ici, je refusais de me peser. Je ne voulais pas que mon poids soit une obsession. Alors mon poids, je le découvrais chez ma gynécologue. C’est vrai que ces derniers temps, je me prenais 4 kg dans la face à chaque visite. Mais je me disais : « Je ne peux pas faire de régime, ça risque de perturber mes hormones ». Et puis la gynécologue, je ne la vois plus trop depuis que je suis en PMA.
Bien sûr, je ne suis pas aveugle, je sais que j’ai encore grossi. Et mes pantalons sont là pour me le rappeler.

J’ai commencé à grossir quand j’ai rencontré mon mari (parfaitement, c’est de sa faute !), sans doute à cause d’un changement de régime alimentaire.

Et puis j’ai pris d’autres kilos quand je suis tombée enceinte. Je me disais bien que je n’étais pas supposé grossir en tout début de grossesse et je m’étais promis de faire attention. Et puis, il y a eu ma fausse couche à 9 SG. Alors mes kilos, je les ai un peu oubliés. Sauf que eux, pendant ce temps-là, ils se multipliaient.

Après ma deuxième fausse couche quelques mois plus tard, je suis allée voir un ostéopathe, en espérant qu’il m’aide à améliorer l’épaisseur de mon endomètre. Je lui ai dit que j’avais pris une dizaine de kilos depuis ma première grossesse. Il me fait remarquer que c’est à peu près le nombre de kilos qu’on doit prendre au cours d’une grossesse menée jusqu’à son terme. La claque ! J’avais déjà fait le lien, mais de se l’entendre dire, ça fait encore plus réfléchir. Avoir un petit ventre, c’était une façon pour moi de rester artificiellement dans mon état de femme enceinte.

Je parle de cette anecdote à ma psy. Et tout d’un coup, j’éclate en sanglots et je réalise que je n’ai pas fait le deuil de ma première grossesse.

Ai-je pour autant commencé un régime ? Ben non. Toujours la peur de déranger mes hormones.

Deux choses m’ont décidée : un article lu sur le net et un petit raisonnement.
L’article disait qu’un surpoids pouvait perturber l’ovulation, voire la bloquer (ce qui n’est pas mon cas) ou entraîner une ovulation de moins bonne qualité (c’est ce qui m’a fait peur).
Voici mon petit raisonnement. Mes règles sont toujours beaucoup plus légères qu’avant ma première grossesse. Alors, qu’est-ce qui a changé ?

1- j’ai un an de plus –> je n’y peux rien
2- j’ai fait deux fausses couches et deux aspirations – -> je n’y peux rien non plus
3- j’ai grossi – – > ah, là je peux peut-être agir…

Mon IMC me disait que j’étais toujours dans la normalité, mais à la limite du surpoids.
Voilà pourquoi je me suis pesée ce matin. Et naturellement, je me suis pris encore plusieurs kilos dans la face. Eh bien c’est officiel, je suis maintenant en surpoids médical. KO debout.

Dans un souci de transparence et en espérant que cela fasse l’effet « alcooliques anonymes », je vous fais mon coming out.
Bonjour, je m’appelle Lily, 1 m 68 et 74,6 kg.

Dire que pendant des années, je faisais 59 kg et je complexais car je pensais que j’aurais dû en faire 3 de moins. Tu parles ! J’aurais dû arborer fièrement mon poids sur un T-shirt fluo, oui !

C’est formidable, me voilà avec une obsession de plus. Après l’obsession de l’ovulation, de la courbe de températures, de l’arrivée des règles, de leur abondance et j’en passe et des meilleures, voici l’obsession de la perte de poids, youpi !

Franchement, comment c’est possible ? Je ne pensais vraiment pas que je pourrais faire ce poids-là un jour, ou alors en le faisant exprès en me gavant comme une oie. Eh ben non, même pas fait exprès et en quelques mois en plus…

Alors je vous fais un petit calcul : 74,6 – 59 = 15,6 kg : le poids de mon désir d’enfant.

Il est 18 h 35. Quand est-ce qu’on mange ? J’ai un petit creux depuis 15 h, moi !

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Quand les autres en ont…

C’est la charmante Kaymet du joli blog Un enfant peut(-)être qui m’a inspiré ce billet.

Je me suis souvenu de celle que je considérais comme ma meilleure amie. Je l’ai rencontrée à une époque où je désespérais de rencontrer un jour l’âme sœur. J’étais soit seule, soit mal accompagnée. J’étais doublement triste. Non seulement, je n’avais toujours pas rencontré l’homme de ma vie, mais en plus, les années défilant, cela remettait aussi en question mon rêve d’être maman un jour.

Nous étions très complices. Nous discutions de tout, il n’y avait pas de tabous. C’est surtout cela que j’appréciais dans notre relation. Et naturellement, souvent, nous plaisantions sur nos déboires amoureux.

Et puis un jour, elle a rencontré son prince. Et peu de temps après, elle est tombée enceinte. Son fils est né. Et elle est tombée enceinte à nouveau. J’étais très contente pour elle. Mais ma situation à moi n’évoluait pas.

Et c’est ce décalage (enfin je crois) qui a eu raison de notre amitié. Elle me donnait de moins en moins de nouvelles. Un jour, je lui ai téléphoné et j’ai eu la sensation bizarre que j’étais une étrangère pour elle. Comme elle était occupée, elle m’a dit qu’elle me rappellerait le soir-même. L’appel n’est jamais venu. J’ai cru qu’elle allait m’envoyer un mot pour m’annoncer la naissance de sa fille. Eh bien non. Je lui ai envoyé un mail peu de temps après pour lui annoncer que j’étais admissible à un concours qui allait changer ma vie. Pas de réponse.

J’ai eu beaucoup de peine et je me suis posé plein de questions, surtout que nous n’avons jamais eu d’explications. Mon mari a une théorie sur les relations. Il dit qu’on reste ami avec une personne si elle nous apporte quelque chose de positif. Tant que nous enchainions les histoires amoureuses improbables, nous nous apportions mutuellement le soutien et le réconfort dont nous avions besoin. Mais quand elle a rencontré son prince, je ne faisais que lui rappeler une situation qui faisait pour elle partie du passé. Et elle, elle vivait devant mes yeux la vie que j’aurais aimé vivre. Nous n’avons plus réussi à communiquer. C’est comme si nous vivions sur deux planètes différentes.

Bizarrement, peu de temps après notre « rupture », j’ai réussi le concours qui m’a permis d’exercer un métier qui me plaisait et de dire adieu à ma vie de petits boulots sans avenir. Et quelques mois après, j’ai rencontré mon futur mari… Moi qui avait partagé mes peines avec elle, j’ai regretté de ne pas avoir pu partager aussi mes joies.

Mais la question de Kaymet était de savoir si nous pouvions être amis avec de jeunes parents. Je pense que c’est très difficile. Car ils ne peuvent pas savoir (s’ils ne sont pas passés par là) ce que nous vivons et ils n’ont pas du tout envie de s’imaginer à notre place. De notre côté, nous aimerions tellement être à leur place, que nous sommes obligés de mettre une certaine distance pour nous protéger. Les parents aiment que l’on s’attendrissent sur leurs charmants bambins. Seulement, nous, si nous nous attendrissons, nous fondons en larmes. Mais je ne pense pas non plus que cela soit totalement impossible.

J’ai l’exemple de ma sœur. Elle s’est mariée dans ma période No Love’s Land. Elle a eu sa fille juste après ma rupture avec mon ex. Elle a eu son fils juste avant ma première fausse couche. Difficile de ne pas être plus en décalage. Et pourtant, elle a su me donner une place. Je ne me sens pas étrangère, je suis la Tata de ses enfants. Bien sûr j’ai souvent eu la gorge nouée et les larmes aux yeux en la voyant avec ses bébés, mais je me suis toujours sentie exister. Je l’écoute me parler de ses enfants et elle s’intéresse à mon parcours PMA. C’est un échange.

La bonne nouvelle, c’est que nous ne pouvons être amis qu’avec des personnes exceptionnelles. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y en a pas beaucoup.

Vous ne me voyez pas, mais tout en écrivant ce billet, je pleure. Mes règles sont arrivées. La deuxième stimulation a donc échoué. Je pleure aussi car il y a quelques jours, j’ai lu que le taux de réussite des FIV à 40 ans était de 5 % et je misais beaucoup sur la FIV pour optimiser mes chance d’être maman. J’ai besoin d’une petite lueur d’espoir et je ne la trouve pas.

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Au pays du temps qui passe

Le temps est mon ennemi. Je lui déclare la guerre et j’ai très peur de perdre.

A chaque fin de cycle, à chaque espoir déçu, je sais que mes chances diminuent, que ma fertilité baisse. Comme me l’a dit Merlin notre grand spécialiste : « A votre âge, c’est une loterie et il y a peu de tickets gagnants ». Un poète ce Merlin…

Le plus dur, c’est de se dire que les chances diminuent à chaque fois, inexorablement.

Je donnerais ma fortune et ma belle-mère pour avoir dix ans de moins et alléger cette angoisse du temps qui passe ! (Mon prince, si tu lis ces lignes, je plaisante pour ta mère. Hmm… Quoique…).

Depuis quelques temps, parce que ce serait insupportable de suspendre notre désir d’enfant uniquement à la PMA, nous parlons d’adoption. Mais là encore, le temps est mon ennemi.

En regardant des blogs ici et là, j’ai compris qu’il fallait souvent quatre ans entre le moment où on fait une demande d’agrément et le moment où l’enfant arrive dans sa nouvelle maison. Quatre ans ! Ça semble tellement long. Une éternité quand on a envie d’être maman MAINTENANT !

Et puis, je dois aussi avouer qu’il y a le problème de l’âge de l’enfant. Je sais bien que les bébés grandissent et que le pouponnage est une toute petite partie de la vie d’une maman. Seulement, voilà, j’ai une terrible envie de pouponner. Et pour ça aussi, le temps est mon ennemi, car on confie plus difficilement de jeunes enfants aux parents de plus de 40 ans.

Alors que faire ? Faire dès maintenant une demande d’agrément ? Ou attendre un peu (oui, mais combien de temps ?) pour voir si un bébé pma ne pointerait pas le bout de son nez ? Moi, je suis pour la première solution, mais mon prince est pour la seconde.

Et devinez quoi ? Eh bien j’attends… que nos violons s’accordent.

Sache-le, temps qui passe, je te déclare la guerre ! Tant pis si je suis armée d’un coton tige et toi d’un fusil, j’y crois ! Enfin j’essaye…

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La recherche avance

Une avancée de la recherche dans cet article. Un test permettrait de sélectionner les meilleurs ovocytes : ceux qui ont de bonnes joues roses et qui font de jolis bébés potelés.

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Il était une fois…

Lily, c’est moi. J’ai 40 ans. J’ai gravi des montagnes, des collines, pris des chemins sinueux et alors que je n’y croyais plus, j’ai (enfin !) rencontré mon prince charmant. Nous nous sommes mariés en 2011 dans le joli petit village de Chénou avec son église, son marché, sa forêt, ses canards…

Et comment se terminent les contes de fées ? Ils se marièrent et eurent beaucoup… Eh bien non ! Dans notre cas, notre rêve d’enfants est toujours un rêve. En 2011, j’ai eu deux graines de bébé dans mon ventre, mais malheureusement, à chaque fois, la petite graine ne s’est pas transformée en bébé potelé.

Alors, parce que je suis triste et que mon prince n’aime pas me voir dans cet état-là, parce que cela crée des tensions entre nous et que j’ai malgré tout besoin de m’exprimer, j’ai décidé de commencer ce blog en espérant que d’autres princesses, qui comme moi ont un rêve contrarié de bébé, passeront par là, que nous pourrons partager nos histoires, nos rires et nos larmes, que nous pourrons tisser des liens d’amitié qui rendront notre attente plus douce.

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